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Les onaiNbs pe W'srome

dont la situation se rapproche de celle du Mâgôg de la Rible, la syllabe ma comme un préfixe qui peut s'ajouter au nom où bien s'en retrancher.

Laïissons de côté, après cette observation, la question d'étymologie, insoluble dans l'état aetuel, et tenonsnous-en à ce qui est vraiment possible, la déterminaion géographique et ethnologique du Mâgôg biblique,

Nous venons de conslatér, après une longue et minutieuse discussion, que chez le prophète Velhezqél ce nom de Mâgñg désignait la Sacasène de l'Arménie septentrionale et méme la province plus vaste de la Gogarêne, dans laquelle elle était comprise. I nya aucune raison quelconqué de lui attribuer une autre signification dans le ehapitre x de la Genèse, et de supposer que le prophète de la Captivité n'était pas bien exactement instruit de la région que désignait un tel nom dans l'antique tradition des Hébreux. Tout donne à croire, au contraire, qu'il a dû en faire une application exacte, et l'on peut seulement conjecturer qu'il l'aurait peut-être, en l'employant pour indiquer le point de résidence des Scythes passés en-deçà du Caucase, spécialisé dans une certaine mesure, restreint à un canton particulier du vaste espace de territoire qu'il embrassait pour l'écrivain élohiste de la Genèse. Car ces noms des fils de Yapheth, surtout de ceux qui occupent la zone la plus reculée de l'extrême nord, ont toujours une étendue géographique considérable.

Déja M. Kiepert (1), avec le merveilleux instinet qui

. @) Wonatsber. d. Berlin. Akad., 1859, p. 207 et suiv.

le caractérise dans les questions de géographie historique, a reconnu que Mägôg, d'après la situation que détermine sa mention entre Gômer et Mâdai, devait correspondre à l'Arménie septentrionale et orientale, c'est-h-dire à l'espace que laissent entre eux, d'un côté Gômer, qui, étant nommé le premier, est le plus occidental et s'étend dans l’est jusque sur l'Arménie occidentale, Tôgarmäh; de l’autre Mâdaï, qui, nommé le troisième, est le plus à l’orient et dont la correspondance avec la Médie est certaine. M. Dillmann (4) a souscrit à cette opinion du grand géographe de Berlin, et il a eu, selon moi, pleinement raison, car les recherches auxquelles nous venons de nous livrer viennent encore corroborer cette interprétation. La région à laquelle M. Kiepert assigne ainsi le nom biblique de Mâgôg a conservé jusqu'assez tard une imdividualité politique et ethnique très-nettement distincte des Arméniens et des Mèdes..Dans la division administrative de l'empire perse, telle qu'elle fut établie par Därayavous, fils de Vistäçpa, le pays en question forme encore une satrapie particulière, la XVIII°, habitée par les Saspires, les Alarodiens et les Matiènes (2), peuples en partie nomades que l’on rattache quelquefois à la souche scythique (5), et qui, dans tous les cas, tranehent avec leurs voisins de l'ouest et de l'est.

Les Alarodiens d'Hérodote, nous avons eu déjà l'oc-

(1) Die Genesis, p. 185.

(2) Herodot., 111, 94; cf. vII, 79.

(3) Monatsber. d. Berlin. Akad., 1857, p. 139.

casion de le dire à plusieurs reprises (1), sont les Ourartai des documents cunéiformes assyriens, les habitants de la région du mont Arâräf ou Ararad. Les Saspires (2) correspondent exactement comme situation géographique (3) aux Ibères des écrivains d'époque postérieure (4), Virk des Arméniens, et leur nom est essentiellement le même; car Jberes où Hiberes ne diffère de Suspeires ou Sapeires que par le changement de la sifilante initiale en aspirée, altération qui s'est manifestement produite sous une influence iranienne, et peut-être dans la bouche des Perses. Une tradition juive (5) identifiait le. nom des Saspires ou Ibères avec le Sephäràd du prophète ‘Obadyäh (6), et la leçon text des Septante offre une altération de Sephäräd parallèle à celle de Saspeires en Hiberes. La confusion qui s'est trop souvent établie dans l'antiquité entre l'Ibérie caucasienne et l'Ibérie espagnole, à cause de leur similitude de noms, a fait sortir de là l'interprétation de Sephärâd par l'Espagne, générale chez les Juifs du Moyen-Âge (7) et qui se trouve déjà

() Dans ce volume, p. 3 et 372.

(2) Mentionnés encore dans : Herodot., 1, 404; 1v, 37,et40 ; Apollon. Rhod., Argonaut., un, v. 897 et 4942; Steph. Byz., 8. v.; cf. Amimian, Marcell., xxu, 8, A.

(3) Rennell, Geography of Herodotus, p. 803 ; Ritter, Erdkunde Asiens, &. II, p. 922; Bæhr, ad Herodot., I, 106.

. (4 Strab., xt, p. 499 et suiv.; Plutarch., Pomp., 34; Ptol., v, 11; Steph. Byz., s. v.; Pomp. Mel.,1, 2; 111,5, 6; Plin., Hist. nat., vt, A1 et 14; Tacit., Annal., vi, 33; Flor., mt, 5.

(6) E. Justi, Beitræge zur alten Geographie Persiens, 1, p.17.

() Les Sephardim sont pour eux, et encore aujourd'hui, les Juifs espagnols, comme Aschkenazim les Juifs allemands.

dans le Targoum. On pourrait ainsi être amené à rapprocher l'appellation des Saspires, non pas du Çparda des listes des provinces de l'empire perse (1) (Saparda du texte babylonien, Zsparda du texte médo-élamite), qui, d'après sa place dans leur énumération, ne peut être que la Lydie (2), mais du Saparda médique des inscriptions cunéiformes de l’Assyrie (3), que je persiste, comme je l'ai déjà fait ailleurs (4), à assimiler au Sephäräd de Obadyäh. Mais la position de ce Saparda dans le sud-ouest de la Médie, telle qu’elle paraît. ressortir formellement des indications des textes (5), est beaucoup trop méridionale pour qu'on puisse aller le chercher dans le pays des Saspires ou Ibères. Quant aux Matiénoi d'Hérodote (6), Matianot de Strabon (7), qui laissèrent leur nom à un canton compris plus tard dans la Médie Atropatène, ils figurent à la même place dans les inscriptions cunéiformes assyriennes, sous

(1) Inscr. de Behistoun, table 1,$ 6; inscr. de Naqgsch-i-Roustam, $ 2.

(2) C’est l'interprétation adoptée généralement, entre autres par Lassen et MM. Oppert, Kern et F. Justi; c’est la seule, à ce qu'il me semble, que le contexte des inscriptions perses permette d'adopter. Pourtant M. Spiegel (Erân. Alterthumsk., t. I, p. 443 et 42) préfère assimiler Çparda aux Sasnires d’Hérodote, en rapprochant encore le nom de la ville légendaire de Spir ou Ispir dans les traditions persanes du Moyen-Âge, Sper chez les Arméniens. |

(3) Fragments des Annales de Scharrou-kinou; Botta, Monument de Ninive, Inscriptions, pl. 74, 1.8 ; pl. 74 bis, 1. 6; pl. 119, 1. 7,

(4) Lettres assyriologiques, t. I, p. 47.

(5) Fr. Lenormant, Lettres assyriologiques, t. I, p. 46 et suiv.; E. Schrader, Keilinschriften und Geschischtsforschung, p. 119.

(6) Encore dans v, 32. ;

(7) 5, p. 73; xI, p. 509; cf. Steph. Byz., v. Martavn.

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lappotistion de Make (1) dès 1e Ma de ri avem d-G. a art

By a certaines probabilités pour qua ce“ héniet peuple ait appartenu à la aaugheé aryenrie-et-au:faniens iranien: (9); et que les Mafian; de In. Sbgdiqnui (f}s

ainsi que lds Mañiené de In (lippadace, sur: Jen borde de l'Halys (4); en aient été des fractions détachées, les uns deménrés au paint de départ de La migrefine; les antres s'étant lancés én avint du gra dédie ation Mais ‘qoel n'est pas ohèbre: ebrtmn, tandsé : mbil: en positf que les autres péuples de la XVHF sitripse de l'eapire perse étaient d'érigiiis han-grypnne; appéries aient à ls race des blancs allophiles: de Canehse Les Saspirés où Fères :lorit: les :nusiitbs : ibanti. des Géergrehs de nes jours; lesquels, ethnogruphiquérmhänt et linguistiquement, constituent un des types les plus parfaits des populations caucasiennnes. Quant aut Ourartai ou Alarodiens, leurs inscriptions les montrent faisant usage d'une langue encote très-imparfaitemént connue, mais qui, dans le pey qu’on en sait, offre des analogies marquées avet le géorgien où grouse et les idiomes congénères. Quelque incompléts ët insuffisants que soient les faits que j'ai rassemblés à ce su-

(1) Stèle de Schamschi-Ramän, col. 3, 1. 26-67 : Cuneif. insçer. af West. Asia, t. I, pl. 40 et 91. Vay. Fr. Lenormant, Lettres assyriologiques, t.I, p. %; Maspéro, Histoire ancienne des peuples da l'Orient, Âre édit., p.454.

(@) G. Rawlinson, p. 669 du tome Er de sa traduction anglaise d'Hérbdote ; Fr. Lenormant, Lettres assyriologiques, t. I, p. 24,

(3) Plin., Hist. nat., vi, 16. |

(4) Herodot., 1, 449 et 902; 11, 08; v, 49,

jet dans un autre travail (1), ils demeurent intacts en dépit des critiques de M. Patkanoff (2), et tout dernièrement encore un des juges les plus autorisés en pareille matière, M. Sayce, donnait à ma théorie une adhésion fortement motivée (3). Quant aux tentatives de M. Mordtmann pour expliquer par l’arménien les inscripüons alarodiennes (4), et de M. L. de Robert pour y trouver un dialecte sémitique (5), elles ont, de l’aveu de tous, absolument échoué, et cela de manière à montrer d'une façon définitive qu'il n'y a rien à faire, aucun succès à espérer dans ces deux voies. |

Mâgôg, tel que nous l'entendons avec M. Kiepert, a donc, au point de vue ethnologique et linguistique, tout aussi bien qu’au point de vue géographique, une unité parfaitement déterminée, une individualité nettement distincte de celle de ses deux frères de l'ouest et de l’est, Gômeret Mâdaï. Ceci nous confirme encore dans l'interprétation que nous donnons à ce nom du tableau ethnographique et ethnogénique de la Genèse,

(1) Dans la deuxième de mes Lettres assyriologiques : Sur l’ethnographie et l’histoire de l'Arménie avant les Achéménides.

(2) Congrès international des Orientalistes, Compte-rendu de la première session, Paris, 1873, t. II, p. 429 et suiv. |

(8) Transact. of the Soc. of Biblical Archæology, t. VII, p. 283. Hi l'adoptait déjà dans ses Principles of comparative philology, 9e édit., p. 118.

(4) Entzifferung und Erklærung der armenischen Keilinschriften von Van und der Umgegend, dans la Zeitschr. deutsch. Morgent. Gesellsch., t. XXVI, p. 465-696.

(5) Étude philologique sur les inscriptions cunéiformes de l'Arménie, Paris, 1876, in-4°.

et ici, comme nous aurons l’occasion de le faire toutes les fois, nous constatons que le principe de construeion du tableau n’est pas exclusivemeut géographique, qu'au contraire ses distinctions de noms et de personnages correspondent à des divisions de nations.

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