CHAPITRE X
cale que les affaires d'Orient, d'Egypte et des Indes ne continuent à inspirer les suggestions de quelques indépendants. Dans le courant de 1798, un ancien consul de France à Alexandrie, Barallier, adresse à Talleyrand des Notes sur V Egypte, où il propose d'offrir des présents aux heys pour ouvrir la voie à des négociations avec eux, d'établir une correspondance avec les îles de France et de Bourbon par Suez et la mer Rouge et d'utiliser ces colonies comme bases d'opération pour expulser les Anglais des Indes (1) .
La même année, l'historien Anquctil tire de l'ouvrage présenté à Louis XVI, par M. de Saint-Priest, au retour de son ambassade, un mémoire intitulé : Observations sur les intérêts politiques et commerciaux de la France et de la Turquie relativement lune à Vautre (2). Dans une des parties de ce volumineux mémoire, sont étudiés « les moyens à prendre pour revenir aux anciennes routes » suivies dans l'antiquité pour se rendre d'Europe aux Indes. « Supposé, ditil , qu'on préférât la troisième (celle de la mer Rouge) , il en coûterait peu au Grand Seigneur pour l'assurer. Il ne serait peut-être question que de
(1) « Notes sur l'Egypte remises par le citoyen Barallier, consul de la République française d'Alexandrie. » 1798. (Arch. aff. étr., correspondance consulaire, Alexandrie.) Harallicr avait dû rester titulaire du poste d'Alexandrie, mais en tout cas n'y résidait plus depuis 1795. Une partie de son mémoire offre beaucoup d'analoyie avec un rapport non signé de 1793, qui est peut-être de lui. (Voir chap. IX,
(?) Arch. AIT. étr., mémoires et documents, Turquie, 14A . 15.
quelques corps de troupes légères qui battraient le petit désert de Suez au Caire, qu'on dit n'avoir qu'environ trente lieues de long. Serait-il impossible d'y bâtir quelques ports que le commerce alimenterait et abreuverait? Et deux caravelles armées sur la mer Rouge suffiraient pour écarter les pirates qui y fourmillent. » Passant ensuite aux propositions de Saint -Priest visant l'occupation de l'Egypte, Anquetil ne dissimule pas l'opposition que cette entreprise rencontrera de la part des Anglais et sans doute aussi des Russes, a Mais plus ce plan, conclut-il, présente de difficultés, plus il doit être suivi avec ardeur, puisque son succès ferait passer entre les mains des Français, avec un grand profit pour les Turcs, la partie la plus précieuse du commerce de l'Inde, ou que du moins elle rendrait les autres nations leurs tributaires à cet égard. » Historien en renom, membre de l'Institut, frère d'un orientaliste qui s'était fait connaître par de savants travaux sur l'Inde, Anquetil était alors attaebé aux archives du ministère des Relations extérieures et il est à présumer que son étude a été placée sous les yeux de Talleyrand.
Au mois de février 1798, un certain Thermin soumit à Talleyrand des combinaisons pour le cas ou V affaiblissement de Vampire ottoman entraînerait sa destruction en Europe (l). L'auteur conseillait à la
(li Anh. AIT ; ir Mémoires et documents. Turquie, L4A.15.