‹ Les origines de l'expédition d'ÉgypteChapitre 4 sur 173 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

chands, dont le nombre varie entre quinze et trente, un groupe plus restreint encore de commis et d'artisans, une quinzaine d'agents formant le personnel des consulats, en tout une cinquantaine de personnes : c'est là toute la colonie française d'Egypte au dixhuitième siècle. Pas de femmes : un règlement royal qui les considère comme une cause de perturbation prohibe leur admission dans les « Echelles » françaises du Levant et de Barbarie.

Les conditions dans lesquelles s'exploite alors le commerce du Levant restreignent le nombre de nos nationaux à un chiffre aussi disproportionné avec l'importance des affaires qu'ils traitent. Un négociant français ne peut aller s'établir en Egypte, comme en tout autre pays ottoman, qu'en vertu d'un certificat délivré par la chambre de commerce de Marseille, seul port par lequel puissent s'effectuer les retours du Levant. Volontairement, la chambre maintient le nombre des commerçants autorisés à résider dans chaque » Échelle » , au chiffre strictement nécessaire

rais résidant en Egypte pendant la seconde moitié du dix-huitième

siôclc :

Villes. Officiers. Négociants. Commis. Artisans. Total.

Le Caire 7 11 4 6 28

Alexandrie 4 4 2 G 10

Rosette. ... 3 2 2 » 7

Le terme d' « officiers » comprend les consuls, vice-consuls, droginaiis, chanceliers et chirurgiens de la nation.

pour expédier les affaires des maisons de Marseille dont ils sont les représentants ou, comme on dit alors, les « facteurs » .

Le siège de 1' « Échelle d'Egypte » est au Caire. C'est là que réside le consul général, dont dépendent les vice-consuls d'Alexandrie et de Rosette, de même que les Français établis dans ces deux villes dépendent des marchands du Caire, dont ils ne sont que les commis. Un ensemble d'ordonnances, d'arrêts du conseil, de lettres patentes, qui forment ce qu'on pourrait appeler « l'ancien régime du Levant » , règle les conditions de leur existence quotidienne et l'exploitation de leur commerce. Organisés en corps de « nation » , ils participent à l'administration de leur communauté par l'intermédiaire des deux députés qu'ils élisent annuellement. Ces élus de la nation arrêtent, « de quartier en quartier » les comptes de l'Échelle, qu'ils adressent à la chambre de commerce de Marseille, investie d'un droit de revision sur l'administration financière des Échelles du Levant. Ils correspondent directement avec elle sur toutes les matières concernant l'exercice de leur mandat, ainsi d'ailleurs que les consuls, appointés sur sa caisse, et l'ambassadeur du roi à Constantinople, dont elle parfait le traitement. Ces prérogatives de la nation n'empêchent pas ses membres, voire même ses députés, d'être étroitement soumis à la juridiction et à l'autorité de leur consul, armé envers eux du pouvoir

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