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CHAPITRE IV

J'ai, dans le chapitre précédent, discuté la question du mariage, tel qu'il existe dans les races iniérieures, et les liens entre parents et enfants. Dans le chapitre actuel, je me propose de traiter la question de la parenté en général, et d'essayer de retracer le progrès des idées à ce sujet, depuis leurs formes les plus grossières jusqu’à la position qu’elles ont prise dans les races Les plus civilisées. C’est surtout à M. Morgan (1), qui a réuni de nombreuses données à ce sujet, et qui en a fait l’objet d’un mémoire récemment publié par la Smithsonian Institution, que nous devons la connaissance des faits sur lesquels est basé ce chapitre. Bien que je w’adopte pas les principales conclusions de M. Morgan, je n'hésite cependant pas

à déclarer que son ouvrage est un des plus remarquables qui aient paru depuis longuesaunces sur la science de l'ethnologie.

4 Systems of consanguinity and affin'ty of the human family, par LI, Morgan, 1870,

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Cet ouvrage contient des tableaux, la plupart trèscomplets, indiquant les systèmes de parenté de cent trente-neuf races ou tribus; bien qu'on puisse encore constater de regrettables lacunes, les Sibériens, les Américains du Sud et les vrais Nègres, par exem ple, n'étant mis représentés, nous y trouvons ioutefus de: preuves nombreuses, qui nous permettent d'établir «1461123 sont les idées qui règnent dans les différentes races :: ommes au sujet de la parenté.

Le système de la parenté chez les peuples civilisés procède si naturellement du mariage, et n’est, dans sa nomenclature générale, qu'une si suaple description des faits, qu’on le regarde tacitement comme nécessairement général à toute la race humaine, en admettant, bien entendu, des différences peu importantes d’appellation. Aussi ne peut-on trouver que des renseignements fort vagues dans les dictionnaires et les vocabulaires. Ils donnent ordinairement la traduction des mots oncle, tante et cousin; mais l'oncle peut ètre le frère du père ou le frère de la mère; la tante peut être la sœur du père ou la sœur de la mère; et le cousin germain, l'enfant de l’un ou de l’autre de ces quatre oncles et tantes. Chez beaucoup de peuples, comme nous le verrons, on distingue pratiquement ces parents Les uns des autres, et je dois dire en passant que je ne crois pas que nous soyons dans le vrai en les regardant comme identiques ct égaux. Les voyageurs ont quelquelois remarqué avec surprise quelque particularité spéciale de nomencliture; mais M. Morgan, le premier, a compris toute l'importance de ce sujet et a composé des tableaux

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DÉVELOPPEMENT DE LA PARENTÉ. 151 complets de parenté. On a, jusqu à présent, regardé cnie de simples exceutricités les points spéciaux obsc:vés; mais il est évident que c’est là une grave em ur, enr le principe ou les principes sur lesquels ils epos-nt se continuent de déduction en déduction, et la nomenclutuie est ordinairement réciproque, quoique l’on trouve quelquefois des exceptions. Ainsi, si les Mohakws nomment «père» et non pas «oncle » le frère de leur père, ils appellent non-seulement son fils, «frère», et son petit-fils, «fils», mais les descendants emploient aussi les termes corrélatifs.

Nous devons nous rappeler que nos idées de parenté reposent sur notre système social, et que d’autros races, Ayant des habitudes et des idées différentes au point de vue social, leur système de parenté doit, naturellement aussi, différer du nôtre. J'ai fait remarquer dans le chapitre précédent que les idées et les coutumes qui se rapportent au mariage sont fort différentes chez les diverses races, et nous pouvons établir, en règle générale, qu'à mesure que nous descendons l'échelle de la civilisation, l'importance de la famille diminue, tandis que celle de la tribu augmente, Les mots exercent sur la pensée une profonde influence, et les vrais noms de famille ne se trouvent que chez les races très-civilisées. Nous savons, par exemple, que, récemment encore, dans les parties ls moins civilisées de notre propre pays, le nom collectif de La tribu l’emportait sur le nom de la famille,

Ainsi, comme nous l’avons déjà dit, chez les Romains, «la famille » ne constituait pas une famille

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