‹ Les origines de la civilisation [microforme]Chapitre 46 sur 108 · GROUPE DE PIERRES SACRÉES DANS LE DECCAN · texte numérisé non relu

GROUPE DE PIERRES SACRÉES DANS LE DECCAN

Nigritie. »

ladagascur,

nt des de-

ux consideir, 1 ON!

tes, pour Y leur culte:

Lév., partie |

«ils ne «solen «de pr Le pi premier dans le l'Europe des hab voir des rent plu à admir:

tumulus Dans « lort diffic d'un gror probable

dre les «

quelque

{x USag lIndoust Forbes L dans la pl les dieu:

pentes lndlee, kmple, C qu'il resse

ommuns

lrontispi dlanche X

\l) Mœurs

«ils ne connaissent pas non plus les jeûnes, les fêtes «solennelles ou un jour de repos; enfin ils n’ont pas «de prêtres. »

Le professeur Nilsson a fait, je crois, remarquer le premier que certaines races enterraient leurs morts dans leurs maisons et que les tumuli à chambres de l'Europe septentrionale sont probablement des copies des habitations elles-mêmes. Nous savons que le pouvoir des chefs augmentant, leurs tombeaux devinrent plus grands et plus magnifiques; ct M. Fergusson aadmirablement démontré comment, dans l'Inde, le tumulus devint le temple.

Dans quelques cas, dans l'Inde par exemple, il est brt difficile de distinguer un groupe de pierres dicux l'un groupe de pierres temple. Il est d’ailleurs fort probable que les mêmes pierres supposées par les uns ire les dieux réels, nc sont sacrées pour d’autres, quelque peu plus civilisés, que parce qu’elles servent ax usages religieux. Les tribus les plus grossières de lIndoustan adorent les pierres levées, Mais le colonel Forbes Leslie regarde les pierres sacrées représentées lans la planche V comme un temple plutôt que comme les dieux ; un autre groupe de pierres (planche VII) peintes de la même façon, qu'il a découvert près fAndlee, dans le Deccan, est très-certainement un imple, Ce groupe présente un grand intérêt, parce quil ressemble beaucoup à ces cercles de pierres si onmuns dans notre pays et dont Stonchenge (voir le lrontispice) est le plus magnifique exemple. La thuche VI, représente (1) une danse religieuse chez

dl dœurs des sauvages américains. vol, II, p. 138.

mm to

les Peaux-Rouges Ce la Virginie. Là aussi, comme cepen nous l’avons déjà sait remarquer, nous trouvons un sujet;

cercle de pierres sacrées qui ne différent de celles de sation

l'Angleterre ou de l'Inde, que parce que sur cha- dante

que pierre est grossièrement sculptée une tête hu- dais c

maine, d'un 1

Les vrais sauvages n’ont pas de prêtres proprement mème.

dits. On pourrait, je le sais, citer bien des passages qui, d'être

à première vue, sembleraient démentir cette asser- krre «

ji] tion. Muis, sion examine avec soin les vraies fonctions et bier de ces soi-disant prètres, on trouve que le terme est Tonga | faussement appliqué et que les voyageurs n'ont sont n voulu parler que de magiciens. Quand il n’y a ni Mooas,

temples, ni sacrifices, il ne peut y avoir de rrè- Un a

tres. « beau

Les Nouveaux-Zélandais (1) eux-mêmes n’ont pas tralie

de prêtres réguliers. M. Gladstone (2) fait observer EX pend:

qu'à « aucune époque le prètre n’a été un personnage À (oarde

« fortimportant en Grèce, qu’en outre le prètre de cer. LE «cuse 1

«tain temple ou de certaine divinité n'avait aucun lieu à 4 qu'il a

« organique, autant toutefois que Les historiens de l'an- À «dée 8

«tiquité nous mettent à même d’en juger, avec le (sans

« prêtre d’un autre dieu ou d’une autre localité; de D 4 Penda « telle sorte que s’il y avait des prètres, il n’y avait ce- LS «était s

« pendant pas de clergé. » «le blar J'ai déjà insisté (p. 231) sur la grande différence D « l'idée

qu'il y a entre la croyance aux fantômes et li La ré

croyance à l'existence de l'âme. Les races mêmes as- 2 jar les

sez civilisées pour croire à l’existence de l’âme on

(1) Tayl (1) Yate,p. 146. à The ; (2) Juventus Mundi, p. 181, 3) Ellis,

Lusuock

SSL, COmMmIC Fouvons un de celles de 1e sur chane tète hu-

proprement passages qui, cette asseres fonctions le terme est ageurs NON d'ilnyan voir de prè-

nes n'ont pas

fait observer in personnage prètre de cerait aucun lien oriens de l’anuger, avec le re localité: de il n’y avait ce-

de différente ntômes ct li ces mêmes à de l'âme on

cependant des vues fort différentes des nôtres à ce sujet; les races seules arrivées à la plus haute civilisation croient à une existence universelle, indépendante, et immortelle de l’âme. Les Nouveaux-Zélandais croient détruire l'âme aussi bien que le corps d'un homme en le mangeant après sa mort (1). Ceux mêmes qui ont été convenablement enterrés sont loin d'être sûrs d'atteindre les régions heur ises de la krre des esprits. La route est longue et dangereuse, ct bien des âmes périssent sur le chemin. Aux îles Tonga les chefs sont immortels, les Tooas où peuple sont mortels; quant à la classe intermédiaire, ou Mooas, il y a grande Gifférence d'opinion.

Un ami de M. Lang (2) « essaya longtemps et avec «beaucoup de patience de faire comprendre à un Aus- «tralien, fort docile et fort intelligent, l'existence indé- «pendante de l’âme, mais le sauvage pouvait à peine + «garder son sérieux et trouvait ordinairement une ex- «“euse pour s’en aller. Un jour il le suivit et s’aperçut «qu'il allait dans un coin rire à gorge déployée de li- «dée absurde qu’un homme püt vivre et se mouvoir «sans bras, sans jambes, et sans bouche pour manger. “Pendant longtemps il ne put croire que le blanc (était sérieux, et quand enfin il en fut persuadé, plus «le blanc devenait sérieux, plus l’Australien regardait «l'idée comme ridicule, »

La résurrection du corps enseignée aux Tahitiens par les missionnaires (3) leur paraissait « étonnante »

(1) Taylor, New-Zealand, p. 101.

2?) The Aborigenes of Australia, p. 31.

3) Ellis, Polynesian Researches, vol, IE, n, 165.

Luuvock, Orig, de la Civil,

ee EP IE RE RO = a

et « incroyable ;» et «à mesure que ce sujet revint plus « souvent dans les prédications ou dans la lecture des «livres saints et qu’ils furent, par conséquent, obligés « d’y prêter leur attention et d’en faire l'application à « leurs ancêtres, à eux-mêmes et à leurs descendants, il

« leur parut entouré de grandes difficultés, pour ne

« pas dire d’impossibilités. »

Bien que les Vitiens attribuent un esprit à presque tout ce qui les entoure, peu d’esprits pour eux sont immortels; la route qui conduit à Mbulu est si longue, si hérissée d'obstacles, que bien peu arrivent à l'immortalité (1). Quant à l’Inde centrale, écoutons ce que dit le colonel Dalton (2): « Je ne grois pas que la « génération actuelle des Kols ait la notion d’un ciel «ou d'un enfer, ou si ces vérités commencent à se « faire jour chez eux, elles proviennent des enseigne- « ments brahminiques ou chrétiens. Leur vieille tra- « dition est que l’äme des morts devicnt « Bhoot » ou « esprit, mais ce changement n'implique aucune pensée « de récompense ou de punition. Quand un Ho prite « serment, il n’invoque en aucune façon une vie future, « il demande, s’il ne dit pas la vérité, à tout perdre dans «ce monde, santé, richesses, femmes, enfants; à se- « mer sans moissonner, et enfin à être dévoré par un «tigre; mais il ne jure pas sur un bonheur à veur.

: Daus son état primitif il ne conçoit aucun espoir « semblable; et je pense que presque tous les Indiens « aborigènes, bien qu'ils aient peut-être quelque vague

(1) Fiji and the Fijians, vol. I, p.247 (2) Trans. Ethn. Suv., 1867, p. 38.

« idée « auct Les |

vit au des âm qu'elle tie éloi «indou «mont.

Tonga ( une gra toutes sc «duisan cles plu «et ces cremple «serait 4 Jusque ‘parven « DIssio

Ils cro iteindre qu'ils vo crent ri “ombre, durent se ent à ré

Nous

L Dubois 2 Marine

revint plus lecture des nt, obligés oplication à cendants, il és, pour ne

t à presque eux sont imest si loneu arrivent écoutons ce s pas que la on d’un ciel nencent à se es enseigner vieille tra- « Bhoot » où ucune pensée un Ho prète ne viefuture, t perdre dans infants; à seévoré par un heur à venir.

aucun espoir 18 les Indiens quelque vagut

«idée d’une existence continue, n’ont, d’un autre côté, «aucune notion d’un jugement dernier. »

Les peuples mêmes qui supposent que l'esprit survit au corps, ne croient pas d’abord que la condition des âmes après la mort diffère matériellement de celle qu'elle avait pendant la vie. Le ciel n’est qu’une parte éloignée de la terre. Aïnsi « quelques écrivains «indous indiquent comme lieux de bonheur de hautes «montagnes situées au nord de l’Inde (1). » A Tonga (2), on suppose que les âmes vont au Bolotoo, ue grande ile située au nord-ouest, ile émaillée de butes sortes de plantes utiles et magnifiques, « pro- «duisant toujours lesfruits les plus délicieux, les fleurs es plus splendides ; et, dès que l’on cueille ces fleurs «et ces fruits, d’autres viennent immédiatement les «remplacer... L'ile de Bolotoo est si éloignée qu'il «serait dangereux pour leurs canots de s’aventurer «jusque-là, et, en admettant même qu'ils puissent y ‘parvenir, ils ne pourraient pas aborder sans la per- «mission spéciale des dieux. »

Us croient cependant qu'un canot parvint une fois à

itemdre le Bolotoo. L’équipage débarqua, mais dès qu'ils voulurent toucher à quelque chose, « Ils ne pucrent rien prendre, tout disparaissant comme une «ombre. » Aussi, sur le point de mourir de faim, ils lurent se réembarquer, et ils parvinrent heureuse nent à revenir sains et saufs.

Nous avons déjà parlé d’une croyance curieuse,

L Dubois, loc. cit., p. 485.

à Mariner, loc. cit., vol, IE, p. 108,

EE Er ne

DA

celle que chaque homme a plusieurs âmes. Elle existe daus différentes parties de l'Amérique (1) et à Madagascar. Elle prend probablement sa source dans l’idée que chaque pulsation artérielle est le siége d'une vie différente; ce qui lui donne en outre une apparence de probabilité est l’inconstance des sauvages. Les Viliens croient aussi que chaque homme a deux esprits (2). On retrouve dans l'antiquité, chez les Grecs et les Romains, des traces d’une croyance analogue (3).

Si la croyance à une vie future, chez quelques races barbares, est moins élevée que la nôtre, elle n’eu est pas moins singulièrement vive. Ainsi les anciens Bretons prêtaient ordinairement de l'argent sur ce qu'on peut strictement appeler des « post-obit, » c’est-à-dire promesse de payement dans un autre monde.

Les Vitiens croient « qu'ils renaîtront dans un au- «tre monde, dans l’état exact où ils ont quitté la «terre; aussi désirent-ils mourir avant d’avoir au- « eune infirmité (4). » En outre, comme nous l'avons déjà dit, la route de Mbulu est longue et difficile; beaucoup périssent le long du chemin, et aucune personne malade ou infirme ne pourrait espérer surmonter tous les obstacles qui le hérissent. Aussi, dès qu’un homme sent approcher la vieillesse, il notifie à ses enfants qu'il est temps qu’il meure. S'il néglige de le faire, les enfants prennent sur eux de le prévenir,

(1) Tertre, History of the Caribby Islands, p. 288, Elle existe aussi au uroënland, Muller, loc. cit., p. 66.

(2) Fiji and the Fijians, vol. I, p. 241.

(3) Lafitau, vol. IT, p.424.

(4) Fiji and the Fijians, vol. [, p. 183.

«mettre “mére 4

La fa tomb ou d’ terme assista

sister lieu. M mais,

et le je cçait ; «qu'a «cprim cecmn «ques.

«et bie «célébr «tenan «et lui «temps (y avai CM. H ‘à celle QI a) Cpour ] ‘allaien (pouvai (qu'il p «la seul “mére, «

Elle existe et à Maource dans siége d’une une appüuvages. Les a deux esez les Grecs jyance ani

elques races elle n’evu est anciens Bresur ce qu'on » c'est-à-dire nde.

dans un auont quitté la t d’avoir au-

nous l'avons e et difficile; et aucune per

espérer Sul:

nt. Aussi, dès sse, il notifie à S'il néglige de e le prévenir.

Elle existe aussi al

LA RELIGION. 373 La famille se consulte, on fixe un jour, ct on creuse la tombe. La personne âgée a le choix d’être étranglée ou d'être enterrée vivante. M. Hunt décrit dans les termes suivants une de ces cérémonies à laquelle il assista. Un jeune homme vint le voir et l’inviter à assister aux funérailles de sa mère qui allaient avoir lieu. M. Hunt accepta l'invitation etse joignitau cortége, mais, étonné de ne voir aucun cadavre, il s’informa, et le jeune homme «lui montra sa mère, qui s’avan- «çait au milieu d'eux, aussi gaie, aussi tranquille, «qu'aucune des personnes présentes. M. Hunt ex- «prima sa surprise au jeune homme et lui demanda «cemment il avait pu le tromper, au point de lui dire «que sa mère était morte, alors qu’elle était vivante «et bien portante. Il lui répondit qu'ils venaient de «célébrer le festin mortuaire et qu’ils allaient main- «tenant l’enterrer; qu’elle était vieille, que son frère «et lui avaient pensé qu’elle avait vécu assez long— «temps, qu'il était temps de la mettre à mort et qu’elle «y avait consenti avec piaisir. Il était venu trouver «M. Hunt pour lui demander de joindre ses prières «à celles de leur prêtre.

«Il ajouta qu’ils n’agissaient ainsi que par amour «pour leur mère; qu’en vertu de ce même amour ils «allaient l’enterrer, et que personne si ce n’est eux ne «pouvait remplir ce devoir sacré ! M. Hunt fit tout ce «qu'il put pour empêcher un acte si diabolique; mais da seule réponse qu'il obtint fut qu’elle était leur «mère, qu’ils étaient ses enfants, et qu’ils devaient la “mettre à mort. En arrivant auprès de la fosse, la “mère s’assit, tous alors, enfants, petits-enfants, pa-

« rents et amis lui dire tendrement adieu; les fils lui « passèrent autour du cou une corde de tapa, saisirent « les deux bouts de la corde et l’étranglèrent; après « quoi on l’enterra avec les cérémonies ordinaires (1),»

Cette coutume était si générale que, dans une villk contenant plusieurs centaines d’habitants, le capitaine Wilkes ne vit pas un seul homme ayant plus de quarante ans, tous les vieillards avaient été enterrés.

Le roi de Dahomey envoie souvent des nouvelles à son père décédé par des messagers que l’on tue dans ce but. La croyance qui inspire une telle folie réconcilie aussi les messagers à leur sort. On les traite bien pendant quelque temps, etleur mort, étant instantanée, leur cause peu de souffrance. Aussi sont-ils très-gais, parfaitement satisfaits, et ne semblent pas regarder la mort comme un malheur.

L'Indien de l'Amérique septentrionale, selon Schoolcraft, craint fort peu la mort. « Il ne craint pas de se « rendre dans un lieu, lequel, ainsi qu’il l’a entendu « dire toute s? vie, abonde en jouissances continuelles « sans aucune peine (2). »

Nous savons que les Japonais se suicident pour hi cause la plus futile, On dit qu'en Chine un homme riche condamné à mort peut toujours acheter, pour une somme modique, un remplaçant de bonne volonté.

Les races inférieures n’ont aucune idée de la créa- 1

tion, celles mêmes qui sont un peu plus avancées en civilisation n’en ont d’abord qu’une idée fort incomplète. Leurs dieux ne font pas partie de la nature tt

(1) Wilkes, Exploring Expedilion, édilion abrégée, p. 211, (2) Schoolcraft, Indian Tribes, vol. Il, p. 68,

n'en sc comme pas, à S c'est si tant an Les quand créplic «et no:

«terre «conte «cheva «se pas «maitre Le P Californ «taient « maitre « objets «pusse «gue, si Les C le mond le Grand

disent q

Caux. et I prit ul Mingos a

l Loc, ç (à Loc, Ci ë) Dunn, (4) Mulle

: les fils lui a, saisirent rent; après naires (1).

ns une ville le capitaine lus de quanterrés.

nouvelles à ’on tue dans folie récons traite bien instantanée, -ils très-gais, s regarder la

selon Schoolint pas de se 1 La entendu s continuelles

ident pour la

in homme ri-

ter, pour une e volonté.

e de la créa- À

avancées el fort incomla nature cl

n'en sont pas les créateurs. Quand leur intelligence commence à concevoir l’idée de la création, ce n’est pas, à strictement parler, une création qu’ils imaginent, cest simplement le soulèvement de la terre préexistant au fond de la mer originaire.

Les Abipones n’ont pas de théories à ce sujet: quand Dobritzhoffer (1) les questionnait : «Mon père, «répliquait franchement Yehoalay, nos grands-pères «et nos ancêtres avaient coutume de s'occuper de la «terre seule. Anxieux seulement de voir si la plaine

«contenait assez d’herbe et assez d’eau pour leurs «chevaux, ils ne s’inquiétaient guère de savoir ce qui «se passait dans le ciel, qui était le créateur et le «maître des étoiles.»

Le P. Baegert (2), en parlant des Indiens de la Californie, dit : « À mes fréquentes questions s’ils s’é- «taient jamais demandé qui était le créateur et le « maitre du soleil, de la lune, des étoiles et des autres «objets qui les entourent, la seule réponse que je «pusse obtenir était « vara», ce qui, dans leur lan- «gue, signifie « non. »

Les Chipewyans (3) pensent que dans l’origine le monde existait sous la forme d’un globe d’eau, d’où k Grand Esprit fit sortir laterre. Les Lenni Lenape (4) lisent qu’au commencement Manitu nageait sur les aux. et il fit la terre avec un grain de sable. Puis prit un arbre et en tira l’homme et la femme. Les lingos et les Ottawwaws croient qu'un rat apporta un

L Loc. cit., vol, IF, p. 59. | 2 Loc. cit., p.390, | ë) Dunn, Oregon, p. 102.

4) Muller, loc, cit., p. 107.

RE na 7 NU 0

grain de sable du fond de la mer et produisit ainsi la terre. Les Crecs (1) n’ont aucune opinionsur l’origine du monde.

Stuhr, qui, selon Müller, était un excellent observateur, nous dit que les Sibériens n’ont pas l’idée d’un créateur. Quand Burchell parla de la création aux Cafres Bachapins «ils lui affirmèrent que tout s'était « fait de soi-même et que l'herbe et les arbres poussaient «par leur propre volonté (2).» Les récherches du chanoine Callaway prouvent que les Cafres Zulu n'ont aucune idée de la création. Casalis confirme cette opinion: « Quand, dit-il, on interroge les indigènes

« au sujet de la création, ils répondent qu'ils n'ont |

« jamais pensé que le ciel et la terre pussent être l’œu- «vre d’un Être invisible (3). » 11 en est de même chez les Hottentots.

Les Australiens n’ont aucune idée de la création, La mythologie des Polynésiens euseigne que le ciel et ha |

terre existaient dès le commencement (4). La terre, cependant, resta recouverte par les eaux jusqu'à ce que Mawe pêchäât la Nouvelle-Zélande au moyen d'un hameçon enchanté (5). Ce hamecon était fait avec la mâchoire de Muri-ranga-whenna, il forme aujourd’hui le cap situé à l’extrémité méridionale de la baie de Hawkes. Les Tongans (6) ont une histoire analogue. Là ce fut Tangaloa qui pècha les iles Tonga,

(1) Franklin, Journey to the polar sea, vol, IT, p. 143, (2) Loc. cit., vol. IT, p. 550,

(3) The Basutos, p. 238,

(k) Polynesian mythology, p. 1.

(5) Zbid. p. 45.

(6) Mariner, loc. cit. vol. I, p. 284,

« mais

Cvre rt «où ell.

«trent « diameé ils, qu «lirmer «le han A Tal cet leu ecréati «même <d'arrr On ne création.

dans le | mère, Quand daà la re avait cré Chésitat «pliqua ccètres ?

«posséda «de Mat celle se

«tion, »

têté créé

() Polynes 2) Pinker (3) Pinkei

sit ainsi la ir l’origine

it observal’idée d’un éation aux tout s'était s poussaient hes du cha- Zulu n'ont firme cette s indigènes qu'ils n'ont it tre l’œu- , même chez

création. La » le ciel et la

4). La terre, x jusqu'à ce moyen d'un

t fait avec la rme aujourale de la baie stoire analoîles Tonga,

«mais sa ligne se cassa accidentellement, son œu- «vre resta incomplète, et il laissa les choses dans l’état «oùelles se trouvent actuellement. Les indigènes mon- «trent dans le rocher, un trou d'environ deux pieds de «diamètre, qui le perce complétement, c'est là, disent- «ils, que s'était fixé le hamecçon de Tangaloa. Ils af- «firment que tout récemment encore Tooitonga avait «le hameçon en sa possession. »

A Tahiti, selon Williams (1), « l’origine des dieux «et leur priorité d'existence, comparativement à la «eréation de la terre, étant chose fort incertaine, «mème pour les prêtres indigènes, il est impossible «d'arriver à savoir ce qu'ils croient. »

On ne trouve dans le sanscrit aucun mot signifiant création, et l’idée elle-même n’est mentionnée ni dans le Rigveda, ni dans le Zendavesta, ni dans Ilomére.

Quand le missionnaire capucin Merolla (2) demandaà la reine de Singa, dans l'Afrique occidentale, qui avait créé le monde, «elle répondit sans la moindre chésitation : «Mes ancètres. » — « Votre Majesté, ré «pliqua le capucin est-elle aussi puissante que ses anceêtres ?» — «Oui, et plus encore, car, outre ce qu’ils «possédaient, je suis la maitresse absolue du royaume «de Matamba ! » Réponse qui prouvait combien peu «elle se faisait l’idée de ce que pouvait être la créa «tion. » Les nègres de la Guinée croient que l'homme tété créé par une grosse araignée noire (3). D'autres

() Polynesian Researches, vol. Il, p. 191, 2) Pinkerton, Voyages, vol. XVI, p. 305, (3) Pinkerton, Voyages, vol. XVI, p. 459.

378 + ORIGINFS DE LA CIVITISATION.

nègres, cependant, se font à ce sujet des idées plus justes, qu'ils ont probablement empruntées aux missionnaires.

Les Kumis de Chittagong croient qu’un certain dieu créa le monde, les arbres et les reptiles, puis « il se « mit à l'ouvrage pour faire un homme et une femme, « construisant leur corps avec de l'argile; mais chaque « nuit, pendant que le dieu dormait, un gros serpent « venait dévorer son ouvrage du jour (1).» Le dieu créa enfin un chien, qui chassa le serpent, et il put accomplir la création de l’homme.

Le fait que les formes inférieures de religion existent indépendamment de la prière ne peut manquer de nous frapper. Pour nous la prière semble une partie presque essentielle de la religion. Mais elle implique évidemment la croyance à la bonté de Dieu, vérité qui, comme nous l’avons vu, n’a élé reconnue que fort tard.

Kolben dit, en parlant des Hottentots : «IL est parfai- « tement certain qu’ils ne prient aucun de leurs dieux «et ne prononcent jamais un mot sur l’état de leurs « âmes dans une vie future...» Les nègres mêmes, dit Bosman, qui conçoivent une divinité supérieure «ne « la prient jamais et ne lui offrent jamais de sacrifices,

« et cela pour les raisons suivantes : « Dieu, disent- |

«ils, est trop au-dessus de nous, et est trop grand pour « condescendre à s'inquiéter de l’espèce humaine, où « mème pour y penser (2).»

Les Mandingos, selon Park, pensent que Dieu «est

() Lewin, Hill Tracts of Chittagong, p. 90.

‘?) Bosman, loc, cit., p. 493.

esi L «hom «faib «sent « failli confiai plus o ligion «sonn « ni le «Man M. Pres que se] Les Ca « qu'il « Croie) «ou de Selo prient ] « faire

«main « pouc «et les «seuls

«de pri Je tre nexIon

(1) Par 2) Rich (3) Pres (4) Tert Ô) Trib

s idées plus es AUX Mmis-

certain dieu puis «il se une femme, mais chaque gros serpent » Le dieu créa 1 put accom-

religion exiseut manquer nble une par- Mais elle imnté de Dieu, éié reconnue

«Ilest parfaile leurs dieux l'état de leurs res mêmes, dit ipérieure «ne s de sacrifices,

Dieu, disent- |

op grand pour e humaine, ol

que Dieu «es

«si loin, que sa nature est si supérieure à celle des «hommes, qu'il est ridicule de s’imaginer que les «faibles supplications de malheureux mortels puis- «sent changer les décrets ou le but de la sagesse in- «faillible (1). » Ils semblent cependant avoir peu de confiance dans leur propre opinion et leur réponse la plus ordinaire, quand Park les interrogeait sur la religion et l’immortalité de l’âme, était « que per- «sonne ne sait rien à ce sujet. » « Ni les Esquimaux «piles Tinné, dit Richardson, ne prient le « Aitche «Manito, » le Grand Esprit ou «maître de la vie (2).» M. Prescott affirme aussi que les Indiens de PAmérique septentrionale ne prient pas le Grand Esprit (3). Les Caraïbes pensent que le bon Esprit « est si bon, «qu'il ne se venge mème pas de ses ennemis; aussi ccroient-ils qu'il est inutile de lui rendre hommage «ou de lui adresser des prières (4). »

Selon Metz, les Todas (collines de Nilgherry) ne prient jamais. « Le seul signe d’adoration que j'aie vu «faire même aux prêtres, dit-il, est de porter la «main droite au front en se couvrant le nez avec le «pouce, quand ils pénètrent dans l’enceinte sacrée; «et les mots : « Puissent tous se bien porter, » les «seuls que j'aie jamais entendu prononcer sous forme «de prière (5). »

Je traiterai dans un chapitre subséquent de la connexion de la morale et de la religion. Je me conten-

(D Park, Travels, vol. I, p. 267.

2) Richardson, Boat Journey, vol. IT, p. 44.

(3: Prescott. Schoolcraft, Indian Tribes, vol. IT, p, 226, (a) Tertre, History of the Caribby Islands, p. 278.

Ô) Tribes of the Neïlgherries, p. 27.

terai de faire observer ici que les dieux des races inférieures, sujets aux mêmes passions que l’homme, et dans bien des cas monstres d’iniquité, regardent le crime avec indifférence, pourvu que les cérémonies religieuses et les sacrifices en leur honneur ne soient

pus négligés. Ces races n’ont donc pas d’idée équiva- |

lente à celle que nous nous faisons de Satan. Leurs dieux sont méchants, et, à ce point de vue, mériteraient ce nom, mais le caractère essentiel de Satan est celui

de tentateur, et cette idée ne peut se produire que #

quand la morale fait partie de la religion.

Ainsi donc, j'ai essayé de retracer le développement graduel de la religion parmi les races inférieures de l'humanité.

Les dieux des sauvages les moins civilisés sont à peine plus puissants que l’homme ; ils sont méchants; ils ne se laissent toucher que par les sacrifices, et non par la prière; ils ne sont pas créateurs; ils ne sont ni

omniscients ni tout-puissants; ils ne récompensent |

pas les bons et ne punissent pas les méchants; loin de donner l’immortalité à l’homme, ils ne sont pas toujours immortels eux-mêmes.

Quand les éléments matériels de la civilisation se développèrent, sans une augmentation correspondante de savoir, comme par exemple au Mexique et au Pérou, une idée plus correcte du pouvoir divin, sans une connaissance plus parfaite de la nature divine, produisit une religion sanguinaire qui finit par devenir un terrible fléau pour l'humanité.

Mais par degrés la connaissance plus approfondie des lois de la nature éleva l'esprit de l’homme. Il sup-

posa d’ en la ti pour l” Dieu a:

avoir r crut à « chants; premier et plaça n'avoir l'exister a celle « rale à Le gérer li

Aussi ligion :

l'autre.

méchan les ténè mais to mais il l'homme Les die tantôt m des der çonné la leurs, ca punisse ls bons

Mais si eux, de

x des races e l’homme, , regardent cérémonies ar ne soient dée équivaatan. Leurs mériteraient tan est celui

roduire que À

Le développeces inférieu-

ilisés sont à nt méchants; ifices, et non ils ne sont ni

écompensent |

ants; loin de

sont pas tou- &

ivilisation se à correspon-

Mexique el ouvoir divin, jature divine, init par deve-

approfondie

omme. Il sup-

posa d’abord que la divinité avait façonné la terre, en la tirant des eaux et en avait fait un lieu habitable pour l’homme; puis il finit par concevoir l’idée que Dieu avait aussi bien créé l’eau que la terre. Après avoir regardé tous les esprits comme méchants, il cut à des dieux bons, aussi bien qu’à des dieux méchants; il subordonna graduellement ces derniers anx premiers; adora les bons esprits seuls comme dieux, et plaça les méchants au nombre des démons. Après n'avoir cru qu'aux fantômes, il en vint à reconnaitre l'existence de l’âme, et unissant enfin cette croyance à celle d’un être juste et bienfaisant, il associa la morale à la religion, progrès dont il est impossible d’exa- «rer l'importance.

Aussi pourrait-on dire que la civilisation et la relision sont solidaires, l’une n’avançant pas sans l'autre. Les Australiens croient à peine à un être méchant, mais faible, et dangereux seulement dans ls ténèbres. Le dieu du nègre est plus puissant, mais tout aussi détestable ; il est visible, il est vrai, mais il est sujet à la souffrance, mortel comme l'homme, qui peut en faire son esclave par la magie. Les dieux des insulaires du Pacifique sont tantôt bons, tantôt méchants, mais en somme on a plus à redouter des derniers qu’à espérer des premiers; ils ont façonné la terre, mais ils n’en sont pas les vrais créateurs, car l’eau et la terre existaient avant eux; ils ne punissent pas les méchants et ne récompensent pas ls bons; ils s'intéressent aux affaires des hommes; mais si d’une part la magie n’a aucun pouvoir sur eux, de l’autre, la prière n'a pas non plus d'influence;

= MAAERAR ERA

=: Erprenes “+2 Ex à T TERRE Te:

PRIE RME Te mp eh Se

RE aan

Tes

ils exigent une part du butin et des moissons de leurs adorateurs.

Il semble donc que tout pas en avant, fait par la science, amène une épuration correspondante dans la religion. Ce progrès n'existe pas seulement dans les races inférieures. Pendant le dernier siècle même, la science a purifié la religion de l’Europe occidentale, en extirpant cette sombre croyance à la magie, cause de milliers d’exécutions, qui souillent le christianisme du moyen âge.

On n’a pas, jusqu'à présent, estimé à sa juste valeur l'immense service que la science a ainsi rendu la cause de la religion et de ‘humanité. Bien des per: sonnes à l'esprit excellent, mais étroit, pensent encore que la science est hostile à la vérité religieuse, quand, au contraire, elle n’est hostile qu’à l'erreur religieuse. Sans aucun doute, elle s’est toujours opposée à ceux qui soutiennent des assertions contradictoires, en les revètant du nom de mystères, et elle ne comprend que la conception la plus épurée de la puissance divine. Mais le temps est proche où l’on comprendra que la science n’est pas contraire à la religion, et qu’en un mot, la vraie religion est impossible sans la science. Considérons un instant les différents aspects que présente le christianisme chez les différents peuples qui le pratiquent, et nous verrons certainement que la dignité et, par conséquent, la vérité de leurs croyances religieuses, est en rapport direct avec leur état de progrès dans la science et leur connaissance des grandes lois

physiques qui régissent l’univers,

| Les des ra satisfai

des op ment s un seul (sont :

«quelle D'un a d'iles le le reçu de l’hos dhui, ca bnde h Sa vigila massacr.

tul emj

il) La Pér

s de leurs

fait par la ate dans la nt dans les e même, la ccidentale, agie, Cause iristianisme

sa juste vainsi rendu à ien des pernsent encore euse, quand, 1r religieuse.

s6e à CEUX qui ss, en les remprend que Lance divine.

endra que la w’en un mo,

cience. Con-

que présente s qui le prûue la dignité oyances reli-

at de progris

s grandes lois

Page 1