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l'événement, dirait: «la voix du seigneur (Kallam
el Allah) s'étant fait entendre à telle personne, ou :
«Dieu lui apparut en songe et lui dit, etc.» Ainsi le «lecteur européen doit faire grande attention aux fi-
gures et aux expressions du peuple. »
M. Fergusson regarde le culte rendu aux arbres, combiné au culte rendu au serpent, comme la foi primitive de l’espèce humaine. M. Wake (2) dit aussi : «Comment expliquer que les Polynésiens vénèrent «comme sacré une espèce de bananier, qu'ils ap- « pellent l’Ava, et que le mème culte se retrouve chez « les tribus africaines du Zambèze et du Shire, chez les «nègres de l'Afrique occidentale et équatoriale et
(1) The Nile tributaries of Abyssinia, par Sir S. Baker, p. 130. (2) Chapters on Man, p. 250.
« mème dansle nord de l'Australie? Ce n’est certai- « nement pas là une simple coïncidence.»
Or, comme le culte des arbres existe également en Amérique, nous ne pouvons le regarder comme une « preuve de l’origine commune des différentes races « qui le pratiquent.» C’est cependant une preuve de plus que l'esprit humain, dans sa marche vers le progrès, traverse partout des phases à peu près identiques.
Le culte des arbres existait anciennement en Assyrie, en Grèce (1), en Pologne (2) et en France. En Perse, le culte du Homa ou Somaétait à peu près analogue. Tacite (3) parle des forêts sacrées de la Germanie et celles de l'Angleterre sont familières à tous nos lecteurs. Au huitième siècle, saint Boniface dut faire couper un chène sacré et, tout récemment encore, un bouquet dechènes à Loch-Siant, dans l’île de Skye, avait un caractère si sacré que personne n'aurait osé en couper la plus petite branche (4).
Aujourd’hui, le culte des arbres règne dans toute l'Afrique centrale, au sud de l'Égypte et du Sahara. Les Shangallas, à l’époque de Bruce (5), adoraient «les « arbres, les serpents, la lune, les planètes et les « étoiles. »
Les nègres de la Guinée (6) adoraient trois divinités :
(1) Baum cultus der Hellenen, Botticher, 1856.
(2) Olaus Magnus, livre IIT, chap. 1.
(3) Tacitus, Germania, IX.
14) Early races of Scotland, vol. I, p. 171.
(5) Travels, vol. IV, p. 35. Voir aussi vol. VI, p. 344,
(6) Voyage to Guinea, p. 195. Bosman, Pinkerton Voyages, vol. XVI, p. 494, Merolla, Pinkerton voyages, vol. XVI, p. 236.
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les serpents, les arbres et la mer. Park (1) vit un arbre sur les confins de Bondou, auquel pendaient d’innombrables offrandes, principalement des chiffons. « Cet arbre présentait, dit-il, un singulier aspect, dé- « coré qu'il était d'innombrables chiffons ou bandes « d'étoffe, que les voyageurstraversantle désertavaient «attachés à ses branches. »
Chapman a vu aussi, chez les Cafres, un arbre sacré couvert de nombreux ex-voto (2).
Les nègres du Congo (3) « adoraient un arbre sa- « cré appelé « Mirrone. » Ils en plantaient ordinaire- « ment un auprès de leurs maisons comme si c'était « leur aieu tutélaire, ces païens, d’ailleurs, l’adorent «comme une de leurs idoles.» Ils placent des calebasses pleines de vin de palmier au pied de ces arbres, au cas où le dieu aurait soif. Bosman constate aussi que le long de la côte de Guinée, chaque village possède son bosquet sacré (4). À Adacoodah, Oldfield (5) vit «un arbre gigantesque, ayant douze yards et huit «pouces de circonférence. On me dit que c'était un « arbre sacré ; plusieurs flèches étaient enfoncées dans « le tronc, et à ces flèches pendaient des volailles, plu- «sieurs espèces d'oiseaux et beaucoup d’autres ob- «jets, offerts par les indigènes à cet arbre dieu. »
Dans l'Inde (6) et à Ceylan on adore le Bo (7).
(1) Travels, 1817, vol. I. p. 64, 106. Voir aussi Caillié, vol. I, p. 156.
(2) Travels, vol. IT, p. 50. Klemm cite aussi Villault, Relation des côtes d'Afrique S., p. 263, 267.
3) Merolla, Voyage au Congo, Pinkerton, vol. XVI, p. 236. Astley, loc cit, vol. II, p. 95, 97.
(4) Loc. cit., p. 399. Voir aussi Astley, loc. cit., vol. Il, p. 26.
() Expedition, vol. IT, p. 117.
6) Tree and serpent Worship, p. 56 et suivantes. (7) Ibid, p. 56.
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€ J'ai déjà fait allusion, dit Fergusson, à la cérémonie « dans laquelle Buddha plantale Räjäyatana. Le trans. « port d'une branche du Bo, de Buddh-gyàä à Anurà- « dhapura, est un des événements les plus authenti- « ques et les pius importants de l'histoire de Ceylan, « Expédiée par Asoka (250 av. J. C.), cette branche fut « reçue avec le plus grand respect par Devanampiya- « tisso et plantée au centre de l'ile dans un endroit « choisi avec soin. Là on le révère depuisplus de deux « mille ans, comme le principal et le plus important « numen » de Ceylan, et cetarbre ou son descendant « immédiat, c'est-à-dire provenant tout au moins de la «vicille souche, est encore adoré aujourd’hui. La ville « est en ruines,ses grandes dagobas se sont eflondrées; «ses monastères ont disparu; mais le Bo sacré rem- « plit encore les conditions de la légende : toujours « vert, ne croissant nine décroissant jamais, mais vivaut, maisimmortel, pour faire les délices de l'espèce
humaine. Des milliers de pèlerins viennent, chaque année, se presser dans l'enceinte sacrée où il se « trouve, pour l'adorer, pour lui demander dans leurs « prières bonheur el santé, prières plus t6E exaucées si « on les fait en sa présence. I nv a probablement
pas au monde d'idole is ancienne, Il n’y en a cer- « taïinement pas de plus vénérée. »
Quelques tribus habitant les collines de Chittagong adorent le bambou (D) En Sibérie, Les Jakuts ont des arbres sacrés auxquels Qils suspendent toutes sortes «d’'ex-voto, en ler, en euivre, ete, (2), » Les Ostiakes
(1) 1, ewin, Hültracts 6 Chutagony, pe 1 2 ® strahlenberg, Travels in Siberit, p. 381,
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