‹ Les origines de la civilisation [microforme]Chapitre 20 sur 108 · D LT · texte numérisé non relu

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naturelle, dans le sens que nous attribuons à ce mot. Elle reposait, non pas sur le mariage, mais sur la puissance. La famille d’un chef ne se composait pas de ceux qui lui étaient alliés par le sang, mais de ceux sur lesquels il exerçait un pouvoir quelconque. Aussi le fils émancipé cessait-il de faire partie de la famille, et ne pouvait, qu’en vertu d’un testament, participer au partage des biens paternels; d’un autre côté, la femme, introduite dans la famille par le mariage, ou l'étranger changé en fils par l'adoption, devenaient membres réguliers de la famille, quoiqu'il n’existil aucun lien par le sang (1).

En outre, le mariage se symuolisait, à Rome, par la capture ou l’achat, symboles qui se retrouvent ar jourd’hui chez presque toutes les races inférieures. En un mot, chez les races inférieures en général, l’idée que comporte le mariage diffère essentiellement des nôtres ; le mariage est tout matériel et non pas spirituel; il repose sur la force et non pas sur l'amour ; la femme n’est pas unie à son mari, elle devient son esclave. On trouve encore dans la loi anglaise des traces, plus que des traces même, d'un système analogue; on peut même dire que nos coutumes ni fait de plus rapides progrès que nos lois, car les femmes occupent dans notre pays une position aue la loi ne leur confère pas. Chez les Peaux-Rouges toutefois, la femme est simplemsnt l’esclave de son mari, et on pourrait citer bien des cas où mari: € femmes, appartenant originairement à des tribus dif-

(4) Voir Ortolan, Justinien, p. 126 et seq.

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Il faut remarquer que, bien que la famille du Peau-Rouge ne soit pas constituée de la même façon que la nôtre, la nomenclature des parentés repose cependant, comme nous Je verrons tout à l'heure, sur le système de la famille et non pas sur le système de la tribu.

M. Morgan divise les systèmes de parenté en deux grandes classes : la parenté par description et la parenté par classification. La première, dit-il (p. 12), « qui est celle des races Aryrunes, Sémitiques et Ou- «raliennes, rejetant la classification des parents, si «ce n’est quand elle se trouve d'accord avec le sys- «tème numéral, désigne les collatéraux consan- « guins presque toujours par une augmentation ou « une combinaison des termes primitifs de parenté. « Ces termes, qui sont ceux de mari et femme, père «et mère, frère et sœur, fils et fille, auxquels il con- « vient d'ajouter, pour les langues qui les possèdent, « ceux de grand-père et grand-mère, petit-fils et pe- « tite-fille, sont ainsi restreints au sens primitif dans «lequel on les emploie. Tous les autres termes sont «secondaires. Chaque lien de parenté devient ainsi «indépendant et distinct de tout autre. Mais la se- «conde elasse, qui est celle des races Touraniennes, « Américaines et Malaises, rejetant dans tous les cas «les termes descriptifs, et réduisant la consanguinité à de grandes classes par une série de géné-

« ralisations, arbitraires en apparence, applique les « mêmes termes à tous les membres de la même « classe. Elle confonû ainsi des parentés, qui, dans « le système descriptif, sont distinctes, et élargit la signification des termes primaires etsecondaires audelà de ce qui semble leur véritable signification. » Or, tout en admettant parfaitement la différence radicale qui existe entre notre système anglais, par exemple, et celui des indigènes de l’ile Kingsmil], tel que l'indique le tableau I (1) (page 156), je dois dire que ces deux systèmes me paraissent plutôt les extrèmes d’une série, que fondés sur des idées différentes.

M. Morgan admet que les systèmes de parenté se développent graduellement, selon le progrès de l'état social; mais il leur attribue en même temps une grande valeur pour la détermination des affinités ethnologiques. Je ne comprends pas absolument ses idées, je l’avoue, quant à la portée précise de ces deux conclusions, relativement l’une à l’autre. J'ai déjà expliqué pourquoi je n'accepte pas son interprétation des faits par rapport aux relations sociales. Je me bornerai donc à étudier les systèmes de parenté en tant qu'ils se rapportent aux questions d’affinité ethnologique et à la façon dont ces différents systèmes ontpu se produire. Fort naturellement, M. Morgan est trèscomplet quand il traite des Indiens de l'Amérique septentrionale. Il indique les t:rmes de 268 parentés

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(1) J'ai fait ce tableau d’après ceux de M.Morgan, en choississant les parentés les plus significatives et en les présentant sous une forme qui me parait plus claire que celle adoptée par M, Morgan.

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DÉVELOPPEMENT DE LA PARENTÉ. 155 | dans environ soixante-dix tribus différentes. Quelques-unes de ees parentés sont beaucoup plus importantes que d’autres, pour le but que je me propose. Les plus significatives sont les suivantes :

. Fils et fille du frère.

Fils et fille de la sœur.

Frère de la mère.

Co 19 —

Fils du frère de la mère.

Sœur du père.

Fils de la sœur du père.

Sr

Frère du père.

Fils du frère du père.

Sœur de la mère.

Fils de la sœur de la mère.

. Frère du grand-père.

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