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LA RELIGION. 257 daus l’échelle du progrès humain le culte des animaux précède l'emploi des étendards, dont, par exemple, on on ue se servait pas pendant la guerre de Troie (1). biodore explique ce culte, en supposant que les dieux, vaincus un jour par les géants, se cachèrent pendant quelque temps dans le corps de certains winaux et qu'en conséquence les hommes les adovent. IL est inutile de réfuter
cette absurde
théorie.
On a supposé aussi, dans l'antiquité, pour expliquer ce culte, que les chefs égyptiens portaient descasques représentant des têtes d'animaux. Cependant cette théorie ne s'applique pas à tous les peuples, parce qu'un grand nombre de ceux qui adorent les uimaux ne se servent pas de casques et, en Égypte
mème, il est très-probable que le culte des animaux précédé l'usage des casques.
Plutarque, nous l’avons déjà dit, supposait qu'on aurait le crocodile parce que cet animal, n'ayant pas de langue, était l'emblème de la divinité, qui, par sa ule volonté, impose des lois à la nature! Cette expli- } tion singulière prouve combien Plutarque comprenait peu la nature des sauvages,
La vraie cause du culte rendu aux animaux est, je crois, beaucoup plus simple, et prend tout naturellenent sù source dans la coutume si générale de donner uxindwidus d'abord, aux familles ensuite, le nom de
‘tains amimaux. Une famille, par exemple, portant ie nom de lours, regardait cet animal d’abord avec
Loguet, loc, cit., t, If, p, 364, LUbboGk, O:ig, de la Civil,
intérêt, puis avec respect, puis enfin avec une sorte de superstition.
L’habitude de donner aux enfants le nom de quelque animal ou de quelque plante est fort répandue. ce qui, chez les peuples très-sauvages, s'explique faclement par la pauvreté du langage.
Les Issinese de la Guinée donnent à leurs enfants le nom « d’un animal, d’un arbre, d'un fruit, selon « leur fantaisie. Quelquefois aussi ils lui donnent le «nom de leur fétiche ou de quelque blane, leu « mingo, c’est-à-dire leur ami (1). »
Les Hottentots donnent à leurs enfants le nom d'un animal (2). Au Congo (3) «certains aliments sont « défendus à un homme ; l’un ne soit pas manger
certain poisson, l’autre certain oiseau, et ainsi de
suite. Je n’ai pas pu cependant savoir positivement si cette défense s'applique dans tous les cas à l’animal que représente leur totem. »
Dans l'Afrique méridionale les Bechuanas se subdivisent en tribu du crocodile, du poisson, du singe, du buffle, de l'éléphant, du porc-épic, du lion, et ainsi de suite. Personne n’oserait manger la chair ou porter la peau de l'animal patron de la tribu à laquelle il appartient. Dans ce cas, cependant, on m’adore pas les totems (4).
Les Chinois portent fréquemment « le nom d'une fleur, d’un animal ou d’une plante (5), » En Australie, ie
(1 Astley, Collection of voyages, t. Il, p. 436. (2) Jbid., t. IT, p. 357.
3) Ibid., p. 282.
4) Casalis, The Basutos, p. 211.
(5) Astley, lee. cit, &, IV, p. 91,
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totem ou, comme on l'appelle, le Kobong, paraît sur le poini d’être déifié. Chaque famille, dit Sir G. Grey (1), «adopte comme blason ou signe distinctif, ou Kobong, «comme on l'appelle, quelque animal, ou quelque « végétal. Je crois plus probable que ces objets ont «reçu le nom des familles, plutôt que les familles «le nom de ces objets. »
Un certain lien mystérieux existe entre la famille et son Kobong, ainsi un membre d’une famille «ne tuera jamais un animal de l'espèce à laquelle ap- « partient son Kobong, s’il le trouve endormi ; il ne «le tue même jamais qu'avec répugnance et lui laisse «toujours une chance de s'échapper. Cela provient «de ce que la famille croit qu’un animal de cette «espèce est son meilleur ami et que le tuer seraitun «grand crime, qu’il faut éviter avec soin. De mème, «un indigène qui a une plante pour Kobong, ne doit «pas l’arracher dans certaines circonstances et à cer- «taines époques de l’année. »
Nous voyons là un certain respect pour le Kobong ou totem, qui n’est cependant pas encore arrivé au culte (2). D’un autre côté, en Amérique, le respect pour le totem est devenu une véritable religion.
Le totem des Peaux-Rouges, dit Schoolcraft (3), est un « symbole du nom du premier ancêtre, or- «dinairement un quadrupède, un oiseau, ou quelque «autre individu du règne animal, qui constitue, si «nous pouvons nous exprimer ainsi, Le surnom de la
(1) Two Expeditions in Australia, t. II, p. 228.
(2) Voir Eyre, t. II, p. 328.
(3) Schoolcraft, Indian Tribes, t. Il, p. 49. Voir aussi Lafitau, t. E, p. 464, 467.