‹ Les origines de la civilisation [microforme]Chapitre 61 sur 108 · CE · texte numérisé non relu

CE

Trois Naes-netat. Le

Quatre Naes-naes. ei

‘Cinq Naes-naes-netat. « di

SIX Naes-naes-naes. st

M. Beveridge (1) dit, en parlant des tribus habitant cet

le cours inférieur du Murray : « Ils n'ont que deux FA

« adjectifs numéraux, « ryup » et « politi »; ryup si- pe

« gnifie «un », politi « deux. » Pour exprimer cinq, “02

«ils disent « ryup murnangin », ou une main, et pour te « exprimer dix, «politi murnangin », ou deux mains.» «idé Aucun Australien, d’ailleurs, ne peut compter au delà ctiqp de quatre, le terme exprimant cinq impliquant l'idée Clan de grand nombre. Les Dammaras, selon Galton, n'em- Ÿ pér ployaient aucun terme au delà de trois. Ce voyageur * ls fait un récit si complet, et en même temps si amusant, (Onst des difficultés que présentent le laugage et l’arithmé- à l'êtr Cpéel (1). Trans. of the Royal Soc, of Victoria, vol, VT, p. 151. (1) G:

de l'étude système de inte, d’ailraces saut mème pas

suvaient pas s constatent es habitants ime suit :

ribus habitant nt que deux ti»; ryup siprimer cinq, main, et pour deux mains.»

mpter au delà liquant l'idée Galton, n'em- , Ce voyageur ps Si amusant,

et l'arithmt- |

tique des Dammaras, que je ne peux résister au désir de le citer en entier. «11 nous fallait, dit-il (1), cnous en rapporter à nos guides Dammara, dont les «idées de temps et de distance sont extrèmement in- «distinctes; en outre, leur langue ne contient pas de «comparatif; de telle sorte que vous ne pouvez leur «dire : « Quelle est l'étape la plus longue, la der- «nière ou la prochaine? » 11 faut donc leur dire : « La «dernière est petite; la suivante est-elle grande ? » «Ils ne vous répondent pas elle est « un peu plus lon- «gue» où «beaucoup plus longue, » mais simple- «ment « c’est cela », ou « ce n'est pas cela. » Ils ont «fort peu d'idée du temps. Si vous leur dites : « En «supposant que nous partions au point du jour, où «sera le soleil quand nous arriverons ? » ils vous in- «diquent les poiuts les plus extraordinaires du ciel, «et cependant ils ont quelques notions d'astronomie «et donnent des noms à plusieurs étoiles. Ils n’ont «aucun moyen de distinguer les jours et comptent «par saisons pluvieuses, ou saisons des noix. Quand «on leur demande à combien de jours de marche on «se trouve d’un endroit, leur ignorance de toutes «idées numériques est fort incommode. Dans la pra- «tique, quels que soient les termes que possède leur «langage, ils n’emplaient pas d’adjectif numéral su- «périeur à trois. Quand ils veulent arriver à quatre, Qils font usage de leurs doigts, qui sont pour eux un

instrument de calcul aussi formidable que pourrait «l'être une machine à calculer pour un écolier euro- «péen. [ls sont perdus quand il faut dépasser cinq,

(1) Galton, Tropical South Africa, p. 132.

car ils n’ont plus alcrs de main libre pour saisir les unités. Cependant ils perdent rarement uu bœuf; ils s’aperçoivent de la perte de l’un de ces animaux, non pas parce que le troupeau a diminué en nombre, mais parce qu'il leur manque une figure de connaissance. Quand on leur achète des moutons, ils vendent chacun d'eux séparément, Ainsi, supposons que deux rouleaux de tabac soient Le prix d'un mouton, ce serait fort embarrasser un Damimara que de prendre deux moutons et de Lui donncr quatre rouleaux. Je l'ai fait un jour ; l'homme mit de côté deux des rouleaux et regarda un des moutons, Convaincu que l’un des deux était payé, il vit, à sa grande surprise, qu'il lui restait exactement deux rouleaux dans la main, prix du second mouton; mais alors le doute lui vint, la transaction lui semblait trop simple pour qu'elle fût correcte, et il reprit les deux premiers rouleaux; il se trouva culin tellement embarrassé, regardant lantot les moutons, tantôt les rouleaux, qu'il rompit le marché ct qu'il nc voulut le conclure que quand je lui mis deux rouleaux dans la main et emmenai un mouton, puis, je lui donnai les deux autres rouleaux et emmenai le second mouton, Quand un Dammara pense aux nombres, son esprit est trop occupé pour qu'il puisse en même temps songer à la quantité; ainsi on achète un bœuf, dont Le prix est de dix rouleaux de tabac; le vendeur étend ses larges mains par terre et on place un rouleau sur chaque doigt. Il rassemble le tabue, la masse qu’il forme lui plait et le marché est conclu, Supvosez que vous vouliez

(Cac (OF «de «ll « da «ler « | «ma « mo «bar dou « bas «son ren man { du L

«dem

« trop

(( chie

(Son À Dans compte plupar le puiss

leauco

timbre

Com pte

de y]

bador

le e]

il des P

jour saisir t un bœuf; animaux, é el HOMfigure de s moutons, nsi, SUpPPOe prix d'un Damimara lui donner mine mit de es moutons.

il vit, à sù ement deux nd mouton; ion lui semcte, et il retrouva enfin dt les moue marché el d je lui Inis j un moulol, leaux et eninara pense pé pour qu'il Lantité; ainsi dix rouleaux g mains pur ique doigt. Il ie ui plait ul vous vouliez

LANGAGE. 431 «acheter un second bœuf; on procède à la même «opération, mais, cette fois, vous ne mettez que des «demi-rouleaux au lieu de rouleaux sur ses doigts; «l'homme est également satisfait, quelquefois cepen- «dant il finit par s'en apercevoir et s’en plaint le «lendemain.

«Un jour que j’examinais près de moi un Dam- «mara absolument perdu dans ses calculs, je vis à «mon autre côté ma chienne Dinah également em- «barrassée. Elle examinait attentivement une demidouzaine de petits chiens qu’elle venait de mettre «bas et qui lui avaient été enlevés deux ou trois fois; «son anxiété était excessive, car elle essayait de se “rendre compte si tous étaient présents ou s’il en «manquait encore. Elle était là, inquiète, les couvant «du regard, sans pouvoir arriver à une solution; évi- «demment elle voulait compter, mais le chiffre était «top élevé pour son intelligence. Or, considérant «chien et Dammara, je dois dire que la comparai- (son faisait peu d'honneur à l’homme. »

Dans le monde entier on se sert des doigts pour compter, et, bien que les termes numériques de la plupart des races soient si défigurés par l’usage qu’on ie puisse plus reconnaitre leur signification originelle, beaucoup de tribus sauvages emploient pour noms de timbres les expressions dont ils se servent pour compter sur leurs doigts.

Je viens d’en donner un premier exemple, Au La-

| \e : re 4 . + 1" . . s

idor «Tallek, » main, signifie aussi «cinq », et le ‘ne employé pour vingt signifie l’ensemble des mains

des pieds,

Les Esquimaux du Groënland (i) pour exprimer « de:

vingt disent «un homme », c’est-à-dire autant de doigts : j à Ë A ÿ Æ ‘(1 « de mains et de pieds que possède un homme; puis, {

« à ce nombre rond ils ajoutent autant de doiets qu'il | | «est nécessaire, Pour exprimer cent, ils disent ne | h ; c {so « cinq hommes ». Mais la plupart d’entre eux ne sont 4 Fe

« pas si profonds arithméticiens, aussi quand le nom- ‘ | s

« bre est supérieur à vingt, disent-ils qu'il est innom- À L ee

« brable, » | si “

M. Sproat (2) dit, en parlant des Ahts: «Il est à re- 8 >

« marquer que le mot qu’ils emploient pour exprimer " de

«un » se retrouve dans les mots signifiant «six » ct ca

« neuf, » et le mot «deux » dans «sept» et «huit.» À La

pied

« Les Indiens Ahts comptent sur leurs doigts. Sauf He « quand le contact avec la civilisation leur a fait faire bis ' « quelques progrès, ils comptent toujours en levant a F h « Les mains, la paume en l'air, et les doigts étendus: ! es

«ils ploient chaque doigt à mesure qu’il a servi pour 8

Chez

« l’énumération. Is commencent par le petit doigt,

il «nn

« Ce petit doigt signifie done « un ». Or six est cinq, À : . un

« c’est-à-dire une main entière, plus un. Il est donc À W, Di À ui, D

« facile de comprendre pourquoi leur mot six ren-

lt: cu

« ferme le mot «un». Septest cinq, une main entière, f

‘rentes quatre smple

« plus deux, aussi leur mot sept renferme-t-il Le moi

« deux. Enfin, quand ils ont abaissé le huitième doigt,

| « l'aspect le plus remarquable de la main est que deux | IN $

« doigts, le pouce et l'index, restentétendus, Orleterne Re, :

« Aht » signifiant huit, renferme « atlah » siguiliunt f

Mn (IT 1, re

Mains,

(1) Grant, Mist, of Greenlaid, vol, T, p, 295, h

(2) Scenes and Studies of sauvage life, p, 121, uubl

: Brett.

&UBEH CE

exprimer it de doigts ne; puis, doigts qu'il

ils disent eux ne sont and le nom- Lestinnom- À

«I est à re-

ur CXPrHNET

ant «six » et

» et huit.»

, doigts. Saui

ur à fait faire

rs en levant #

igts étendus; 4 La servi pour e petit doigt. | r six est cn, # un, H est donc 1 M mot Six l'ED- f main entière, ne-t-il Le mot } uitième doigt, f Lu est que deux lus. Or le terne à ah » siguiliant

dr

LANGAGE. 433 «deux. Je crois qu’en voici l'explication : « huit» est dix ou deux mains entières moins deux. Quand ils cabaissent le neuvième doigt, le pouce seul reste étendu. Le terme neuf comprend done le mot ctsowwauk, » signifiant «un. » Neuf est dix, ou deux .maius entières, moins un. »

Les Indiens Zamuea et Muysca (1) ont un système le numération incommode, mais intéressant. Pour äq ils disent : @ main finie ». Pour six « un de l’autre main », c'est-à-dire, prendre un doigt de l'auie main; pour dix, « deux mains finies », on quelmelois plus simplement « quicha », c’est-à-dire pied ». Onze se dit pied-un; douze, pied-deux ; teize, pied-trois, et ainsi de suite; vingt, « pieds lis », où quelquefois «homme », parce qu'un homne a dix doigts aux mains et dix aux pieds, faisant u tout vingt.

Chez les Jaruroes le terme signifiant quarente s «noenipume », c’est-à-dire deux hommes, de weni », deux, et « canipune », hommes.

M. Brett (2), parlant des indigènes de la Guyane it: «un autre point sur lequel s'accordent les diffé rentes tribus est leur méthode de numération. Les «quatre premiers nombres sont représentés par de

smples mots comme dans latable ci-dessus donnée.

Uinq se dit «une main », abar-dakabo en arawäk.

Puis vient une répétition de abar-temen, biant ti-

non, ete, jusqu'à neuf. Zram-dakabo, «mes deux

mans, » dix. De dix à vingt ils emploient les doigts

Eu nbolit, Personal rescarcnes, voi, Il, p. 117, : Brett, Zndian Tribes of Guiana, p. 417.

LUE Ck, Qrg, de la Civil, 28

« de pied (futi ou ofuti), abar-kuti-bana, «one». « biam-kuti-bana, « douze », ete. Pour vingt abar- « loko, un loko, ou homme. Puis ils comptent par «hommes ; ainsi, pour exprimer quarante-cinq il leur « faut dire : biam-loko-abar-dakabo-tajeago, « deux « hommes et une main de plus. » Pour les nom- « bres plus élevés ils se servent aujourd'hui de nos « termes cent et mille ». Chez les Caraïbes aussi le mot exprimant dix, « Chonnoucabo raim », signilie littéraiement, les doigts des deux mains; et le mot exprimant vingt, « Chonnougouci raim, » les doigts des mains et des pieds (1).

Les Coroudos (2) ne comptent ordinairement que

parles jointures des doigts et, par conséquent, jusqu'à trois seulement. Ils expriment par le mot « mony» tous les nombres plus élevés.

Selon Dobritzhofler (3), « quanidon questionne les « Guaranies sur un nombre supérieur à quatre, ils ré- « pliquent immédiatement endipapahabi», ou «ndipn «pahai», c’est-à-dire, cinnombrable» .Les Abipoues!! « mont que trois mots pour exprimer les nombres: « lhitira, un; /ñoaka, deux; oaka yehkaëni, rois, «Ils emploient différents moyens pour exprimer les «autres nombres ; ainsi, geyenk naté, les doigts d'ui « ému, signifie quatre, l’ému à en effet quatre doigts <acenhalck, magnifique fourrure (achetée de cinq «couleurs différentes, signifie cinq. //arcmbegon, «les doigts d’une main, signifie einq3; landm rihc-

1) Tertre, History of the Caribbi Elands,.

Spix and Marius, Travels in Brazil, vol, IF, p, 255,

3) story of tie Abipones, vol, IE, p, 171, à) Loc, ci”, p, 169,

Sign «lin dans diale

Page 1