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venger eux-mêmes. Or, comment y amener le peuple, si lechâtiment infligé par la loi était moindre que celui que la coutume permettait à la victimed’infliger ellemème ?
Subséquemment, quand le châtiment remplaça la compensation pécuniaire, on appliqua d’abord lamème règle et on ne fit aucune distinction pour l'intention. Que dis-je? On avait négligé intention depuis si longtemps, que bien qu’elle entre aujourd’hui en ligne de compte devantnos cours criminelles,cependant,comme M. Bain le fait remarquer (1) «bien desgens, et même
«des gens instruits, attachent encore une tache morale «à une erreur intellectuelle. »
La condition sociale de nos ancètres, à une époque
depuis longtemps écoulée, influence encore en ceci, comme en beaucoup d’autres choses, nos idées et nos coûts. J'ai essayé, dans cet ouvrage, d’indiquer cette condition sociale, car je crois que la condition des «uvages actuels représente fidèlement les différentes phases par lesquelles a passé la race humaine. L’hisvire de l'humanité, j'en suis persuadé, n’a été qu'un lng progrès. Je ne prétends pasdire, bien entendu, que butcs les races font nécessairement des progrès; au
contraire, la plupart des races inférieures sont presque ationnaires ; beaucoup de nations, sans aucun doute aussi, ont dégénéré. Mais on pourrait presque établir mme axiome que les races qui ont dégénéré dispa- “issent; que celles dont l’état social restestationnaire, laugmentent pas en nombre; et que les nations, au cou-
l) Mental and moral scisnce, p. 718.
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traire qui font chaque jour de nouveaux progrès en civilisation s’augmentent aussi considérablement,
En résumé done, bien que je ne prétende pas dire que quelques nations n’ont pas dégénéré, je les regarde comme des exceptions. Les faits et les arguments discutés dans cet ouvrage nous permettent, je crois, de conclure ainsi que suit:
Les sauvages actuels ne sont pas les descendants d’ancètres civilisés.
La condition primitive de l’homme était un état de barbarie absolue.
Plusieurs races se sont élevées au-dessus de cet état.
Ces conclusions découlent, je crois, de considérations strictement scientifiques, nous les adopterons avec d'autant plus de plaisir, qu’elles nous font entrevoir un plus brillant avenir.
Dans le dernier chapitre de « l'Homme avant l'histoire » tout en admettant les charmes que présentent la vie sauvage, j'ai essayé d'indiquer les immenses avantages qui sontles nôtres. Je me contenterai d’ajou-
ter ici que sil'histoire de l’humanité ne représente que À
dégénération, nous ne pouvons avoir que peu d'espoir de progrès futurs. Si, au contraire, le passé ne représente qu’un long progrès, nous pouvons espérer qu'il en sera ainsi de l’avenir; que les bienfaits de la eivilisation se répandront, non-seulement sur d’autres pays
et sur d’autres nations, mais qu’ils pénétreront plus |
avant au milieu de nous; de telle sorte que nous ne verrons plus toujours, comme aujourd’hui, un grand
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