SACRIFICE HUMAIN A TAHITI
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ressort aux sacrifices humains, Ces sacrifices d’ailleurs paraissent si naturels dans cet état de l'esprit humain que nous les retrouvons dans le monde entier chez les peuples les plus divers ; etil estinjuste de les regarder, comme le fait Prescott (1), comme une preuve des passions les plus diaboliques ; ils indiquent au contaire un profond sentiment religieux perverti par une idée fausse du caractère de la divinité,
On fait en Guinée (2) des sacrifices humains, et Burton (3) vit, « dans la ville de Benin, une jeune femme «attachée à un échafaudage fixé au sommet d’un «grand arbre. Les vautours la dévoraient. C'était, «selon les habitants, un fétiche, ou charme, pour se «procurer de la pluie. »
Le capitaine Cook a trouvé les sacrifices humains dans toutes les îles du Pacifique (4) et principalement dans l'archipel des Sandwich (5). Il décrit (6) particulièrement un sacrifice offert par Towha, chef du dis kict de Tettaha, à Taïti, pour s'assurer la protection du dieu à l’occasion d’une expédition contre Eimeo (planche VD); il ajoute que pendant la cérémonie «un oiseau faisant du bruit dans les arbres, Otoo (le roi), «se tourna vers moi et me dit: Voilà Eatooë, le dieu. » Au Brésil on sacrifie fréquemment les prisonniers de guerre.
Plusieurs peuples de l'Inde, ontre les Khonds dont
(1) History of Mexico, vol, I, p. 68.
2) Astley, loc, cit., vol, IT, p. 113.
(3) Abeokuta, vol, I, p. 19.
4) Cook, Voyage to the Pacific, vol, TT, p. #1, 5) Loc, cit., vol. IIT, p. 161,
(6) Loc, eit., vol, IT, p. 30,
nous avous déjà parlé, avaient l'habitude de faire des sacrifices humains dans les occasions extraordinaires, Aujourd’hui même, dans différents endroits, bien que ces sacrifices soicnt défendus, ils font des statues en farine, en pâte ou en argile, et leur coupent la tête en honneur de leurs dieux (1), de même que les Romains avaient l'habitude de jeter des poupées dans le Tibre comme simulacre des sacrifices humains.
L'histoire ancieune abonde en récits de sacrifices humains. Les Carthaginois, après la défaite d’Agathoclès, brülèrent une partie de leurs prisonniers. Les Assyriens faisaient des sacrifices humains au dieu Nergal.
Bien que les Grecs dans des circonstances critiques aient eu quelquefois recours aux sacrifices humains, ces sacrifices paraissent être étrangers à la mythologie et à l'esprit de ce peuple. Il faut pour cela une théologie plus profonde et plus sombre. On les rencontre beaucoup plus fréquemment dans l’histoire romaine. En l’année 46 av. J. C. César sacrifie deux soldats sur l'autel élevé dans le Campus Martius (2). Auguste sacrifie une jeune fille nommée Gregoria (3). Trajan lui-même, quand fut rebâtie la ville d’Antioche ({), sacrifie Calliope et place sa statue dans le théätre. Sous Commode, Caracalla, Héliogabale, et quelques autres empereurs, les sacrifices humains semblent avoir été assez communs. On parait mème avoir sacrilié un
(1) Dubois, loc, cit., p. 490, (2) Dio,/7, R. XLIII; 24,
(3) Malalas, Chron., p. 221, (4) Malalas, Chron,,p, 270.
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Dans l’Europe septentrionale les sacrifices humains étaient très-communs. Le Yarl des Orkneys sacrifia, dit-on, le fils du roi de Norwége en l’honneur d’Odin en l'an 873 (3). En 993, Hakon Yarl offrit son propre fils en sacrifice aux dieux. Domald, roi de Suède, est offert en sacrifice à Odin et brülé par son peuple à la suite d’une terrible famine (4). A Upsala se trouvait un temple célèbre, et un témoin oculaire assura à Adam de Bremen y avoir vu les cadavres de soixantedouze victimes à la fois (5).
Les sacrifices humains se perpétuèrent en Russie et en Scandinavie jusqu’à l'introduction du christianisme. Au Mexique et au Pérou ils semblent avoir été particulièrement nombreux. Müller (6) cherche à l’expliquer en partie par le fait que les mœurs de ces peuples n’étaient pas adoucies par la possession d’animaux domestiques. On a estimé bien souvent le nombre des victimes humaines sucrifiées annuellement dans les temples mexicains. Müller pense que le chifre de 2500 est fort modéré et en une année seule le nombre des victimes s’est élevé à plus de 100 000.
(1) Porphyry, De Abstin. 11,56.
(2) Nat. Hist. XXX, L, 12,
(3) Snorre, Heims Kringla, 11, 31. Torfæs, Hist, Rel, Norvegicarum, 11, 52,
(4) Snorre, 1, 56.
5) Adam of Brémen, vol. IV, p. 27, (6) Geschichte der Americanischen Urreligionen, p. 23,
amp emaeper
Nous trouvons chez les Juifs un système complet de sacrifices d'animaux, sur une grande échelle, et des symboles de sacrifices humains qu'on ne peut expliquer, je crois, qu’en admettant l’hypothèse que ces dernierssacrifices étaient communs à une certaiie époque. On regarde ordinairement le sacrifice de la fille | | de Jephté comme un cas exceptionnel, mais Les ver- a. sets vingt-huit et vingt-neuf du vingt-septième chapitre du Lévitique, semblent indiquer que les sacrifices humains étaient autrefois usuels chez les Juifs (1).
Les peuples absolument sauvages n’ont ni temples
ni édifices sacrés. Il n’y avait pas un seul temple en
Amérique, saut chez les races à demi civilisées de ( l'Amérique centrale et du Pérou.
Les Stiens du Cambodge « n’ont ni prêtres ni tem-
« ples » (2). Nous chercherions en vain, dit (3) Casa-
lis, « de l'extrémité méridionale de lAfrique jusque ‘
« bien au delà les rives du Zambèze, quoi que ce soit
« ressemblant aux pagodes de l'Inde, aux marues de ti)
« la Polynésie ou aux huttes-fétiches de la Nigritie. »
Drury (4), qui a demeuré quinze ans à Madagascar, \ \
affirme que les indigènes, bien qu'ils aient des de-
meures fixes, qu'ils possèdent des troupeaux consid
rables et qu'ils soient excellents agriculteurs, «n'ont
« ni temples, ni tabernacles, ni forèts sacrées, pour Y |
« célébrer les cérémonies publiques de leur culte:
() Voir Kalisch, Commentary on the Old Testament, Lév., partie |, p. 4094
(2) Mouhot, loc, cit,, vol, E, p, 250,
(3) The Basulos,p. 237, ° (4) Adventures of Robert Drury, p. 10,
mplet de e, et des peut exe que ces aie épode la fille
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