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Je renverrai d’abord à certains détails donnés par Dulaure (1), dans son chapitre sur le culte de Vénus. Dulaure pense que ces coutumes sont un simple exposé de ce culte ; mais je leur attribue une signification plus profonde et un caractère tout différent.
Nous devons nous rappeler que les races sauvages les mieux connues ont atteint, aujourd’hui, un état de civilisation tel, que les droits paternels sont reconnus, et qu’ainsi les pères peuvent vendre leurs filles au moment du mariage, ce que, d’ailleurs, ik font tous, Le prix d’une femme dépend, bien entendu, des circonstances dans lesquélles se trouve la tribu, et chaque jeune homme laborieux peut e« acheter une. Aussi longtemps cependant qu’existait k communauté des femmes, cet achat eût été impossible; car ce mariage spécial eût été une infraction aux droits de la communauté, infraction qui nécessitait une compensation. Voilà, je crois, la vrai explication des offrandes que les vierges devaient ordinairement faire avant de pouvoir se marier,
Dans bien des cas, la possession exclusive d’une femme ne pouvait s’acquérir légalement que par h reconnaissance temporaire des droits préexistants de la communauté. Ainsi dans la Babylonie, selon Héro dote (2), chaque femme devait s’offrir, une fois a moins, dans le temple de Vénus; après quoi seukment elle avait le droit de se marier. La mème loi selon Strabon, existait en Arménie (3). Il nous di
(1) Histotre abrégée des diff. cultes, (2) Clio, 199.
(3) Strubon, lib, Il:
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(1) Melpomène, (2) Terpsichore (3) Dulaure, Lo (4) Diodore, vq (5) Histoire ab (6) Ibid, , vol,
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aussi que l’on retrouvait la même coutume dans quelques parties de l’île de Chypre, chez les Nasamones (1) et autres tribus Éthiopiennes, et Dulaure affirme qu’elle existait aussi à Carthage et dans plusieurs parties de la Grèce. Le récit que nous fait Hérodote sur les Lydiens, quoiqu'il ne soit pas tout à fait aussi clair, semble indiquer une loi semblable.
Les coutumes des Thraces, telles que nous les décrit Hérodote (2), tendent au même but. Chez des aces quelque peu plus avancées en civilisation, le symbole rempiace la réalité de cette coutume, et saint Augustin proteste contre ce symbole qui, même à son époque, existait encore en Italie (3).
Diodore de Sicile rapporte qu'aux iles Baléares, à Majorque, à Minorque et à Iviça, la mariée appartenait, la première nuit, à tous les hôtes présents ; après quoi elle appartenait exclusivement à son mari (4).
Dans l’Inde, selon Grosse (5), et particulièrement dans les vallées du Gange, les vierges devaient, avant dese marier, se présenter dans les temples dédiés à Juggernaut ; la mème coutume régnait à Pondichéry el à Goa (6).
Chez les Sonthals, une des tribus aborigènes de l'Inde, les mariages ne se célèbrent qu'une fois l’un, ordinairement en janvier. « Pendant six jours tous les candidats au mariage vivent ensemble, . , . .;»
(1) Melpomène, 172, (2) T'erpsichore, vol. Vi, (3) Dulaure, loc. cit.,vol. Il, p. 160, Voir appendice. (4) Diodore, vol. 18, (5) Histoire abrégée des cultes, vol, E, p, 431, (6) dbid,, vol, LE, p, 108:
116 ORIGINES DE LA CIViLISATION.
et c’est seulement après cette vie en commun que les couples séparés ont acquis le droit de se marier (1). Carver(2) raconte que, tandis qu’il vivait chez les Naudowessies, il remarqua leurs égards pour une des femmes de la tribu; il apprit qu’on la considérait comme une personne de haute distinction, parce que, dans une certaine occasion, elle avait invité les qua. rante principaux guerriers de la tribu à se rendre dans sa tente, leur avait donrié un festin et les avait tous traités en maris. En réponse à ses questions, on & lui dit que c'était une vieille coutume, tombée en di- | suétude et «qu’à peine une fois par génération il « | trouvait une femme assez osée pour donner cett | fête, bien qu'un mari du plus haut rang épousät tou-
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En parlant des Esquimaux, Égede(3) constate expressément « que ceux qui prêtent leurs femmes leurs amis, sans la moindre hésitatio:, sont réputé dans la tribu comme ayant le meilleur et le pli noble caractère. »
1 Le même sentiment provoqua probablement la cl Concours, | rieuse coutume existant, selon Strabon (4), chez IS Comprendre
(Parthes) Tapyrians : cette coutume voulait que différence e quand un homme avait eu deux ou trois enfants avu | une femme, il la quittät pour qu’elle püt en épousu uu autre. Il y a quelques raisons de croire que là Romains observaient une semblable coutume. Ai
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(1) Dans l'Ant qui porte à croire ke feraient celles 4 (2) Par exempla lolynésiens, les dentale, les Arco Ski etc,
| (4) The People of India, vol. I, p. 2, .
(2) Travels an north America, p. 245. Voir aussi les notes. (3) History of Greenland, p. 142, (4) Strabon, 2, pp. 515, 520,
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Caton, dont l’austère moralité est proverbiale, ne erut pas devoir retenir sa femme Martia, que son ami Hortensius désirait épouser. Il le lui permit donc, et Martia vécut avec Hortensius jusqu’à la mort de ce dernier, et revint ensuite à son premier mari. Le grand caractère de Caton nous est une garantie suffisante qu'il ne l'aurait pas permis s'il y avait vu quelque mal({). Plutarque constate d’ailleurs que les Romains avaient coutume de prêter leurs femmes. C’est probablement un sentiment analogue qui pousse tant de tribus sauvages (2) à donner à leurs hôtes des femmes temporaires. Omettre cette formalité serait un signe d'inhospitalité. Cette pratique, en outre, semble reconnaitre l'existence d’un droit inhérent à chaque membre de la communauté et aux visiteurs comme membres temporaires de cette même communauté; ce droit, dans le cas de ces derniers, ne pouvait pas être abrogé avant leur arrivée, et une fois admis comme membres temporaires, sans leur concoûrs, La généralité de cette coutume nous fait
comprendre immédiatement combien grande est la
différence entre les peuples sauvages et les nations ivilisées, quand il s’agit de la relation des sexes l'un avec l’autre.
L'exemple le plus frappant peut-être est celui que
(1) Dans l'Anti-Caton, César reproche vivement cet acte à Caton, ce qu porte à croire que les mœurs d'alors ne l'expliquaient pas plus que
D fraient celles d'aujourd'hui, (Note du traducteur.)
(2) Par exemple, les Esquimaux, les Indiens des deux Amériques, tes l'olynésiens, les Australiens, les Nègres de l'Afrique orientale et occi- Vel los Arabes, les Abyssiniens, les Cafres, les Mongols, les l'utski ete,
nous offrent quelques tribus brésiliennes. Ils ont l'habitude de garder, pour les engraisser, les captik qu’ils font à la guerre ; après quoi ils les tuent et le mangent. Cependant ils leur donnent toujours une femme temporaire, pendant le peu de temps qui leur reste à vivre (1).
Cette théorie explique aussi la remarquable subor. dination de la femme envers le mari, si caractéristique du mariage et si peu d’accord avec toutes no idées reçues ; en outre elle jette quelque lumière sur la position singulière des Hétaïres qui, dans bien des cas, dans bien des pays, jouissaient d’une considé. ration plus grande que celle accordée aux femmes | légitimement mariées (2). Les premières étaient, en effet, dans l’origine, des compatriotes et des parentes: les secondes des captives et des esclaves. Et même quand cet état de choses cessa, l’idée survécui longtemps aux circonstances qui l'avaient produite.
Nous savons qu'à Athènes on respectait beaucoup les courtisanes. « Leurs conversations journalières, « dit lord Kames (3), sur la philosophie, la politique,
« la poésie, élevait leur esprit et raffinait leur goi,
«Leurs maisons devinrent des espèces d'école « agréables où chacun pouvait apprendre et profiter. « Socrate et Périclès se rercontraient souvent chu « Aspasie, qui leur enseignait la délicatesse et tou] « les raffinements du goût et en échange ils lui pro
(1) Lafitau, loc. cit., vol, IT, p. 294.
(2) Bachofen, loc. cit., p. xx, 125. Burton, Lake regions of Afriu,
vol. I, p. 198.
(3) History of Man, vol, IT, p. 50.
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Aussi Platon, dans sa République idéale, considèreil comme un point essentiel que « pour les chefs tout «au moins, la loi règle les relations sexuelles, et «qu’il ne soit pas permis qu’un homme ait le droit de «monopoliser une femme (1). »
A Java on estime les courtisanes, et dans quelques parties de l'Afrique occidentale les nègres les entourent de grands respects; d'un autre côté, et cela est fort singulier, les nègres « méprisent les musi- «ciennes, qu'ils regardent comme infimes et comme «des instruments de plaisir nécessaires (2).» Ce senti ment est poussé si loin qu’on ne les enterre pas de peur que leurs cadavres n'empestent la terre.
Dans l’Inde on considère comme dégradantes au plus haut degré bien des occupations que nous regardons comme humbles certainement, mais aussi comme utiles et innocentes (3). D’un autre côté dans la fameuse ville indienne de Vesali, «le mariage «était interdit et la grande maitresse des courtisanes «occupait une haute position sociale. Quand le Saint- «Brddha (Çakyamuni) dans sa vieillesse visita Vesali, Con le logea dans un jardin appartenant à la grande «maîtresse des courtisanes, et il reçut la visite de
(1) Bain, Mental and moral Science, (2) Wait, Anthropoloyy, p. 317.
(3) Atley, vol, II, p. 279.
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| | « cette grande dame, qui vint le voir, accompagnée | « de sa suite dans des carrosses de cérémonie. Après « les premières salutations, elle vint s'asseoir auprès « de lui et il lui fit un discours sur Dharma..….. En « retournant à la ville elle rencontra les magistrats « de Vesali, revèêtus de leurs habits de cérémonie, « mais ils se dérangèrent pour lui faire place. Ils « lui demandèrent de leur confier l'honneur de rece- 4 « voir Çakyamuni, mais elle refusa, et le grand homme | «lui-même, quand les chefs de la ville le sollicité. « rent en personne, refusa de se dégager de la pro- « messe qu'il avait faite à la grande maïtresse (i). »
Jusqu'à une époque toute récente les courtisanes étaient les seules femmes de l'Inde (2) qui reçussent quelque éducation. Aujourd’hui même, beaucoup de grands temples Indous possèdent des troupes de cour. tisanes « qui exercent leur métier sans qu’il s’y at- «tache aucune honte. Il y a là, d’ailleurs, une « étrange anomalie, en ce sens qu’on re considère « pas qu’une courtisane, née dans une famille de cour. « tisanes ou adoptée par cette famille, fasse un métier « honteux, tandis que d’autres femmes, qui ont perdu « leur bonne réputation sont méprisées (3). » Nous ne voyons quant à nous aucune anomalie en ceci. Les premières continuent une vieille coutume, avec la sanction religieuse ; les dernières au contraire ont | cédé à des inclinations mauvaises, ont outragé les sentiments publics, ont probablement été infidèles à
(1) Mrs. Spier, Life in Ancient India, p. 28. (2) Dubois, Le Peuple de l'Inde, p. 217, 402, (3) The People of India, vol, IT, p. 165.
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MARIAGE ET PARENTÉ. 121 leurs vœux de mariage, et ont attiré le déshonneur sur leurs familles. Ou préférait dans certaines circonstances, chez les anciens Égyptiens, les enfants légitimes à ceux nés d’un mariage légitime (1).
Ces sentiments n’ont rien qui doive étonner quand on se souvient que la femine individuelle était une étrangère et une esclave, tandis que la femme commune était une parente et une femme libre, et sans aucun doute ces sentiments ont, dans quelques cas, survécu à l’état de choses qui leur a donné naissance.
Examinons actuellement la curieuse coutume pour laquelle M. M’Lennan a proposé le terme significatif d'«exogamie», c’est-à-dire la défense absolue de prendre une femme appartenant à la tribu. Tylor qui a tout particulièrement appelé l’attention sur cette coutume, dans son intéressant ouvrage sur l’«Histoire de l’homme dans les premiers âges, » ouvrage publié la même année que celui de M. M’Lennan sur le « Mariage primitif», pense aue les inconvénients «résultant de mariages entre proches parents, pour- «rait bien être la principale cause de cette restric- «tion.» Morgan (2) pense aussi que l’exogamie ne «peut s'expliquer que comme un frein aux mariages centre parents, » ce qui ne pouvaitse faire que par l'exogamie, tous les membres d’une tribu se considérant comme parents. En fait, cependant, l’exogamic constituait une bien petite protection contre les mariages entre parents, puisque partout où elle était systématisée elle permettait le mariage entre les
(1) Bachofen, loc, cit., p. 125.
(2) Proc, Amer, Acad. of Arts und Sciences, 1866.
frères et sœurs de lits différents. Partout où le mariage entre parents existait, l’'exogamie était inutile; partout où ces mariages étaient défendus, l’exogamie ne pouvaitse produire.
M'Lennan dit : «Je crois que cette restriction « apportée au mariage, provient de la pratique de « l'infanticide, pratique si commune dans les pre- « miers âges, et portant toujours sur les filles; les « femmes devenant rares, le résultat immédiat fut « la polyandrie dans ia tribu, et la capture des fem- « mes hors de la tribu (1).» Il n’a pas fait allusion à la prépondérance naturelle des hommes sur les femmes. Ainsi, en Europe, la proportion des garçons aux filles est comme 106 est à 100 (2). Ici, donc, même sans l'infanticide, nous voyons qu’il n’y a pas une proportion exacte entre les sexes. On a observé que chez beaucoup de races sauvages, dans différentes parties du monde, les hommes sont beaucoup plus nombreux que les femmes, mais il est fort difficile de savoir dans quelle proportion il faut attribuer cette supériorité numérique des hommes, soit à une différence originelle, soit à d’autres causes.
On pourrait à la rigueur admettre que cette disproportion entre les sexes est la vraie cause de l’endogamie ou de l’exogamie chez tel ou tel peuple: les races où les enfants mäles prédominent devenant exoganes; celles où les filles sont en plus grand nombre devenant au contraire endogames (3). Je ne con:
(1) Loc. cit., p. 138.
(2) Wait, Anthropology, p. 111.
(3) Bachofen, loc, cit., p. 109.
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nais cependant aucune statistique qui nous permette d'élucider ce point, et je ne crois pas d’ailleurs que ce soit [à la vraie explication de cette coutume. L’infanticide, sans aucun doute, est très-commun chez les sauvages. Aussi longtemps que les hommes étaient peu nombreux, les ennemis étaient rares et le gibier facile à se procurer. Dans ces circonstances, pourquoi l’infanticide se serait-il produit? Les femmes faisaient certaines choses mieux que les hommes; elles remplissaient certains devoirs que leur orgueil, ou leur paresse, les portaient à leur laisser. Mais dès qu'un pays devint plus habité, les voisins devinrent une difficulté. Ilsenvahissaient les territoires de chasse, le gibier devenait plus sauvage. Raisons bien suffisantes pour causer des guerres. Une fois commencées, les guerres devaient reparaitre à chaque instant, tantôt sous un prétexte, tantôt sous un autre. Une tribu faible se trouvait en proie aux envahissements perpétuels d’une tribu forte, cette dernière ne trouvait-elle pas chez ses voisins des hommes pour en faire des esclaves, des femmes pour en faire des épouses, outre qu'ils satisfaisaient leur penchant pour la gloire. Dans ces circonstances, les enfants femelles devenaient une source de faiblesse sous bien &es rapports. Elles mangeaient et ne chassaient pas. Elles affaiblissaient leurs mères pendant leur enfance et jeunes filles offraient une tentation constante aux nations voisines. Aussi est-il facile d'expliquer que les sauvages aient tué leurs filles. Je ne peux cependant pas admettre que ce soit la vraie cause de l’exogamie. D'un autre côté, il faut nous rappeler quil
fut une époque où toutes les femmes de la tribu étaient la propriété commune. Aucun homme ne pouvait s’en approprier une sans enfreindre les droits généraux de la tribu. Les femmes faites captives à la guerre se trouvaient au contraire dans une position différente, La tribu, comme tribu, n’avait aucun droit sur elles, et, sans aucun doute, les guerriers se réservaient exclusivement leurs captives, qui devenaient naturellementleurs épouses, dans le sens que nous appliquons à ce terme.
Bien des causes devaient tendre à accroître l’importance des mariages individuels et à faire disparaitre la communauté des femmes. L’impulsion donnée au développement des affections; la commodité des arrangements domestiques ; les vœux naturels de la femme elle-même; et enfin, et surtout peut-être, la faiblesse relative des enfants nés sous le régime de la communauté, devaient faire comprendre chaque jour davantage la supériorité du mariage individuel.
Mais en admettant mème qu'il n’y ait pas eu d’eutres causes, l’avantage des croisements, si bien connus aux éleveurs de bestiaux, devait donner bientôt, aux aces qui pratiquaientl’exogamie, une prépondérance marquée sur les autres races ; nous n’avons donc pas lieu d’être surpris que l’exogamie soit devenue si générale parmi les sauvages. Quand cet état de choses eut duré quelque temps, l'usage, comme le fait si bien observer M. M'Lennan, « a dû produire un préjugé « chez les tribus qui observaient cette coutume, pré- «jugé aussi fort qu’un principe religieux, comme « est apte à le devenir tout ce qui a trait au ma-
« riage, « tribu ( Nous 1 priort à siremarq Mais en d'indique comment En Au continen ne peut € que lui, tribu (2) «épouse «que lui
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(1) Loc. cit.
(2) Eyre, D:
(3) The Abc (4) First for (o) Trans. .
(6) Zbid., p
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«riage, contre l’idée d’épouser une femm. - «tribu (1). »
Nous n’aurions pas dü, peut-être, nous attendre à priori à trouver chez les sauvages une restriction siremarquable, et cependant elle est fort répandue. Mais en nous plaçant au point de vue que nous venons d'indiquer, nous comprenons clairement, je crois, comment elle a pris naissance.
En Australie, où on retrouve sur presque tout le continent les mèmes noms de tribu, aucun homme ne peut épouser une femme, portant le même nom que lui, et par conséquent appartenant à la même tribu (2). « Aucun homme, dit M. Lang, ne peut «épouser une femme portant le même nom de tribu «que lui, quoiqu'ils ne soient parents à aucun degré «selon nos idées européennes (3). »
Dans l'Afrique orientale, selon Burton (4),«quelques «clans des Somals ne veulent pas épouser une femme «appartenant à leur famille, ni même à une famille «qui leur est alliée par le sang. » Les Bakulari ob= servent la même coutume (5).
Du Chaillu (6), en parlant de l'Afrique Équatoriale occidentale, dit : « La loi du mariage, chez les tribus «que j'ai visitées, est singulière; chaqne tribu se di- «vise en clans; les enfants dans la plupart des tribus «appartiennent au clan de la mère, eten aucun cas
(1) Loc, cit., p. 140.
(2) Eyre, Discoveries in Australia, vol. 11, p. 329, Grey, Journal, p. 242, (3) The Aborigenes of Australia, p. 10.
(4) First foot steps, p. 120.
(5) Trans. Ethn. Soc., nouvelle série, vol. I, p. 321,
(6) bid., p. 307.