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«ils ne peuvent se marier entre eux, quelque éloigné « que soit le degré de parenté; un tel mariage serait «un sacrilége. Mais ils peuvent parfaitement épou- « ser la femme de leur père ou de leur frère. J'ai «été frappé de l’heureuse influence qu'ont de sem- « blables lois contre les mariages consanguins. »
Dans l'Inde, les tribus Warali se divisent en sections, et aucun homme ne peut épouser une femme appartenant à la même section que :""1. Chez les tribus Magar, ces sections s'appellent Thums, ?t ils observent la même règle. Le colonel Dalton nous dit que «les Hos, les Moondabs et les Oraons, sont divisés en « clans ou keelis, et ne peuvent pas épouser une fille « du mème keeli. » Les Garrows se divisent aussi en « maharis; » et un homme ne peut pas épouser une fille de son propre « mahari. »
Les Munnieporees et autres tribus habitant les collines de Munniepore, les Koupooees, les Mows, les Murams et les Murrings, nous dit M'Lennan, sur l’autorité de M’Culloch, « sont autant de tribus divisées «en quatre familles : les Koomrul, les Looang, les « Angom et les Ningthaja. Un membre de ces familles « peut épouser une fille appartenant à toute autre fü- « mille, mais le mariage dans la même famille est « strictement interdit (1). » Les Todas, au contraire, dit Metz(2), «se divisent en cinq classes distinctes « connues sous le nom de Peiky, Pekkan, Kuttan, « Kennae et Tody; la première est la plus aristocra-
(1) Account of the Valley of Munniepore, 1859, p. 49, 69. (2) Tribes of the Neilgherry Hills, p. 21,
«tique. I « rentes € « leur car LesKh « comme « mariage « considè « leurs fe MPhersor entre mer entraine 1 divisent e une femm «jours le «même p «Derbets « gots, et La mèên et les Sam un crime même fam Quand :
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(D) M'Lennar (2) Pallas, va (3) Zbid., vol (4) Sibirische (5) The Chine
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les colws, les ir l’audivisées ng, les amilles tre fiille est taire, stinctes
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«tique. Il ne peut y avoir de mariages entre ces diffé- «rentes classes; elles ne peuvent donc jamais perdre « leur caractère distinctif. »
Les Khonds, selon le général Campbell, « regardent «comme une dégradation de donner leur fille en « mariage à des individus de leur propre tribu, et «considèrent comme un honneur d'aller chercher « leurs femmes dans un pays éloigné (1).» Le major M'Pherson nous dit aussi que, selon eux, le mariage entre membres de la même tribu est un crime qui entraine la mort. Les Kalmouks, selon de Hell, se divisent en hordes, et aucun homme ne peut épouser une femme de la même horde. « Ils choisissent tou- «jours leurs femmes, dit Bergman, en parlant du «mème peuple, dans une horde différente; ainsi les «Derbets vont chercher leurs femmes chez les Tor- «gots, et les Torgots chez les Derbets. »
La même coutume existe chez les Circassiens et les Samoyèdes (2). Les Ostiakes regardent comme un crime d’épouser une femme appartenant à la même famille, ou même portant le même nom (3).
Quand un Jakut (Sibérie) désire se marier, il doit, dit Middendorf (4), choisir une fille d’un autre clan. Il n'est permis à aucun homme d’épouser une-femme de son propre clan. En Chine, dit Davis (5), le mariage entre «toutes les personnes portant le même nom de «famille étant illégal, cette règle doit, bien entendu,
(1) M'Lennan, p. 95.
(2) Pallas, vol. IV, p. 96.
(3) Zbid., vol. IV, p. 69.
(4) Sibirische Reise, p. 72.
(5) The Chinese, vol. I, p. 282.
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comprendre, pour toujours, tous les descendants de la branche masculine. Les embarras résultant d’une loi aussi stricte doivent être fort considérables, car, au milieu d’une population si vaste, il n'ya guère qu’une centaine de noms de famiiie dans tout l'empire. » Chez les Indiens Tinné, au nord-ouest de l’Améri-
| que, «la loi défend à un Chit-sangh (1) d’épouser une | «Chit-sangh, bien que quelquefois cette loi ne soit
pas observée, mais en ce cas on se moque des personnes qui ont enfreinte. On dit que l’homme a épousé sa sœur, bien qu'elle puisse appartenir à une autre tribu et qu’il n’y ait pas entre eux le moindre lien de parenté. Il en est de mème dans les deux autres div'sions, Les enfants appartiennent à la même tribu que leur mère. Si un Chit-sangh épouse une femme Nah-tsingh, les enfants sont des Nahtsingh ; et si'un Nahtsingh épouse une femme Chitsangh les enfants sont des Chit-sangh ; de telle sorte que les divisions changent toujours de place. A mesure que les pères meurent, le pays habité par les
. Chit-sangh devient occupé par les Nah-tsingh, ct
vice vers. On pourrait dire que ces tribus chan-
gent constamment de place. »
Chez les Kenaiyers ‘Nord-Ouest de l'Amérique), la coutume voulait que les hommes d’une tribu choisissent leurs femmes dans une autre tribu, ct les enfants appartenaient à la race de la mère. Cette coutume n’est plus observée et les hommes se marient dans l& tribu ; mais les vieillards disent
(1) Notes on the T'inneh. Hardisty. Smithsonian Report, 1866, p. 315.
que la mo puis qu’o d'un hom sœur (1).
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(1) Richardsc 1866, p. 326,
(2) Metlahkal
(3) Sallatin, | Narrative, p, 31
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tsde la une loi car, au qu'une pire, »
Amériser une ne soit es per- )mMme à ir à une noindre es deux nt à la | Épouse es Nahme Chit- Ile sorte . À me- £ par les ngh, ct s chan-
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MARIAGE ET PARENTÉ. 129 que la mortalité chez les Kenaiyers a augmenté, depuis qu’on a abandonné l’ancien usage. Les héritiers d'un homme dans cette tribu sont les enfants de sa sœur (1). Les Indi:ns Tsimsheean (2), de la Colombie britannique, se divisent aussi en tribus et en totems, ou blasons, « communs à toutes les tribus. Les blasons «sont la baleine, la tortue, l'aigle, le loup et la gre- «nouille. L'étude de ces blasons nous révèle certains «points importants du caractère et des coutumes des «Indiens. IL y a parenté plus proche entre les per- «sounes portant le même blason qu'entre les mem- «bres de la même tribu; les membres de la même «tribu peuvent se marier entre eux, ce qui est dé- «fendu, dans toute espèce de circonstances, aux per- «sonnes portant le même blason, c’est-à-dire qu’une «baleine ne peut pas épouser une baleine, mais une «baleine peut épouser une grenouille, ete. »
En un mot, l’Archæologia Americana (3) établit à propos des Peaux-Rouges de l'Amérique du Nord en général, « que chaque nation se divisait en un cer- «tain nombre de clans, variant selon les nations, de «trois à huit ou dix, dont les membres respectifs «étaient dispersés indistinctement dans toute la na- «lion, Il est prouvé que les règles inviolables, au «moyen desquelles ces clans se perpétuèrent dans «les tribus méridionales, étaient, qu'aucun homme «ne pouvait se marier dans son propre clan, et, en
(1) Richardson, Boat Journey, p. 406, Voir aussi Smithsorian Report, 1866, p. 326.
(2) Metlahkatlah, publié par la Church Missionary Soc. 1869, p. 6.
(3) Sallatin, loc, cit., vol. Il, p. 109. Lafitau, vol, I, p. 558, Tanner, Narrative, p. 313,
Lüuuocr, Oiig. de la Civil,
| fa | A |
« secoud lieu, que chaque enfant appartenait au clan « de sa mère. »
Les Indiens de la Guyane (1) « se divisent en fa-
milles ; chacune de ces familles porte un nom distinc-
EN
: tifcommeles Sidi, les Karuafudi, les Onisidi, et. : Contrairement à ce qui se passe en Europe, l'enfant
appartient à la famille de sa mère, et aucun individu
ne peut épouser un membre de la même famille. « Ainsi une femme appartenant à la famille des Siwidi, porte le même nom que sa mère, mais ni son père,
« ni son mari, ne peuvent appartenir à cette famille, : Ses enfants et Les enfants de ses filles, s’appelleront « aussi Siwidi, mais ni les fils ni les filles ne peuvent « « marier avec un individu portant le même nom, bien « qu'ils puissent se marier das la famille de leur père « s'ils le désirent. Ces coutumes sont strictement ol « servées, et les violer serait un crime, »
Enfin les races brésiliennes, selon Martius, ont
toutes sortes de Luis pour le mariage. Dans quelques
tribus isolées, vivant en petites familles, éloignées les
unes des autres, les plus proches parents se marient
entre eux. Dans Les districts plus peuplés, au contraire,
les tribus se divisent en familles et là l’exogamic
est rigourensement appliquée (2).
Ainsi donc, nous voyons que celie remarquabk
coutume, à laquelle nous avons donné le nom d'exo
gumie, exisle dans toute l'Afrique orientale et occi
dentale, en Circassie, dans l’indoustan, dans la Tarta
(1) Brett, /ndian Tribes of Guiana, p, 98, (2) Loc, cit., p. 63,
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La polyan commune, 4 üe le suppose regardent, il lécessaireme
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XOSUDIIC
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MARIAGE ET PARENTÉ. 131 rie, en Sibérie, en Chine et en Australie, aussi bien que dans les deux Amériques.
Les relations existant entre mari et femme dans les races inférieures de l’humanité, telles que nous venons de les dépeindre dans les pages précédentes, suffisent pour qu'on n'ait pas lieu de s'étonner que la polygamie soit fort répandue. Il y a cependant d’autres causes non moins puissantes, quoique peut-être moins connues, qui poussent à cet état de choses. Ainsi, dans toutes les régions tropicales, les filles sont en état de se marier fort jeunes encore; elles sont belles
Dde bonne heure, mais se fanent vite, tandis que
les hommes, au contraire, conservent bien plus longlemps toute leur virilité. Aussi, quand l’amour re-
pose, non pas sur une similitude de goûts ou de sympathies, mais entièrement sur les attractions exté- Évieurc nous ne pouvons nous étonner que chaque
homme, en état de le faire, prenne une quantité de hvorites, même quand la première femme reste nonseulement le chef nominal de la maison, mais aussi ka confidente et la conseillère du mari. Une autre cause à sans doute exercé une grande influence. Le lait ist nécessaire aux enfants en bas âge, et, en l'absence d'animaux domestiques, on ne peut les scvrer que quand ils ont trois où quatre aus, J'ai déjà expliqué 1.74) l'effet de cette nécessité sur les relations sociales.
La polyandrie, au contraire, est beaucoup moins commune, quoique beaucoup plus fréquente qu'on ue le suppose ordinairement. M'Lennan et Morgan la regardent, il est vrai, comme ue des phases qu'a dù uécessairement traverser l'humanité, Toutefois, si nous
la définissons comme uu état de choses dans lequel une femme est mariée à plusieurs hommes, mais à eux exclusivement (ce qui n’est plus la communauté des femmes), alorsje suis disposé à la regarder comme un phénomène exceptionnel, provenant du manqu de femmes.
M’Lennan (1) donne une longue liste de tribus où, se. lou lui, règne la polyandrie : les tribus habitant le Thi. bet, Cachemir et les régions de l’Himalaya;les Todas, les Coorsgs, les Nairs, et différentes autres races de l'Inde: à Ceylan, dans la Nouvelle-Zélande (2) et dans un ou deux autres îles du Pacifique; aux îles Aléou tiennes; chez les Koryaks, les Cosaques Saporogiens: sur l'Orénoque ; dans certaines parties de l'Afrique « à Lancerota. Il y ajoute les anciens Bretons, quelque cantons de la Médie, les Pictes, les Gètes, et peut-ètr les anciens Germains. Je crois qu'il faut aussi ajouta quelques tribus chez les Iroquois. D'un autre cùt quelques-uns des cas cités ci-dessus ne sont, je pen, que des exemples de communauté des femmes, | est évident que partout où les preuves sont incon-
plètes, 1l est souvent fort difficile de distinguer entr
la communauté des femmes et la vraie polyandrie. Si nous examinons les exemples cités plus haut, i sera, je crois, difficile de les défendre tous. Le passag de Tacite (3) sur lequel on s'appuie, ne me semble pi prouver que les Germains aient pratiqué la polyandrit M. M'Lennan cite Erman qui mentionne l'existence
) Loc, cit., p. 180.
) Lafitau, loc, cit., vol, Ü p. 555.
13) Germ, xx.
de la poly ce dernier d'avancer Koryaks n existe chez Clark (1) e forme mit frères seule Quant à légende de dit tout sim mai et Jhu:
ment où el côte de Wa la prirent c Ceci me ser plutôt qu’ur pelle le rest qui concern La coutui blement por quée dans cc La polyan dans l'Inde, nière île, frères (4). M disons légale ment des ma
(1) Travels, vo (2) Polynesian
(3) Reade, Saw (k) Davy, Ceyla
1s lequel ,) Mais à munauté L COMME
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s haut, | e passigt seu ble pis ol yandrit l'existence
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de la polyandrie légale aux îles Aléoutiennes; mais ce dernier ne dit pas quelle autorité lui a permis d'avancer ce fait. Les récits des voyageurs sur les Koryaks ne prouvent pas, je crois, que la polyandrie existe chez eux. Si nous en jugeons par les récits de Clark (1) elle n'existe chez les Kalmouks que sous une forme mitigée, c'est-à-dire que des frères, et des frères seulement, possèdent une femme en commun.
Quant à la Polynésie M’Lennan se base sur la légende de Rupe, racontée par Sir G. Grey (2). Il y est dit tout simplement que deux frères nommés Jhuatamai et Jhuwareware , ayant trouvé Hinauri, au moment où elle fut rejetée par l’écume de la mer sur la côte de Wairarawa, « la regardèrent avec plaisir et la prirent comme femme commune pour eux deux. » Ceci me semble un cas de communauté de la femme, plutôt qu’un cas de polyandrie, surtout si on se rappelle le reste de la légende. Les preuves, quant à ce qui concerne l'Afrique, ne sont pas plus satisfaisantes.
La coutume dont parle M. M’Lennan (3) a probablement pour origine la sujétion de la femme, impliquée dans ce pays par le mariage.
La polyandrie, sans aucun doute, est fort répandue dans l'Inde, au Thibet et à Ceylan. Dans cette dernière île, les maris communs sont toujours des frères (4). Mais, en somme, la polyandrie légale (nous disons légale pour la distinguer du simple relächement des mœurs) me semble un système exceptionnel,
(1) Travels, vol. I, p. 241.
(2) Polynesian Mythology, p. 81.
(3) Reade, Savage Africa, p. 43.
(4) Davy, Ceylan, p. 286.
imaginé pour parer aux inconvénients du célibat, là où le nombre des femmes est de beaucoup inférieur à celui des hommes.
Étudions actuellement la coutume de l’endogamie, ou meziage dans ia tribu. M'Leunan remarque tout d'abord que «les tribus qui pratiquent l'endogamie « sont presque aussi nombreuses ct, sous certains rap- « ports, aussi grossières, que celles qui pratiquent
« l'exogamie (1). »
Toutes mes recherches tendent, au contraire, à prouver que l’endogamie est beaucoup moins répandue que l’exogamie et il me semble que cette coutume provient d’un certain sentiment d’orgueil de race et de dédain pour les tribus avoisinantes, qui s trouvaient peut-être dans une position inférieure.
Ainsi Sproat nous dit que chez les Ahts (Nord-Ouest de l'Amérique) « bien que les différentes tribus « composant la nation Aht soient fréquemment en « guerre les unes avec les autres, on n’enlève pas les « femmes pour les épouser, mais pour en faire des es. « claves. L'idée d’esclavage est si intimement liée che « eux à l’idée de capture, qu'un Aht libre hésiteraiti « épouser une caplive, quel que soit Le rang qu’elle at « occupé dans sa propre tribu (2). »
Les Kocchs et les Hos, ainsi que quelques autre races Indiennes, ne peuvent épouser qu’une femme de leur propre tribu. Les Hos, cependant, ne prat
quent pas la vraie endogamie, car, comme nous l'
vons déjà dit, ils se divisent en « keelis » ou clans,
(i) Loc. cit., p. 145, (1) Sproat, Scenes and Studies of Savage Life, p. 98.
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(1) Anté, p. 12 (2) Shortt, Tra (3) Lowin, loc.
Tibat, là
inférieur
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etils ne peuvent pas épouser une fille de leur propre keeli (1). On pourrait done dire qu’ils sont exogames etil est fort possible que si nous connaissions mieux les détails de tous les cas cités d’endogamie nous retrouverions souvent le même phénomène complexe.
Chez les Yerkalas (2) de l’Inde méridionale, « l’on- «ele maternel peut réclamer comme femme pour ses ils, les deux filles sa sœur. Dans cette «tribu, une femme coûte vingt pagadas. Le droit de
ainées de
« Poncle maternel sur Les deux filles ainées est évalué « à huit pagodas et se règle ainsi : si, faisant usage de «son droit, il marie ses fils à ses nièces, il ne paye « pour chacune que douze pagodas; si, d’un autre côté,
L'uil n'a pas de fils, ou que, pour loute autre cause,
«il renonce à son droit, il reçoit huit pagodas sur «les vingt, que les parents de la fille toucheront de «quiconque voudra l’épouser, »
Les Doingnaks, une branche des Chukmas, paraissent avoir aussi pratiqué l’endogamie. Le capitaine Lewiu nous apprend qu’ils «se séparèrent de la tribu «principale sous le règne de Jaunbux Khan, vers 1782, «Uue difficulté relative à la loi sur les mariages pro- ‘“voqua cette scission, Le chef avait ordonné que les : Doingnaks cessassent de se marier entre eux et qu’ils eprissent femme dans toute la tribu en général. L'et «ordre était contraire aux anciennes coutumes et tinit «par causer une scission dans la tribu (3). » Les Kalangs de Java pratiquent aussi l’endogamie et (1) Anté, p, 196.
(2) Shortt, Trans. Ethn. Soc., nouvelle série, vol. VIT, p, 187. () Lewin, loc, cit., p, 65.
quand un homme demande une fille en mariage il doit prouver qu'il descend de la même famille (1),
Les Tartares Mantchou défendent le mariage entre individus dont le nom de famille est différent (2). Dans le Guam, les frères avaient coutume d’épouser leurs sœurs, on préférait même ces unions que l’on regardait comme les plus naturelles et les plus conveuables (3). L’endogamie semble avoir existé dans les îles Sandwich (4) et dans la Nouvelle-Zélande, où selon Yate «il est défendu à quiconque, si ce n’est « pour un puissant motif politique, d'épouser une « femme appartenant à une autre tribu: aussi ce « mariages sont-ils fort rares (5). » En somme , cependant, l’endogamie semble beaucoup moins comune que l’exogamie.
L'idée de parenté telle qu’elle existe en Europe, basée sur le mariage, et impliquant des liens égaux entre l'enfant et son père et sa mère, nous semble naturelle, si évidente, que bien peu de personnes certainement se figurent qu’il puisse en être autrement. Les faits déjà rapportés auront sans doute priparé à l'existence d'idées particulières à ce sujet. La
force du lien de parenté dérivant de l'allaitement par f
la même nourrice, tel qu’il existe chez les montgnards de l'Écosse, nous est un exeinple familier de
liens de parenté très-différents de ceux qui existent |
parmi nous.
(1) Rafe, History of Java, vol. T, p. 328.
(2) M'Lennan, loc, cit. p 146.
(3) Lettres d'Arago. Voyages de f'reveinet, vol, IT, p. 17, (à) Ibid., p. 94.
(5) New Zealand, p. 99.
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Nous avons vu aussi que quand les femmes étaient communes, l'enfant n'avait ni père, ni mère, il appartenait à la tribu. Il est évident qu'avec le systènie de la communauté des femmes ou, même avec la polygamie, les liens entre père et fils doivent être fort légers. Mais il est évident aussi qu’il y a bien des causes qui doivent tendre à renforcer les liens entre les parents et l'enfant et surtout entre la mère et son enfant. Les chefs des tribus qui s’adonnent à l’agrieulture ont souvent des harems considérables; on mesure leur importance par le nombre de leurs femmes connues ; comme, dans d’autres cas, on la mesure par le nombre de leurs vaches e! de leurs chevaux.
Cet état de choses est déplorable sous bien des rapports. Il empèche le développement de laffection naturelle entre l’homme et la femme. Le roi d’Ashantee, par exemple, a toujours 3 333 femmes, or aucun homme ne peut aimer tant de femmes et il est impossible qu’un si grand nombre de femmes aient
la moindre affection pour un seul homme.
Bien que dans les tribus vivant du produit de leur chasse, 1l soit impossible aux hommes d'entretenir an aussi grand nombre de femmes, cependant, en raison des changements nombreux, le lien qui attache l’enfant à sa mère est beaucoup plus fort que celui qui l’attache à son mère. Aussi voyons-nous que dans presque toutes les races inféricures de l’humanité la parenté par les femmes est la coutume générale, et nous pouvons ainsi comprendre que les hériüers d’un homme ne soient pas ses propres enfants, mais les enfants de sa sœur.
Montesquieu (Î) pense que la parenté par les femmes a été imaginée pour prévenir Paccumulation dans quelques mains de la propriété foncière, théorie qui ne peut s'appliquer dans la majorité des cas, et j'ai tout lieu de croire que l'explication suggérée plus haut est la vraie.
Ainsi, en Guinée, quand un homme riche meurt, ses biens, ses armes exceptées, passent au fils de sa sœur, parce que, selon Smith, il est sûr que son neveu est son parent (2). Battel mentionne que la ville de Longo (Loanga) « est gouvernée par quatre chefs, « fils des sœurs du roi; car les fils du roi ne devien- « nent jamais rois (3). » Quatremère rapporte que « chez les Nubiens, dit Abou Selah, lorsqu'un roi vient « à mourir et qu'il laisse un fils et un neveu du côté « de sa sœur, celui-ci monte sur le trône de préfé- « retice à l'héritier naturel (4). »
Pans l'Afrique centrale, dit Caïllié (5), « la souve- « raineté reste toujours dans Ja même famille, mais le
fils ne succède jamais à son père; où choisit de pré- « férence un fils de la sœur du roi, pensant que par « ce moyen on est plus sûr que le souverain pouvoir «est transmis à un membre de la famille royale;
précaution qui prouve combien peu on a de foi dans « la vertu des feriines de ce pays. » On retrouve la mème coutume chez les Berbères de l'Afrique septer-
(1) Esprit des Lois, vol. [, p. 70.
(2) Sinith, Voyage to Guinea, p, 143, Voir aussi Pinkerton, Voyages: vol, XV, p. 417, 421, 528 Astlley, vol. If, p. 68, 256,
(3) Pinkorton, Voyages, v. AVI, p. 331,
(4) Mém. Géogr. sur l'Egypte et sur quelques contrées voisines, Paris, 1811, cité par Bachofen, loc. cit., p. 108.
(5) Caillé, Voyages, vol. I, p. 153,
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Voyages:
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trionale (1); et Burton dit qu’elle existe aussi dans l'Afrique orientale.
Hérodote (2) supposait que cette coutume était particulière aux Lyciens qui ont, dit-il, « une coutume « qui leur appartient en propre, et qui les distingue « de toutes les autres nations, car ils portent le nom « de leur mère et non pas de leur père; de telle sorte «que si on demande à quelqu'un qui il est, il cite le
«nom de sa mère et trace sa généalogie dans la ligne
«féminine, » Polybe indique la même coutume chez les Locriens; et sur les tombes étrusques la généalogie est indiquée dans la ligne féminine.
A Athènes, la parenté par les femmes exista jusqu'au temps de Cécrops.
Tacite (3) dit, en parlant des Germains: « Les oncles «ma:ernels ont autant d'affection que les pères pour «les enfants; quelques-uns même considèrent que c’est «là ie ‘ion de parenté Le plus sacré et le préfèrent dans «la réquisition des otages. » Il ajoute : « Les propres «enfants d’un homme sont cependant ses héritiers et « ses successeurs, ils ne font pas de testaments.» Cette phrase seinblerait vouloir dire que l'héritage par les lemmes n'avait été que récemment et pas entièrement abandonné, « Dans le royaume des Pictes, jusqu’à la «fin du huitième siècle, on ne trouve aucun fils qui « ait succédé à son père (4), »
Dans l'Inde, les Kasias, Les Kocchs et les Nairs sont
(1) La mère chez certains peuples de l'Antiquité, p. 45. (2) Clio, 173.
(3) De Mor. Gerim., xx,
(a) Uranid Britannica.
gouvernés par des reines. Bauchanan (1) nous dit que chez les Bantar de Tulava les biens d’un homme ne passent pas à ses propres enfants, mais à ceux de sa sœur. Sir W. Elliott constate que les peuples du Malabar « ont tous adopté un remarquable usage, celui de transmettre les biens par les femmes seulement (2). ii ajoute, sur l'autorité du lieutenant Conner, que le même usage existe à Travancore, dans toutes les castes, excepté dans celles des Ponans et des Brahmines Namburi. »
Selon Latham, « aucun Nair ne connaît son père, «et, vice versä, aueun père Nair ne connait son pro- « pre fils. Que deviennent les biens du mari? Ils « passent aux enfants de sa sœur (3). »
Chez les Limbaos (Inde), tribu habitant dans les environs de Darjeeling (4), les fils deviennent la pro-
priété du père moyennant une petite somme qu'il paye à la mère, l'enfant reçoit alors un nom et entre dans la tribu de son père ; les filles restent avec la mère et appartiennent à sa tribu.
Marsden (5) nous dit que, chez les Battas de Sumatra, « la succession au trône ne passe pas d’abord au « fils du décédé, mais au neveu du côté de la sœur; «et que la même coutume s'appliquant aux biens en « général, existe aussi parmi les Malais de cette partie « de l’île, et même dans le voisinage de Padang. Les « voyageurs qui relatent cette coutume sont nom-
(1) Vol. TITLE, p. 16.
(2) Trans. Ethn. Soc., 1869, p. 119.
(3) Descriptive L'hnology, Vol. IT, p. 463.
(4) Campbell, Trans. Ethn. Soc., nouvelle série, vol. ‘VIT, p. 155. (5) Marsden, History of Sumatra, p. 376.
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MARIAGE ET PARENTÉ. 141 «breux, mais ils n’entrent pas dans assez de détails « pour me permettre de croire qu’elle soit générale.»
Chez les Kenaïiyers de l’île de Cook, selon Sir John Richardson, les biens passent non pas aux enfants du décédé, mais à ceux de sa sœur (1). La mème coutume existe chez les Kutchin (2).
Carver (3) relate que chez les Indiens de la Baie d'Hudson, les enfants « portent toujours le nom de «Jeur mère ; si une femme se marie plusieurs fois, et «a des enfants de chaque mari, tous portent son nom «à elle. L’explication qu’ils dounent de cette coutume «est que, si les enfants doivent à leur père leur âme, «la partie invisible de leur essence, ils doivent à « leur mère leur corps ou partie apparente ; il est donc « plus rationnel qu’ils portent le nom de leur mère, «dont ils tirent imdubitablement leur être, que celui « de leur père, qui pourrait quelquefois douter qu’ils «ont le droit de le faire. » Une coutume semblable existe à Haïti et au Mexique (4).
Quant à la Polynésie, Mariner constate que dans les iles Tonga ou iles des Amis « la noblesse se transmet « par les femmes, car quand la mère west pas noble les «enfants ne le sont pas non plus (5). » Il paraitrait cependant que ces insulaires passent dans ce moment de l’état de parenté par les femmes à celui de parenté par les hommes. La coutume des Vitiens connue sous
(1) Boat Journey, vol. I, p. 406.
(2) Smithsonian Report, 1866, p. 326.
(3) Carver, p. 378. Voir aussi p. 259, (4) Müller, Gesch. d. American Urreligionen, p. 167, 539. 5) Tonga Islands, vol. II, p. 89, 91,
le nom de Vasu, indique clairement l’héftage par les femmes.
Dans l'Australie occidentale « les enfants des deux « sexes portent toujours le nom de leur mère (1). »
Chez les anciens Juifs, Abraham épousa sa sœur de père, Nahor épousa la fille de son frère, et Amram la sœur de son père ; ils ne se regardaient pas comme parents. Tamar aurait évidemment pu aussi épouser Amnon, quoique tous deux fussent enfants de David : « Parlez au roi, dit-elle, car il ne me séparera pas de vous.» Leurs mères n'étant pas les mêmes, ils n étaient pas parents aux yeux de ia loi.
Solon permettait le mariage avec les sœurs de père, mais pas avec les sœurs de mère.
Nous avons donc des preuves évidentes de ce second état qu'a traversé la société, dans lequel Penfant est parent de la mére et non du père ; où lhéritier d’un homme est son neveu du côté de sa sœur, et non son propre enfant qui, dans quelques cas, ne lui est pas parent du tout,
Mais quand le mariage fut plus respecté, quana les affections de famille devinrent plus fortes, il est facile de comprendre que la coutume, qui faisait passer les biens d’un homme aux enfants de sa sœur, devint peu acceptable et pour le père qui désire naturellement laisser ses biens à ses enfants, et pour les entants eux-mêmes,
M, Giraud Teulon, à qui nous devons un mémoire fort intéressant sur ce sujet (2), regarde cette pre-
(1) Eyre, loc, cit., p, 830, (2) La mére chez certains peuples de l'Antiquité.
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mière reconnaissance de la paternité comme un acte de dévouement de la part de quelque grand génie de l'antiquité. « Le premier, dit-il, qui consentit à se « reconnaitre père fut un homme de génie et de cœur, «un des grands bienfaiteurs de l'humanité. Prouve «en effet que l'enfant t'appartient ? Es-tu sûr qu'il «est un autre toi-même, ton fruit? Que tu l’as enfanté? ou bien, à l'aide d’une généreuse et volon-
«taire crédulité, marches-tu, noble inventeur, à lu «conquête d’un but supérieur (1)? »
Bachofen, tout en caractérisant la substitution de la parenté mäle à la parenté féminine comme le «wichtigsten Wendepunkt in der Geschichte des «Geschlechts verhüitnisses, » l’explique, selon moi, d'une façon erronée. Il regarde ce changement comme la libération de l'esprit des apparences déceptives de la nature; comme l'élévation de l'existence humaine au-dessus des lois de la matière ; comme la reconnaissance que le pouvoir créateur est le plus important; et en un mot, comme la subordination de la partie matérielle de notre nature à la partie spirituelle, Par ce pas, dit-il : « Man durchbricht die Ban «den des Tellurismus und erhebt seinen Blick zu «den hühern Regionen des Kosmos (2)
C'est là, ce me semble, une curieuse idée que je ne puis pas accepter. La reconnaissance de la responsabilité paternelle découla, je le crois, de la force des circonstances, aidée par les impulsions des affections naturelles, D'un autre côté, l'adoption de la parenté
(1) Loc, cit, p, 32, (2) Bachofen, Das Mutterrecht, p, 27,
dans la ligne paternelle, au lieu de la parenté dans la ligue maternelle, provint probablement du désir naturel que chacun ressent de laisser ses biens à ses propres enfants. Îl est vrai qu’à l'exception d'Athènes nous trouvons fort peu de traces de ce changement ; mais comme il est facile decomprendre quelles causes l’ont amené et difficile de supposer que le changement contraire ait jamais pu avoir lieu; qu’en outre, la parenté dans la ligne paternelle est irès-générale, pour ne pas dire universelle, dans toutes les races civilisées, tandis que le système opposé est très-commun chez les sauvages, il est évident que ce changement a dû avoir lieu bien souvent.
Prenant donc tous ces faits en considération, nous pouvons, je crois, regarder comme un reste de l'antique barbarie, la parenté dans la ligne féminine, partout où nous la rencontrons encore.
Aussitôt que ce changement fut effectué, le père à pris la place occupée précédemment par la mère et a élé regardé, au lieu d'elle, comme le parent. Aussi à la naissance de l’enfant, le père devait naturellement être très-soigneux de ses actions et de ce qu’il mangeuit de peur de faire mal à lenfant, De là sans doute la curieuse coutume de la couvade, dont j'a parlé dans mon premier chapitre.
Lu parenté du père se trouva exclure d'abord celle de la mère et les enfants après avoir été regardés comme n'étant pas les parents de leur père en viurent à l'être comme ne l’étant pas de leur mère.
Dans l'Amérique méridionale (1), où on à coutume
(1) Lulilau, vol, EL, p. 307.
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de bien traiter les captifs pendant quelque temps, de leur donner des vêtements, des aliments, une femme, etc., puis de les tuer et de les manger, les enfanis qu'ils peuvent avoir eus pendant leur captivité partagent leur sort. Dans l'Amérique septentrionaie, comme nous l’avons vu, le système de parenté par les femmes existe chezlesraces grossières du nord. Plus au sud, comme l’a fait remarquer depuis longtemps Lafifau, nous trouvons un système curieux, intermédiaire pour ainsi dire, chez les Iroquois et les Hurons, auxquels, comme l’a prouvé M. Morgan, nous pouvons joindre les Tamils de l'Inde (1). Un homme considère comme ses enfants les enfants de son frère, mais les enfants de sa sœur comme ses neveux et ses niè— ces. Une femme, au contraire, regarde les enfants de son frère comme ses neveux et ses nièces, et les enfants de sa sœur comme ses enfants (2).
Le tableau suivant, extrait de l’intéressant mémoire de M, Morgan, explique le curieux système que nous venons d'indiquer (3).
Peaux-Rouges.
Père, ei aussi
Frère du père,
Laon 1 TS ‘ani signifie Fils du frère du père du père, et ainsi de
suite.
{ Mère, et cussi Noyeh __ Ÿ Sœur de la mère,
| Fille de la sœur de la mère de la mère, et ainsi de suite.
(l) Proc, American Academy of Arts and Scie n 1866, p. 456. (2) Lafilau, vol, 1, p, 552, (3) Loc, cit, p. 456.
Lussock, Orig. de la Civil
Frère (aîné), et aussi
h Haje = Fils du frère du père,
k Fils de la sœur de la mère, et ainsi de suite, F { Fils,
| Harakwuk — À Fils du frère (quand un homme parle).
Fils de la sœur (quand une femme parle).
Tamil.
Père, et aussi
Frère du père,
Fils du frère du père du père, et ainsi de suite,
Mari de la sœur de la mère.
Mère, et aussi
Sœur de la mère,
Tay E4 | Femme du frère du père,
Takkappan =
Fille de la sœur de la mère de la mère, et ainsi de suite.
Frère (aîné), et aussi
Fils du frère du père,
Fils de la sœur de la mère, et ainsi de suite,
Fils.
Fils du frère (quand un homme parle).
Fils de la sœur (quund une femme parle).
Tamaiyan =
il Makan am
Ces noms impliquent réellement une idée de pa renté et ne proviennent pas d’une simple pauvreté de | langage ; le fait que sous d’autres rapports leur no- | menclature est plus riche que la nôtre, le prouve | abondamment. Ainsi, ils ont des mots différents pour distinguer un frère ainé d’un frère cadet, une sœur aînée d’une sœur cadette ; en outre, les noms du fik d'un fvère, de la fille d’une sœur, diffèrent selon que c’est un homme ou une femme qui parle, Ils distin-
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guent donc des parentés que nous regardons comme équivalentes, et en confondent d’autres qui sont réellement distinctes. Enfin, comme laromenclature de races aussi différentes et aussi éloignées l’une de l’autre que les Iroquois d'Amérique et les Tamils de l’Inde méridionale, concorde sous tant de rapports, nous ne pouvons regarder ces particularités comme de simples accidents, mais comme basés sur des idées analogues, quoique singulières, au sujet de la parenté.
Chez les [roquois, cette nomenclature provient du système de la parenté par les femmes, et n’est pas une copie inexacte de la nôtre, c’est évident ; car bien que les enfants de la sœur d’un horime soient ses neveux etses nièces, Les petits-enfants de sa sœur sont aussi ses petits-enfauts, ce qui indique l'existence d’une époque où les enfants de sa sœur étaient ses enfants et consiquemment où la parenté existait dans la ligne fémiuine, Les enfants du frère d’un homme sont aussi les enfants de cet homme, parce que les femmes de son frère sont aussi ses femmes. Jai déjà dit, (p. 129), que la parenté par les femmes existe généralement chez les tribus américaines,
Le jugement st curieux d’Oreste nous prouve à quel point l'idée de la parenté du père, une fois reconnue, a remplacé la parenté de la mère. Agamemnon ayant été assassiné par sa lemme Clytemnestre, leur fils Oreste tua sa mère pour venger le meurtre de son père, Il fut, pour cet acte, cité devant le tribunal des
dieux par les Eriunyes, qui avaient pour mission de
punir ceux qui versaient le saug de leurs parents, Au
cours de sa défense, Oreste leur demande pourquoi elles n’ont pas puni Clytemnestre pour le meurtre d’Agamemnon, et quand elles répondent que le ma-
riage ne constitue pas une parenté : « Elle n’était pas parente de l’homme qu’elle a assassiné, » il soutient qu’en vertu de la même loi celles ne peuvent le tou-
cher, lui, parce qu'un homme est le parent de son père et non pas de sa mère. Apollon et Minerve se rangent à cet avis, qui nous parait si peu naturel, la majorité des dieux l’adopte, et Oreste est acquitté.
Nous voyons donc que les idées sur la parenté, idées «ui affectent si profondément toute l'organisation sociale, ne sont pas les mêmes chez les différentes races et ne sont pas uniformes à la même époque historique. Nous confondons encore aujourd'hui l’affinité et la consanguinité ; mais je n’ai pas l’intention de traiter cette partie de la question. Les preuves accumulées dans les pages précédentes suffiront, je pense, pour prouver que, dans l’antiquité, les enfants n'étaient pas également les parents de leur père et de leur mère; et que le progrès naturel des idées a été que d’abord l'enfant estle parent de sa tribu en général; en second lieu le parent de sa mère et non de son père; puis de son père et non de sa mère; ct enfin, ct lougtemps après seulement, le parent de son père ct de sa mère,
J'ai, da du mariag et les liens actuel, je parenté et gros des id grossières | les races le gan (1), qu jet, et qui « publié par devons la d ce chapitre.
conclusions
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