‹ Les origines de la civilisation [microforme]Chapitre 4 sur 108 · AUS · texte numérisé non relu

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«et s’abstiennent pendant quelque temps de la chair « de certains animaux. Ils mangent principalement « du poisson et des fruits (1). »

Plus au Nord, dans la Guyane, M. Brett (2) observe que «les hommes chezles Acawoio et les Caraïbes « quand ils attendent l’accouchement de leur femme, «s’abstiennent de certaines sortes de viandes, de peur « que, s'ils venaient à en manger, l'enfant qui va naï- «tre ne s’en ressente mystérieusement. Aïnsi ils re- «poussent l’acouri (ou agouti) de peur que, comme «ee petit animal, l'enfant ne soit maigre; l’haëmara, « de peur qu'il ne soit aveugle, l'enveloppe extérieure « de l’œil de ce poisson ressemblant à une cataracte ; « le/abba, de peur que la bouche de l'enfant ne s’al- « longe en avant comme les lèvres du labba, ou qu’elle « ne soit couverte de taches comme elles, ces taches

devenant des ulcères; le marudi, de peur que l’enfantne vienne mort-né, le cri de cet oiseau étant un signe de mort. À la naissance de l'enfant, l’ancienne coutume indienne veut que le père se couche dans son hamac; il y reste quelques jours, comme s'il était malade, et y reçoit les visites de félicitations et

de condoléance de ses amis. J'ai eu occasion d’ob-

server cette coutume; un homme, en excellente santé, reposait dans son hamac, entouré de femmes «qui prenaient de lui tous les soins imaginables, «pendant que la mère du nouveau-né faisait la cui- «sine sans que personne tit attention à elle. »

Bien d’autres voyageurs,entre autres Du Tertre, Giliz,

(1) Spix et Martius, Voyages au Brésil, vol, IF, p, 247, (2) Brelt, {ndian Tribes of Guiana, p. 355,

Biet, Fermin, en un mot presque tous ceux qui ont écrit sur les sauvages de l’Amérique du Sud, confirment l'exactitude des renseignements que l’on vient de lire.

Au Groënland, après l'accouchement de la femme, « le marine doit pas travailler pendant quelques semai- « nes; ilne doit pasnon plus se livrer au commerce (1).» Au Kamschatka, le mari ne doit se livrer à aucune occupation pénible pendant les quelques semaines qui précèdent la naissance de l’enfant. La même coutume existe chez les Chinois du Yunnan occidental, chez les Dyaks de Bornéo, dans le Nord de l'Espagne, en Corse ct dans le Sud de la France, où elle s'appelle « faire la couvade.» Tout en pensant avec M. Tylor (2) que cette curieuse coutume a un grand intérêt ethnologique, je ne puis partager son opinion, quand il la regarde comme une preuve que les races qui l'ont adoptée appartiennent à une variété distincte de l'espèce humaine. Je crois au coutraire qu’elle a surgi d’une façon indépendante dans plusieurs parties du monde.

Il est bien évident qu'une coutume si ancienne,

si répandue, doit trouver son origine dans quel- M

que idée qui satisfait l'esprit du sauvage. On à essayé plusieurs explications. Le professeur Maux Müller (3), dans son ouvrage intitulé : « Chips from

a German Workshop,» dit : «Il est clair que le pau- M «vre mari à d'abord été tyrannisé par toutes ses À « parentes, puis cffrayé, et a été enfin amené à la su- |

(1) Egede, Greenland, p. 196.

(2) Loc. cit., p. 296.

(3) Chips from a German Workshop, vol, Il, p. 281,

«récrir

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