‹ Les origines de l'expédition d'ÉgypteChapitre 45 sur 173 · CHAPITRE IÎI · texte numérisé non relu

CHAPITRE IÎI

à cause du régime des vcuts, les derniers jours de juillet. Les forces de terre et de mer devront, comme dans le plan de La Latine, être réparties entre trois divisions, dontla composition est déterminée parTott avec la plus grande précision.

Alexandrie sera enlevée de vive force. Une frégate d'avant-garde mouillera devant le port neuf; le consul y conduira sa nation; un vaisseau, une frégate et 40 bâtiments de transport entreront dans le port vieux, pendant que deux autres vaisseaux s'embosseront à rentrée du port neuf, face aux côtés intérieur et extérieur du port. Un janissaire de la nation sera envoyé à terre pour déclarer aux habitants que « l'Empereur de France ne voulant que venger la violation des traités, ne sévira que contre ceux qui prétendraient se soustraire par la fuite à son pouvoir ou s'attireraient son indignation en faisant le moindre mouvement pour troubler le bon ordre » . Au signal convenu, les vaisseaux lâcheront leurs bordées sur le fort, où leurs chaloupes armées débarqueront une cinquantaine d'hommes; les troupes débarqueront aussitôt sur la plage, au fond du port vieux. Divisées en deux corps, elles pénétreront dans Alexandrie et se réuniront sur la place; des corps de garde seront établis sur différents points; un détachement avec 4 pièces de canon sera placé à la porte de Rosette; toutes les autres portes seront fermées. La ville une fois en notre pouvoir, des fortifications seront élevées

du côté (le la terre et du côté de la mer. Un plan annexé au mémoire de Toit indique remplacement des futures batteries, ainsi que celui qu'occuperont les navires employés à l'attaque. Les Requiers et Damiette seront enlevés en même temps qu'Alexandrie, grâce à des opérations dont le dispositif est également prévu par Tott, et fortifiés aussitôt tombés entre nos mains. Remonter le Nil de Damiette à la pointe du delta ; y établir au lieu nommé « Ventre de la Vache » , un camp retranché où l'on laissera 500 hommes d'infanterie, 1000 dragons, une compagnie de canonniers avec 4 pièces de siège, 8 de campagne, des munitions et du matériel; s'emparer de Rosette et la fortifier; faire partir de là, sur des navires réquisitionnés, 2 500 soldats et 1 500 dragons, avec 6 pièces de campagne, pour s'emparer du delta ; laisser à Foua, Semenoud, Menouf de petites garnisons qui communiqueront entre elles par des patrouilles ; forcer enfin le Caire à nous ouvrir ses portes en le coupant de ses communications avec le nord et le sud : telles sont les phases successives d'une conquête dont le plan, chez Tott et chez La Laune, ne diffère que par les détails.

Lorsque le baron de Tott remit ce rapport au ministre de la marine, la guerre avait éclaté entre la France et l'Angleterre (1778). A première vue, il semble que ce dût être, pour les ministres de Louis XVI, une raison de plus de céder aux conseils

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