‹ Les origines de la civilisation [microforme]Chapitre 49 sur 108 · RER · texte numérisé non relu

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« ser,» Aussi, bien que leur langue contienne des termes pour désigner presque toutes les vertus et presque tous les vices, semblerait-il résulter du passage cité plus haut qu’ils ne comprennent pas la portée morale de ces mots. Il faut ajouter, cependant, que la preuve n’est guère coneluante, car M. Casalis, dans le même chapitre, exprime une opinion presque con-

traire.

Les mêmes remarques s'appliquent à l'Afrique centrale. Ainsi, à Jenna (1) et dans les autres districts environnants, « dès qu’une ville se trouve « privée de son chef, les habitants ne reconnaissent « plus aucune loi; l’anarchie, la confusion, les que- « relles commencent immédiatement, et tout travail « cesse jusqu'à ce qu'on ait choisi un nouveau chef,

« Les plus forts oppriment les plus faibles et com- {

« mettent toutes scrtes de crimes, sans qu’on puisse « les citer devant un tribunal pour répondre de leurs « actes, On ne respecte plus les propriétés, et il ar- « rive souvent qu'avant la fin de ces désordres une

« ville, jusque-là florissante et heureuse, se trouve |

« réduite à toutes les horreurs de la désolation. «

Les Tongans, ou indigènes des îles des Amis, |

ont, sous beaucoup de rapports, fait de grands pro-

grès ; cependant Mariner (2) affirme que «si on exa- |

« mine avec soin leur langage, on ne peut découvrir « de mots exprimant distinctement les plus hautes « qualités de l’homme, telles que la vertu, la justice,

« l'humanité; ni les contraires, tels que le vice, l'in- #

(1) R. and J, Lander, Niger expedition, vol, [, p. 96. (2) Tonga islands, vol, IT, p. 147,

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« justice, la cruauté, cte. Ils possèdent, il est vrai, « des mots pour exprimer ces idées, mais ils s’appli- « quent également aux choses. Ils disent, par exemple,

« pour indiquer un homme vertueux tangata lillé,

ou tangata loto lillé, un homme à l'esprit ver- «tueux; mais le mot {llé, vertueux, s'applique également à une hache, à un canot ou à quoi que

« ce soit. Ils n’ont, pour exprimer humanité, miséri- « corde, ete., que le mot a/u, qui signifie plutôt . amitié, et qui s'emploie dans les salutations. »

M. Campbell constate que les Soors (une des tribus iborigènes de l’Inde) «sont, comme tous les Santals, « petits et très-noirs, paisibles et industrieux; mais, « pas plus qu'eux, ils n'ont de sens moral (1).»

Je ne me rappelle pas un seul exemple d’un sauvage ayant montré quelque symptôme de remords. Le seul cas que je puisse citer où un homme appartenant à une race inférieure ait expliqué un acte, en lisant explicitement qu'il était juste, est celui de ce june Vitien, quand M. Hunt lui demanda pourquoi l'avait tué sa mère (2).

IL'est clair que la religion, sauf chez les races trèsavilisées, n’a aucune portée, aucune influence morale, Les dieux ne sont-ils pas presque toujours méchants ?

Aux iles Viti (3) «les noms des dieux indiquent «leur caractère. Ainsi, Tunambanga signifie l’adul- «ttre ; Ndauthina, celui qui enlève les femmes ri- “ches et belles pendant la nuit ou à la lumière des

1) G. Campbell, The Ethnology of India, p. 37. (2) Wilkes, Voyage, p. 95.

3) Fiji and the Fijians, vol. I, p. 218,

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torches; Kumbunavanua, le querelleur; Mbatimona, le bretteur; Ravuravu, le meurtrier; Mainatavasara, celui qui sort d’une tuerie, et ainsi de « suite pour une quantité d’autres, »

Le caractère des dieux de la Grèce nous est familier, et il était loin d’être moral. De tels dieux ne devaient certainement pas récompenser le bien et punir

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