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n’ont, dit-il (1), « ni gouvernement, ni religion.
Ils n'ont ni magistrats, ni poiice ni lois; idoles, temples, culte, cérémonies religicuses, leur sont inconnus ; ils ne croient pas au seul vrai Dieu et n’adorent même pas de fausses divinités. Ils sont tous égaux; chacun fait ce qui lui plait, sans s’in-
. quiéter de l'avis de son voisin ; aussi tous les vices,
tous les crimes, restent-ils impunis, sauf toutefois q''ard l'individu offensé ou ses parents se sont fait justice à eux-mêmes et se sont vengés sur l’offenseur. Les différentes tribus ne r présentent en aucune facon des assemblées d'êtres raisonnables, qui se soumettent aux lois et obéissent à leurs supérieurs; on ne peut guère les comparer qu'à des troupeaux de porcs, qui errent à leur gré, ensemble un jour, dispersés le lendemain, pour se retrouver plus tard si le hasard les réunit.
« En un mot, les Californiens vivent, salva vent, coinme s'ils étaient libres penseurs ou matérialistes.
« Je m'enquis avec soin auprès de ceux avec qui je vivais, pour savoir s'ils croient à un Dieu, à une vie future, à l'existence de leurs propres âmes, mais je ne pus jamais découvrir la moindre trace us semblables croyances. Leur langage ne contient pas de mots pour exprimer Dieu et äme, aussi les missionnaires sont-ils obligés d'employer dans leurs sermons et dans leurs instructions religieuses les mots espagnols Dios et alma. Ce n’est guère étonnant,
(1) Smithsonian Reports, 1864, p. 390,
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« d’ailleurs, chez des hommes qui ne pensent qu'à « manger et à s'amuser, qui ne réfléchissent jamais « aux choses sérieuses, et qui se contentent de dire, « quand on leur parle de quoi que ce soit en dehors « de leurs idées étroites, aipekériri, ce qui signifie : « Qui sait cela? À ma question souvent répétée s’ils «s'étaient jamais demandé qui avait pu créer le « soleil, la lune, les étoiles et les autres objets qui « les entourent, ils m'ont toujours répondu : vara, «non. » Ils ont cependant certains sorciers qui, «oient-iis, ont un grand pouvoir sur les maladies, la petite vérole, la famine, etc., et que par conséouent is craignent beaucoup.
M. Gibbs dit en parlant des Indiens qui vivent dans ls vallées du Sacramento et du San-Joaquin : « Nous «avons questionné un des membres les plus intelli- «gents d’une de ces tribus qui, depuis trois ou quatre ans, fréquente les blancs, qui les a accompagnés « dans de nombreuses expéditions, sur ses croyances «en un Dieu, et il nous a avoué sa profonde igno- «rance à ce sujet. IL n’a jamais entendu parler non «plus d’une vie future, et quant à lui, d’ailleurs, il «v'y croit pas. La raison qu’il donne pour que ses «compatriotes n'aillent pas habiter un autre lieu caprès leur mort, comme le font les blancs, est que «es Indiens brûlent leurs morts, ce qui selon lui les Canéantit complétement (1). »
Burchell a décrit la religion des Bachapins, une
Eibu Cafre. Ils n’ont aucun culte extérieur et, autant
l'Schoolcraft, Indian tribes, vol. IL, p. 107. Lussocx, Orig, de la Civil.
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que j'ai pu le savoir ne se livrent à aucune dévotion particulière ; ils ne er’ ‘ent pas en un dieu bienfaisant, quoiqu'ils craignent beaucoup un être malfaisant appelé « Muleemo » ou «Murimo. » Ils n’ont aucune idée de la création. Même quand Burchell la leur eut expliquée, ils ne voulurent pas l'attribuer à Muleemo, mais, «affirmèrent que tout s'était fait de soi-même « et que les arbres et les berbes poussaient par leur « propre volonté. » Ils croient à la sorcellerie et à l’efficacité des amulettes (1).
Le docteur Vanderkemp, le premier missionnaire qui ait pénétré chez les Cafres, « ne put parvenir à «découvrir chez eux la moindre trace de religion ou « de l’idée de l'existence d'un Dieu. » M, Moffat, qui a vécu comme missionnaire pendant plusieurs années dans le sud de l'Afrique, dit aussi qu'ils n’ont aucune idée théologique. Le docteur Gardner (2), dansses /ieligions du monde, conclut ainsi qu'il suit: « D'après « tout ce que nous savons sur la religion des Unfres, «il semble que ceux d’entre eux qui sont encore « paiens n’ont aucune idée : 1° d'un être suprême, « maître de l'univers ; 2° d’un jour de reposs 3° d'un « jugement futur; 4° de la noirceur du péché; b° d'un « sauveur qui doit les racheter. »
Le révérend chanoine Callaway a publié récemment un ouvrage fort intéressant sur le système religieux des Aïnüzulu, dont les conceptions religieuses sont ui peu plus avancées, La première partie dece mémoire est intitulée : Unkulunkulu ou la Tradition de la créu-
(1) Travels, vol. IL, p. 550.
(à) Loc, cil., P. 260.
tion.
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LA R£LIGION. 323
tion. Il ne parait pas, cependant, que les Amazulu peusent qu'Unkulunkulu soit un créateur ou même un dieu. C’est simplement le premier homme, l’Adam Lulu. La tradition se complique d’ailleurs par le fait que, non-seulement l’ancêtre commun à toute l’humanité, mais aussi le père de chaque tribu, s'appelait Unkulunkulu, de telle sorte qu’il y a beaucoup d’Onkulunkulus ou Unkulunkulus. Aucun d’eux n’a le caractère d’un dieu; on ne leur offre ni prières ni sacrifices (1) ; en un mot, ils n'existent plus, puisqu'ils sont morts depuis longtemps (2). Unkulunkulu n’a été créateur (3) en aucune façon, et on ne lui attribue aucun pouvoir spécial (4). L'homme est sorti d'Umklanga, c’est-à-dire « un amas de roseaux », mais comment? C’est ce que personne ne sait (5). M. Calaway, d'accord avec Casalis, pense « qu’il n’est ja- «mais entré dans la tête d’un Zulu que le ciel et la «terre aient pu être l'ezuvre d’un être indivisible (6). » Un de ces indigènes pensait que les hommes blancs out fait le monde (7). Ils n’ont aucune idée d’un dieu; aucun mot pour l’exprimer (8). Un jour que Moffal essayait d'expliquer Dieu à un chef, ce dernier Sécria : « Oh ! comme je voudrais pouvoir l’attraper pour le percer de ma lance! » Et cependant ce chef était fort intelligent (9).
1) Loc, cit., pp. 9, 25, 34, 76, (2) Loc. cit, pp: 15, 33, 62.
(à) Loc, cit, p. 137.
4) Loc. cit., p, 48.
(b) Loc, cit, pp. 9, 40.
(6) Loc, cit,, pp. 54, 108,
(1) Loc, cit., p. 56,
(8) Loc, cit, pp. 107, 113, 136, (9) Loc, cit,, p. 111.
Cependant ils croient quelque peu aux êtres invisibles. Cette croyance repose en partie sur l'ombre, mais principalement sur les songes. Ils regardent l’ombre comme un“ espèce d'esprit qui accompagne le corps (ce qui nous rappelle une idée semblable chez les Grecs) et ils croient qu'un cadavre ne projette pas d'ombre (1).
L'influence des rêves est encore plus importante. Quand un homme voit en songe son père et son frère décédés, il ne met pas en doute la réalité du fait eten conclut qu'ils vivent encore. Les grandspères, ne paraissant pas en songe, n'existent plus (2).
Ils pensent que la cause des maladies est la colère des esprits de parents mécontents. Sous d’autres rapports ces esprits ne possèdent aucune puissance spéciale; bien qu'ils leur adressent des prières, ce n’est pas qu’ils les croient même immortels. Quelquefois ils supposent que leurs parents morts revivent sous la forme de serpents(3), qu’à certains signes on distingue des serpents ordinaires (4) : ceux qui, par exemple, fréquentent leurs huttes, ne mangent pas de souris, ou n’éprouvent aucune crainte à la vue de l’homme. Quelquefois on reconnait que le serpent représente un homme déterminé, en ce sens qu’il a un point de ressemblance avec le mort, une cicatrice, ou l'absence d'un œil, par exemple
Dans ces cas, on offre des sacrifices au serpent, et
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(1) Loc. cit., p. 91.
(2) Loc. cit., p. 15.
(3 Loc. cit., p. 8.
(+) Loc. cit., pp: 198, 199,
(1) Loc. cit.
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quand on tue un bœuf, on en réserve une partie pour les morts, ou Amatongo, qu’on invite au festin, pour s'assurer leur assistance ou détourner leur colère. Cependant on peut à peine donner à ces pratiques superstitieuses le nom de culte des ancêtres. | Les morts ont, il est vrai, l'avantage d’être invisibles, | mais on ne les regarde ni comme omniprésents, ni | comme tout-puissants, ni comme immortels. Ils ont mème des moyens pour anéantir les esprits désagréables (1). Les cas tels que ceux que je viens de citer sous présentent la religion dans sa forme la plus grossière ; elle consiste simplement en une croyance à des êtres méchants, moins matériels que nous, mais mortels comme nous, et qui, s'ils sont sous certains rapports plus puissants que l’homme, le sont bien moins sous beaucoup d’autres.