ues onicives ph L'NIeTOMmE
le.cylinére B, eol.3, 1. 16; col. 4, 1. 14(1)sellé est comptée comme la quatrième expédition du règne. Aschourbani-abal raconte comment il y vainquit Ahscheri et enleve Hirtou, sa ville royale (2), appelée dans d'autres + documegéa Zirtou et située vers la frontière du pays ea venant de celui de ‘Houbouschkia (3), c'est-à-dire au sud-est du Jao da Van. Un grand nombre de yilles de la région à l'entour furent aussi capturées, parmi lesquelles Qurmeyate (4), la moderne Ouroumiah, Pour, si nf leur marahe, les Assyriens pénétrèrent dans Je “district d'Arsiyaniseh (5), l'Arsissa de la géographie classique (6), J'Ardsisch des écrivains arméniens (7), qui est dit dans le teste cunéiforme « se rattacher à Aya qanani dess le pays de Harsi, — le canton appelé - par Pline (8) Arrkane, Harkh des Arméniens (9), — la montagne qui est en tête du pays de Konmoprda, au çqur du pays de Manna, x Ils allèrent même ençore. plus
of Assurbanipal, p,B4-88. — Voy.le nquyeau prisme décagone, col.2, 1. 4%; col. 8, 1. 26: Cuneif. inscr. of West. Asia, t. V, pl. Set.
(4) Cuneif. inscr. of West. Asia, t. Il, pl. 80 et 84 ; G. Smith, History of Assurbanipal, p. 89-99,
€) G. Smith, p, 85 et M.
() E.Schrader, Keilinschriften und Geschichtsforsehung, p. 463. Sur la situation du pays de Houbouschkis, vay. cp que dit gn ç6t endroit M. Schrader, et mes Lettres assyriologiques, t. I, p. 23.
@) G. Smith, p. A.
() G. Smith, p. 98.
(6) Plin., Hist, nat, vi, 27. Strabon (31, p, 50) donne pour le nom du lac voisin (le lac de Van) la Jeçen Arsônë, qui &8 FaRprAgha davantage de la forme assyrienne,
(7) Saint-Martin, Mém. sur l'Arménie, t. I, p.56,
(@) Hist. nat., VI, 1.
() Mos. Khoren.. 1, Jet 40; Geogr., 69.
(10)G. Smith, History of Assurbanipa}, p. 93, 1.57-60: nagà $a
loin au nerd, ea laissant sur leur draite le pays d'Ourati, jusqu'au canton de la ville d'Éristeyama ou Erischteyana (1), une ville qui, d’après son nom même, devait être située sur les bords du haut Araxe, Eraskh | dans sa forme arménjenne. C’est de là qu’Asschour-baniabal, après avoir dévasté tout £e qui se trouvait sur sa route, revint sur ses pas et opéra vers l'Assyrie un retour paisible, facilité. par une révolution qui avait éelaté dans le pays de Manna, Car les gens de ce pays, sous le coup de leurs désastres, avaient massacré le rei A’hseheri, qu'ils en eonsidéraient eomme l’auteur, et proglamé à sa place son fils Ouallon (9), lequel se hâta de se soumettre au vainqueur.
Au cours de cette longue et victorieuse campagne, le roi d'Assyrie eut l'occasion de battre nn chef du pays inconau de Aï, qu'il appelle Biris’hadri (3), et il la couronna par la défaite des Saces, qu'il raconte en ces termes t
« Sarati et Paritia, fils de Gôg, le chef de Sa’hi, qui avaient rejeté le joug de ma seigneurie, je pris soixantequinze de leurs villes fortes, et j'en enlevai le butin ; euxmémes, je les pris vivants dans mes mains, et je les transportai à Ninive, la ville de ma domination (4). »
Arsiyanis $a gagrit Ayaganani £a mat ‘Harsi Sadi #a ris mat Kumurdai $a qirib mat Mannai. |
(1) G. Sith, p. 93, 1. 64.
(2) Il est curieux de trouver dès cette époque, porté par un prince du pays de Manna, ce nom de Oual ou Val, qui reparait au Ile siècle ‘de l’ère chrétienne dans la liste des rois d'Édesse.
(8) G. Smith, p. 97, 1.102.
(2,6. S:rith, p. 97 ct syiv., col. 4,1.1-5: Saruti Poritig abli Gägi
Il ne s’agit donc pas de nomades que le monarque
a rencontrés dans leurs incursions de pillage, mais
d'ennemis qu'il a été chercher dans le canton où ils
étaient établis et où ils possédaient des villes, des . postes fortifiés. En effet, une fois parvenu sur le haut
Araxe, il touchait à la province de l'Arménie du nord,
qui reçut et garda le nom de Sacasène (4), parce que
les Saces ou les Scythes, les Sa’hi denotre document
cunéiforme, après avoir franchi le Caucase, avaient. commencé par y fonder un établissement permanent, d'où ils se ruèrent ensuite sur la Médie et les pays voisins, établissement qui fut comme leur quartier général pendant la période de leurs courses dévastatrices dans l'Asie antérieure (2). La quatrième campagne d’Asschour-bani-abal, dans laquelle il atteignit ainsi les Scythes sur le territoire même de la Sacasène et fit leurs chefs prisonniers, fut antérieure au début de ses premières querelles avec ‘Elam, lesquelles surgrent vers 660. Il résulte donc des annales du roi d’'Assyrie que, quarante ans environ avant la date où ils attaquèrent la Médie, les Saces ou Scythes avaient déjà passé depuis une génération les défilés du Caucase et s'étaient fixés sur le cours supérieur du fleuve de Kour, dans le pays fertile auquel ils donnèrent leur nom. Gâg ou Gôg dut être le chef de leur migration
bel er Sa’hi Sa islû nîr belutiya Lxxv aläni dannuti ak£ud aslula éallatsun. Sätunu balçusunu ina qatä açbat ubila ana Ninua er belutiya.
() Strab., 11, p.73; xt, p. 509, 511 et 529 ; Plin., Hist nat., vi, 11. (2) Saint-Martin (Mém. sur l'Arménie, t. I, p. 143, 209 et 210) identifie la Sacasène avec la province de Siounikh des Arméniens.
et de leur établissement ; et c’est probablement de là que lui vint la renommée qui fit reprendre son nom par Ye’hezqél comme nom typique d'une invasion de Scythes. Nous avons, en effet, la preuve que ce nom était des plus célèbres en Assyrie dans la génératioh après lui, par la façon dont Asschour-bani-abal, quand il parle des chefs des. Saces qu'il fit prisonniers; a soin de dire qu'ils étaient des fils de Gôg, forme qu'il n'emploie pas d'ordinaire en nommant ses vaincus. J'ajoute que suivant moi, Gâg est le grand-père du roi des Scythes qui vainquit Ouvakhsatara et:la Médie, du Madyés d'Hérodote et de Strabon. En effet, Hérodote (1) dit que Mâdyès était fils de Prôtothyés, ou, comme portent quelques manuscrits, de Prothyés ; et ce nom se reconnaît d'une manière tout à fait satisfaisante dans celui du Paritia du texte cunéiforme, le - second des fils de Gâg capturés par Asschour-baniabal.
Maintenant, si nous pesons bien attentivement les termes du prophète, Gôg éréç hamMagôg (2), « Gôg du pays de Mägôg, » nous devons reconnaître que Màgôg n'est pas le nom de son peuple, des Scythes, mais celui du pays où ce peuple et son roi résidaient au temps où ils devinrent fameux dans l'Asie antérieure, c’est-àdire le nom de la Sacasène ou de la région plus vaste dans laquelle elle est située. Ceci donné, peut-on considérer comme une coïncidence purement fortuite ce
(2) Ezech., xxxvin, 2 ; cf. xxx1x, 6, où Mâgôg est aussi bien manifestement un nom de pays.
406 :..4es OMG PR LEON TN fait que la Sacasène appartenait à la: province de l'Ars ménie que [les géographes-elassiques appellest Gôge-: rôné (1), les Arméniens Kotker où Konkarkh'{9}; £a effet, il semble bien y avoir un élément commun dans Ma-gôg et Gôg-arènè ou Kouk-ar. Et peut-être même la célébrité du nom du roi Gôg, surtout la façon dont Ye’hexqél a repris son nom en lui donnant un caractère symbolique, tenait-elle à l'assonance remarquable entre ce nom ot l'élément fondamental de celui de son pays de Nôgôg. Les Sémites pouvaient faailement;-ên : effet, jouer sue ce dernier, en le considéeans: nodime: tisé du nom de Gôgpar lemoyon de la jiréfbiittante dei" servant. à former les noms de Hlout (8); à tel point: que beaucoup de eommentateurs | modernes patier que l'appellation de Gôg avait été forgéo à plaisir par le prophète d'après Magôg, en lui donnant la signification de « pays de Gôg (4). »
En tous cas, il faut repousser l'étymologie aryenne du nom de Mägôg, qui pendant un temps a eu assez généralement cours parmi les exégètes allemands, que Tuch (5) et Knobel (6) adoptent encore, et qui y trouvait le sanscrit mah, maha, « grand, » puis le persan k6h, « montagne. » M. P. de Lagarde (7) a déjà
(4) Strab., au, p. 598.
@) Mos. Khoren., Geogr., 78; Saint-Martin, Mém. sur l'Arménie, ‘ Fer Hobr. Grammat., & 160.
(&) Tuch, Commentar ueber die Genesis, édit., p. 164; Hitzig, Der Prophet Ezechiel, p. 289.
(5) Commentar ueber di
(6) Die Vœlkertafel, p. 63.
() Gesamm. Abhandlungen, p. 158.
enesis, % édit., p. 464.
montré la fausseté de cette étymologie, monstrueuse au point de vue linguistique, puisqu'elle accole un terme sanscrit à un autre du persan moderne. Étant donnée la région où nous devons chercher le pays de Mâgôg, si son nom était aryen, il appartiendrait aux langues du groupe iranien, Mais ce sont les formes des idiomes antiques de ce groupe qu'on a seules le droit de prendre pour les comparer à un nom qui se trouve dans la Bible : . ce né sont pas des formes altérées, contractées et modernes (1). Or, si « grande montagne » est en persan moderne mey kôh ou meh kôp, ce serait en zend mag kaofa, en perse, math kaüfa, et même encore en pehlevi mas kôp ou kôf. Ainsi que me l'a fait remarquer Mer C. de Harlez (2), que j'ai consulté sur ce point comme une des plus hautes autorités des études iraniennes, le k des formes modernes kôh du persan, küh de l’afghan, aussi bien que le : du pamirien koë, « proviennent ici du f, ph, de kôf, dont la racine est kup, s’arrondir avec creux. » Îl'en est dé même du ch final de choch (3), qui en ossète veut dire « montagne » (4).
(1) I n’est pas moins impossible, au point de vue linguistique, de voir, avec Schulthess, dans Mägôg une contraction du nom des Massagètes, quand êie la situation géographique de ces derniers ne serait pas infiniment trop reculée pour qu’on cherche en eux un peuple inscrit dans le chapitre x de la Genèse.
(2) Lettre du 90 juin 1881.
(3) C'est à tort que Pictet (Lesorigines indo-européennes, Âre édit. p. 73) a cru à l'antiquité de cette forme choch et en tire le nom du Caucase. Pline (Hist. nat., vi, 17) nous dit formellement que Caucasus est une altération de Graucasus, qui voulait dire « couvert de neige » dans la langue des Scythes.
(4) Rosen, Ossetische Sprachlehre, p. 29.
Mag kaofa ou math kaufa nous mettent bien loin de Mägôg et n'ont pas pu le fournir. D'ailleurs, ilne faut . pas oublier que les pays du nord de l'Arménie, où nous recontrons la Gogarêne et où nous sommes ame- -més à chercher le Mägôg biblique, n'ont été aryanisés que bien tardivement, si jamais ils l'ont été. C'est la patrie du géorgien et des-idiomes congénères du Caucase, et s'il y a à essayer de trouver une étymologie à leurs noms géographiques, c'est vers les idiomes caucasiens plutôt que vers les idiomes aryens qu'il faut se tourner. Mais ici, après m'être borné à indiquer cette voie conime celle où l'on courrait le moips risque de s'égarer, je dois confesser l'entière à : tence qui m'empéche dé m'y engager. J'ignore. même quelles probabilités de succès on pourrait y rencontrer, s’il serait possible, dans l'état actuel des connaissances, de remonter dans ces idiomes à des formes assez anciennes pour permettre de proposer, de noms qui se trouvent déjà dans la Bible’ ou seulement chez un géographe du siècle d'Auguste, des explications et des étymologies acceptables pour la critique. Il importe, en effet, de se méfier de certaines ressemblances, séduisantes au premier abord, que peuvent présenter des formes de langage modernes et contractées, mais qui s’évanouissent quand on remonte aux formes antiques et pleines. Ainsi je lis chez plusieurs voyageurs (1) que certains peuples du Causase donnent aujourd'hui à la
(1) Reineggs, Beschreibung des Kaukasus, t.1, p.46 ; t. II, p. 70; Ker-Porter, Travels in Georgia, Persia, etc. t. 1, p. 90.
partie la plus haute de leurs montagnes les noms de moghef ou mugogh ; mais en admettant même que les noms soient bien rapportés, je n'ose pas, avec les voyageurs qui les citent, avec Gesenius (1) et Knobel (2), y retrouver le Mâgôg biblique. Avant de m'arrêter à une telle comparaison, 1l me faudrait avoir des éléments pour déterminer quelle pouvait être en. réalité la forme de ces noms au temps où fut composé le tableau ethnographique de la Genèse.
IL est pourtant un fait que, dès à présent, il importe de noter, au moins comme terme de comparaison, quand il s’agit du rapprochement entre le Mä-gôg biblique et la Gog-arêne de la géographie classique, ainsi que du jeu de mots établi par Ye’hezqél entre les noms de Mà-gôg et de Gôg, fait qui n'a pas échappé à la sagacité de M. Friedrich Dehtzsch (3). C'est que les inscriptions cunéiformes nous ont révélé l'existence au nord-est de l’Assyrie, entre l'Arménie et la Médie (4), d’un pays dont le nom se présente indifféremment sous les deux formes Za- mua (5) et Mazamua (6). Ces deux formes sont l'une à l'autre dans le même rapport que Gog-arëéné à Mdgg, et elles nous offrent, dans un nom géographique
(1) Thesaurus, p. 271.
(2) Die Vœlkertafel, p. 63.
(3) Wo lag das Paradies, p. 26.
(4) Fr. Lenormant, Lettres assyriologiques, t. I, p. 23; E. Schrader, Keilinschriften und Geschichtsforschung, p. 279.
(5) Obélisque de Nimroud, 1. 50: Layard, Inscr. in the cunieif. character, pl. 89.
(6) Monolithe de Schalmanou-aschir à Kourkh, col. 92, 1. 75 : Cuneif. inscr. of. West. Asia, t. Il], pl. 8.