PIERRES SACRÉES INDIENNES
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«nous venons de décrire. Toutes ces pierres sont an- «guleuses etront quelque peu la forme d’un obélis- «que. Le groupe central et les deux rangées regardent «l'orient, et de ce côté elles sont peintes en blanc. «Sur cette peinture blanche, près du sommet de la «pierre, sans y toucher cependant pas plus qu'aux «côtés, est une large tache rouge dont le centre est «à son tour recouvert de noir, ce qui ne laisse qu'un «cercle rouge. Cela fait l'effet d’une large tache de «sang, et c’est là, je crois, ce qu'on a voulu repré- «senter. »
A propos de ces pierres peintes, il est à remarquer qu'à la Nouvelle-Zélande le rouge est une couleur sacrée « et le moyen de rendre quoi que ce soit tapu « (sacré) est de le peindre en rouge. Quand une per- «sonne meurt, on peint sa maison en rouge; quand «on ordonnait le tapu sur quoi que ce soit, le chef «faisait élever un poteau et peindre l’injonction avec «Je kura; partout où repose un cadavre on élève «quelque monument; souvent la pierre, le roc ou «larbre le plus proche sert de monument, mais quel ‘que soit l’objet choisi on le peint en rouge. Si le ‘cadavre est transporté par eau, partout où il a tou- «ché terre on laisse un souvenir semblable, et quand (il est arrivé à sa destination, on tire le canot sur la ‘rive, on le peint en rouge et on l’abandonne. Quand ‘le hahunga a lieu, les ossements du chef, enveloppés «un paillasson rouge, sont déposés dans une boîte «pente de la même couleur et placés dans un tom- Cheeu peint aussi en rouge. Auprès de son tombeau
« on dresse un monument de bois richement sculpté 1! «et peint de la même couleur sacrée (1). » Le rouge il est aussi une couleur sacrée au Congo (2). fi Le colonel Dalton (3) décrit une cérémonie qui ressemble beaucoup à la scène bien connue de la vie d'Élie, alors qu'il rencontra, sur le sommet du Carmel, les prêtres de Baal, prouva sa puissance et ramena Israël au culte du vrai Dieu. Les Sonthals de de l’Indoustan central adorent une haute colline appelée « Marang Boroo.» Pendant les sécheresses, ils : se rendent au sommet de cette montagne sacrée et | offrent leurs sacrifices sur une large pierre plate ; ils battent leurs tambours et prient leur dieu de leur envoyer de la pluie. « Ils agitent violemment la tête, au « point de tomber dans des espèces de convulsions, «et alors le mouvement devient involontaire. Ils « continuent à gesticuler ainsi jusqu’à ce qu’ils aper- |} « çoivent un petit nuage. Ils se lèvent alors, battent du « tambour et dansent le kurrun sur le roc, jusqu'à «ce que Marang Boroo réponde à leurs prières par || « le grondement du tonnerre, et alors ils retournent | « chez eux pleins de joie. Ils doivent se rendre à jeun «à la montagne et y rester jusqu’à ce que la pluie « semble tomber abondamment, ils reviennent alors « manger et boire. L'individu qui me donne ces ex- « plications me dit que la pluie vient toujours avant « la fin du jour. »
Les Arabes adoraient une pierre noire jusqu'au
(1) Taylor, New Zealandand the NewZealanders, p. 95. (2) Merolla, Pinkerton, vol, XVE, p. 273, (3) Trans. Ethn. Soc., vol, I, p. 35.
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LA RELIGION. 305 temps de Mahomet. Les Phéniciens adoraïent aussi une divinité sous la forme d’une pierre non taillée (1). Le dieu Héliogabale était simplement une pierre noire de forme éonique. Les Grecs ct les Romains adoraient ls pierres levées sous le nom d'Hermès ou Mercure. Les Thespiens possédaient une pierre grossière qu'ils regardaient comme un dieu et les Béotiens adoraient Hercule sous la même forme (2). Les Lapons avaient aussi des montagnes et des rochers sacrés (3).
Dans l'Europe occidentale, pendant le moyen âge, le culte des pierres est souvent condamné, ce qui prouve combien il était encore répandu. Ainsi « Théodo- «ric (4), archevèque de Cantorbéry, condamne le «culte des pierres au septième siècle; le même culte «se trouve au nombre des actes du paganisme défen- «dus par le roi Edgar au dixième siècle et par Cnut «au onzième. Un concile tenu à Tours, en 567, or- « donna aux prêtres de refuser l’entrée des églises à t toutes personnes adorant les pierres levées, et Mahé «constate que les registres des séances d’un concile «tenu à Nantes, au septième siècle, parlent du culte «des pierres chez les Armoricains. »
« Les Français, dit Dulaure (5), adorèrent des Upierres plusieurs siècles après l'établissement du (christianisme parmi eux. Diverses lois civiles et creligieuses attestent l'existence de ce culte. Un capi- (tulaire de Charlemagne, et le concile de Leptine,
(1) Kenrick, Phœnicia, p. 393.
(2) Voir de Brosse, loc. cit., p. 155.
(8) Dulaure, loc, cit., p. 50.
(4) Forbes Leslie, loc. cit., vol. I, p. 256. () Dulaure, loc cit., vol. I, p. 304,
Lussock, Orig, de la Civil.
« de l’an 743, défendent les cérémonies supersti- « tieuses qui se pratiquent auprès des pierres et au- « près des Fans consacrés à Mercure et à Jupiter. Le « concile de Nantes, cité par Réginon, fait la même « défense. Il nous apprend que ces pierres étaient « situées dans des lieux agrestes, et que le peuple, « dupe des tromperies des démons, y apportait ses « vœux et ses offrandes. Les conciles d’Arles, de Tours, « le capitulaire d’Aix-la-Chapelle, de l’an 789, et plu- « sieurs synodes, renouvellent ces prohibitions. »
En Irlande, au cinquième siècle, le roi Laoghaire adorait un pilier de pierre appelé le Crom-Cruah, que renversa saint Patrick. Les Irlandais adoraient une autre pierre À Clogher, sous le nom de Kermand- Kelstach (4). Il y avait dans le Jura (2) une pierre sacrée autour de laquelle les habitants avaient l’habitude de tourner en dansant. Dans quelques parties des Hébrides (3), le peuple « attribuait à une grosse « pierre noire le pouvoir de rendre des oracles. » « Dans chaque district de l’ile de Skye, on trouve une « pierre grossière consacrée à Gruagach ou Apollon. « Le révérend M. Mcquen de Skye dit que, dans pres- « que chaque village, une grosse pierre représente le « soleil, appelé Grugach, ou le dieu aux cheveux « blonds; il ajoute que les habitants font des libations « de lait sur ces pierres. »
En Afrique, Caillié vit, près le village nègre de N’pal, une pierre sacrée sur laquelle chacun en passant
(1) Dr Todd, Saint Patrick, p. 127.
(2) Martin, Western isles, p. 241.
(2) Forbes Leslie, loc. cit., vol. I, p. 257,
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déposait un fil tiré de son pagne en guise d’offrande. Les indigènes croient fermement que si quelque danger menace le village, cette pierre quitte sa place «et fait trois fois le tour du village pour l’'avertir(1).»
Bruce rapporte que les Abyssiniens encore païens «adorent un arbre et une pierre. » (2) Les Taïtiens
Fig. 18. — Pierres sacrées (Iles Viti).
croient en deux dieux principaux: « ils appellent (Taroataihetoomoo, ou le dieu suprème, un de ces A , LA A
«deux êtres, et l’autre, qu'ils supposent ître une «pierre, Tepapa (3). »
Aux iles Viti (4), « on voit près de Vuna des pier- «res sacrées fort grossières (fig. 18) sur lesquelles on «offre quelquefois des aliments. Une autre se trouve
(1) Caillié, vol. I, p. 26.
(2) Bruce, Travels, vol. VI, p. 343,
(3) Hawkesworth, Voyages, vol. II, p. 238.
&) Williams, Fiji and the Fijians, vol. I, p. 220,
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sur un récif près de Naloa ; une autre enfin près de Thokova, Na Viti Levu, appelée Lovekaveka, est considérée comme la demeure d’une déesse, et les
habitants lui apportent de la nourriture. Cette pierre:
ressemble à une meule noire, elle est légèrement inclinée et porte un liku (ceinture) attaché par le milieu. O Rewau demeure dans une grosse pierre, qui, comme la pierre de :{aloa, déteste les moustiques et les empêche de s’assembler près de l’endroit où il règne; il a aussi deux grandes pierres pour femmes, l’une venant de Yandua et l’autre de Yasawa. Quoique personne ne prétende connaître l'origine de Ndengei, on dit que sa mère, sous la forme de deux grosses pierres, repose au fond d’un fossé. On emploie aussi des pierres pour dénoter l'habitation de quelques autres dieux et les endroits où ils se sont reposés. Sur les côtes méridionales de Vanua-Levu, on voit unegrosse pierre qui esttombée sur une plus petite. On dit qu’elles représentent les dieux de deux villes de la côte en train de combattre, et ces deux villes, épousant la querelle de leurs dieux, se livrent depuis nombre d’années des combats incessants. » On remarque sur une de ces
pierres sacrées, dans le même voisinage, des marques circulaires ressemblant beaucoup à celles qui se trouvent sur quelques menhirs d'Europe, etc. Les habitants de Sumatra, comme je l’ai déjà dit, ont aussi des pierres sacrées.
Prescott (1) dit qu’un Indien Dacotah « ramasse une
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(1) Schooicraft, Indian Tribes, vol. II, p. 229. Lafitau, vol. Il, p. 421.
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«pierre ronde de quelque nature que ce soit, la « peint, puis s’éloignant de quelques pas de sa cabane, « il enlève le gazon sur un diamètre d’un ou deux « pieds et y place sa pierre ou son dieu comme il « l'appelle, lui offre du tabac et quelques plumes, «et prie la pierre de le défendre contre quelque « danger, dont il a rêvé, sans doute, qu’il était me- « nacé. »
Les Monitarris avaient aussi l'habitude, avant une grande entreprise, de faire des offrandes à une pierre sacrée appelée Mih Choppenish (1). Dans la Floride on adorait une montagne nommée Olaimi et les Natchez de la Louisiane avaient pour dieu une pierre conique (2).
Le culte du feu est si répandu qu’on peut le regarder comme universel. Depuis l'invention des allumettes, nous pouvons à peine nous faire une idée de la difficulté qu'éprouve un sauvage à se procurer du feu, surtout quand le temps est humide. On dit cependant que, tout récemment encore, quelques tribus australiennes ne savaient pas s’en procurer, et que si leur feu s’éteignait, ils faisaient des voyages considérables pour aller emprunter un tison à une autre tribu. Aussi dans le monde entier trouvons-nous la coutume établie de déléguer une ou plusieurs personnes, dont le seul devoir consiste à entretenir continuellement le feu. De là, sans aucun doute, l’origine des Vestales, de là aussi provient l’idée toute naturelle de la sainteté du feu.
(1) Klemm, Culturgeschichte, vol. IL, p. 178. (2) Laftau, vol. I, p. 146.
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Selon Lafitau (1), M. Huet, dans un ouvrage que je n'ai pu consulter, « fait une longue énumération des « peuples qui entretenaient ce feu sacré, et il cite « partout ses autorités, de sorte qu’il parait qu’il n'y « avait point de partie du monde connu où ce culte « ne füt universellement répandu. Dans l’Asie, outre « les Juifs etles Chaldéens, dont nous venons de parler, « outre les peuples de Phrygie, de Lycie et de l'Asie « Mineure, il était encore chez les Perses, les Mèdes, « les Scythes, les Sarmates, chez toutes les nations du « Pont et de la Cappadoce, chez toutes celles des Indes, « où l’on se faisait un devoir de se jeter dans les « flammes et de s’y consumer en holocauste, et chez « toutes celles des deux Arabies, où chaque jour, à « certaines heures, on faisait un sacrifice au feu, dans « lequel plusieurs personnes se dévouaient. Dans « l'Afrique il était non-seulement chez les Égyptiens, * qui entretenaient un feu immortel dans chaque « temple, ainsi que l’assure Porphyre, mais encore « dans l’Éthiopie, dans la Libye, dans le temple de « Jupiter Ammon, et chez les Atlantiques, où Hiarbias, « roi des Garamantes et des Gétules, avait dressé cent « autels,et consacré autant de feux, que Virgile appelle
« des feux vigilants et des gardes éternelles des dieux. « Dans l’Europe, le culte de Vesta était si bien établi, « que, sans parler de Rome et de l'Italie, il n’y avait « point de ville de la Grèce qui n’eñt un temple, un « prytanée et un feu éternel, aïnsi que le remarque « Casaubon dans ses notes sur Athénée. Les temples
(1) Lafitau, vol. 1, p. 153.
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(1) Voigt, 4 (2) Lafitau, (3) Warren Ple, luc, cit.
4] Journ. À
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«célèbres d'Hercule dans les Espagnes et dans les « Gaules, celui de Vulcain au mont Etna, de Vénus « Érycine, avaient tous leurs pyrèthes ou feux sacrés. « On peut citer de semblables témoignages des nations « les plus reculées dans le Nord, qui étaient toutes «originaires des Scythes et des Sarmates. Enfin «M. Huet prétend qu'il n’y a pas encore longtemps « que ce culte a été aboli dans l’Hibernie et dans la « Moscovie, qu’il est encore aujourd'hui, non-seule- «wert chez les Gaures, maisencore chezles Tartares, «les Chinois, et dans l’Amérique, chez les Mexicains. « Il pouvait encore en ajouter d’autres. »
Chez les anciens Prussiens, on entretenait un feu perpétuel en l’honneur du dieu Potrimpos, et s’il le hissait s’éteindre, le prêtre qui en était chargé était puni de mort (1).
Les Natchez avaient un temple dans lequel ils entetenaient un feu perpétuel (2). Les Ojibwas (3) centretenaient un feu continuel comme symbole de «leur nationalité. Leurs lois civiles, d’ailleurs, étaient «fort mélangées de croyances religieuses et de ma- «gisme.» Nous trouvons aussi au Mexique l’idée d’un feu sacré. Le colonel Mac Leod a vu le feu sacré brülni encore dans quelques vallées du Mexique méridional (4). A la grande fête de Xiuhmolpia, les prêtres etle peuple se rendaient en procession à la montagne de Huixachtecatl; alors on étendait sur les pierres du
(1) Voigt, Gosch. Preussens, vol. I, p. 582.
(2) Lafitau, vol. 1, p. 167.
(3) Warren dans Schoolcraft, los. cit., vol, II, p. 138. Voir aussi Whip-
ble, luc, cit., p. 36.
4) Journ. Ethn. Soc., 1869, p. 225 et 246.
sacrifice une malheureuse victime humaine ; le prître lui ouvrait la poitrine avec un couteau d’obsidienne, cn plaçait ensuite sur la blessure le plateau destiné à recevoir le nouveau feu, que l’on obtenait par la fric. tion (1). ;
Au Pérou (2), « les vierges äu soleil entretenaient « le feu sacré; si on le laissait s’éteindre dans le « courant de l’année, on regardait cet événement « comme une calamité présageant quelque terrible « désastre à la monarchie. »
Au Congo, on regarde aussi le feu comme sacré,
On ne peut s'étonner que le culte du soleil, de la |
lune et des étoiles soit très-répandu. Il n'offre d'ailleurs pas un caractère plus élevé que les formes de to. témisme que nous venons d'examiner. Ce culte est rare en Afrique, inconnu en Australie et dans la Polynésie,
Dans les pays chauds, on regarde ordinairement le soleil comme un être malfaisant; c’est tout le contraire dans les pays froids. Le soleil était le principal dieu des Natchez (3), des Navajos et de quelques autres tribus corgénères de l’Amérique du Nord (4). Les Comanches du Texas « adorent principalement le solei, «la lune et la terre (5).» Lafitau fait observer queles Américains n’adoraient pas les étoiles et les planètes, mais seulement le soleil (6), Les Ahts du nord-ouest
(1) Humbold!, Researches, 1824, vol. I, pp. 225, 382. Lafitau, vol. |, p. 170.
(2) Prescott, vol. I, p. 99.
(3) Roberison, America, livre IV, p. 196.
(4) Whipple, éfeport on Indian Tribes, p. 36. Lafitau, vol, Il, p. 169, Tertre, History of the Caribby islands, p. 236.
(5) Schoolcraft, Indian Tribes, vol, II, p. 127.
(6) Loc. cit., vol, I, p. 146,
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(1) Spro:
(2) Loc, « p. 194,
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(4) Loc, |
(5) Color (6) Forb (7) Klerr
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Lafitau, vol. |,
vol, I, p. 169,
de l'Amérique adorent le soleil et la lune, mais surtout cette dernière. Ils regardent le soleil comme la femme et la lune comme l’homme, et en outre comme le mari du soleil (1). On a dit que les Esquimaux du Groënland avaient coutume d’adorer le soleil; mais cela paraît douteux, et Crantz (2) le nie positivement.
Dans l'Amérique du Sud, les Coroados adorent le soleil et la lune; selon eux, la lune est le plus grand astre des deux (3). Les Abipones (4) pensent descendre des pléiades, et « quand, à certaines époques «de l’année, cette constellation disparait du ciel de «l'Amérique du Sud, ils croient que leur grand- «père est malade et ils craignent qu’il ne meure. «Mais aussitôt que ces sept étoiles reparaissent au «mois de mai, ils reçoivent leur grand-père comme «s'il sortait de convalescence, avec des cris de joie «et au son des trompettes, pour le féliciter de son «rétablissement. »
Dans l'Inde centrale, « le culte du soleil comme «divinité suprême est la base de la religion des Hos, «des Oraons et des Moondahs. Les premiers l’invo- «quent sous le nom de Dhurmi, le saint. C’est lui le «créateur et le préservateur, et en signe de sa pureté, «ses adorateurs lui offrent des animaux blancs (5). » Les Khonds, les Tunguses (6) et les Buraets (7) ado-
(1) Sproat, Scenes and studies of Savage life, p. 206.
(2) Loc, cit., vol, I, p. 196. Voir aussi Graah, Voyage to Greenland, p. 194,
(3) Soix et Martius, vol, IT, p. 243,
(4) Loc, eit., vol, IT, p. 65.
(5) Colonel Dalton, Trans, Ethn. Soc., vol. VI, p. 33.
(6) Forbes Leslie, Early races of Scotland, vol. IT, p. 496,
(7) Klemm, loc, cit., vol. III, p. 101, 109.
rent le soleil et la lune. Les Samoïèdes, dans l'Asie septentrionale, adoraient aussi, dit-on, le soleil. Dans l’Afrique occidentale, selon Merolla (1), à chaque nouvelle lune les indigènes tombent à genoux pour l’adorer, et battant des mains s’écrient : « Ainsi « puisse se renouveler ma vie comme tu renouvellesla «tienne. » Ils ne paraissent cependant pas adorer le soleil ou les étoiles. Bruce a trouvé le culte de la lune chez les Shangallas (2). Hérodote (3) rapporte que les Atarantes maudissent le soleil quand il passe au méridien.
IL est fort remarquable que les Polynésiens n’adorent pas les corps célestes. Cependant, selon lord Kames (4), « les habitants des Célèbes ne recon- « naïssaient autrefois d’autres dieux que le soleil « et la lune. » Le même culte régnait, dit-on, aussi à
Bornéo.
Telles sont les principales divinités de l’homme dans cette phase du développement des idées religieuses, Ce ne sont cependant pas là les seules. Les Scythes adoraient un sabre de fer comme symbole de Mars; «ils sacrifiaient annuellement des bestiaux et des che- « vaux en l'honneur de ce sabre ; à lui seul il recevait «plus d’offrandes que tous leurs autres dieux (5).» Dans les Sagas, la plupart des épées portent des noms spéciaux et sont traitées avec le plus grand respect. Les Vitiens « avaient aussi un respect superstitieux
(1) Voyage to Congo, Pinkerton, vol. XV, p. 273.
(2) Travels, vol. IV, p. 35, vol. VI, p. 344,
(8) Hérodote, IV, 184.
(à) History of Man, vol, IV, p. 252,
(5) Hér. IV, 62, Voir aussi Klemm, Werkzeuge und Waffen, p. 225.
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(7) The tr (8) Lafita (9) Loc, ct (10) Zbid,
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fen, p. 225,
LA RELIGION. 315 «pour certains bâtons (1); » et les nègres d’Irawo,
L ville du Yoruba occidental, adoraient une barre de
fer et faisaient en son honneur des cérémonies trèscoûteuses (2). Les Nouveaux-Zélandais et quelques peuples de la Mélanésie adoraient l’arc-en-ciel (3).
Dans l’inde centrale, comme je l’ai déjà dit, on traite en dieux une grande quantité d’objets inanimés. Les Todas adorent, dit-on, une clochette à bestaux (4). Les Kotas adorent deux plats d’argent qu'ils regardent comme mari et femme; « ils n’ont pas «d'autres dieux (5). » Les Kurumbas adorent les pierres, les arbres et les fourmilières (6). Les Toreas, are tribu des collines de Neilgherry, adorent principalement « un anneau d’or destiné à être passé «dans le cartilage du nez; cet anneau appartenait «probablement autrefcis à une de leurs femmes (7).» Selon Nonnius, l4 ‘yre sacrée chanta la victoire de lupiter sur les Titans sans qu’on ait eu besoin de la boucher (8). On a adoré aussi bien d’autres objets manimés. De Brosse cite même un cas où le roi de œur d’un jeu de cartes devint un dieu et fut adoré comme tel (9).
Selon les premiers voyageurs en Amérique, la crécelle recevait aussi les honneurs divins (10).
(1) Fijt and the Fijians, vol. I, p. 219.
2) Burton, Abeokuta, vol, I, p. 192.
3) Trans. Ethn, Loc., 1870, p. 367.
4) The tribes of the Neilgherries, p. 15.
5 Fbid., p. 114.
6 Trans. Ethn. Soc., vol. VII, p. 278.
7) The tribes of the Neilgherries, p. 67, 8) Lafitau, vol. J, p. 205.
(9) Loc. cit., p. 52, (10) Zbid., p. 211,
J'ai donc essayé de prouver què les animaux et les plantes, l’eau, les montagnes, les pierres, le feu et les corps célestes, ont tous été ou sont encore généralement adorés, quelquefois simultanément, de tell façon qu'ils ne peuvent, ni l’un ni l’autre, servir de base à une classification naturelle des religions.
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