‹ Les origines de la civilisation [microforme]Chapitre 69 sur 108 · EXTRAIT D'UN MÉMOIRE LU DEVANT L'ASSOCIATION BRITANNIQUE A DUNDEE · texte numérisé non relu

EXTRAIT D'UN MÉMOIRE LU DEVANT L'ASSOCIATION BRITANNIQUE A DUNDEE

Parallèlement aux différentes opinions sur l’origine de l'homme, se trouvent deux théories opposées sur la condition primitive des premiers hommes, ou des premiers êtres dignes de porter ce nom. Bien des écrivains pensent que l’homme était d’abord un simple auvage, que toute son histoire n’est qu’un long progès vers la civilisation, bien que quelquefois, et quelquefois pendant des siècles, quelques races soient Dustécs stationnaires ou aient même rétrogradé. D'autres auteurs, non moins éminents, soutiennent ne théorie diamétralement opposée. Selon eux, ‘homme a été dès le commencement à peu près ce qu'il est aujourd'hui, un peu plus ignorant, sans doute, pour tout ce qui a trait aux art: et aux sciences,

k70 ORIGINES DE LA CIVILISATION.

mais ses qualités intellectuelles, disent-ils, n’étaient pas alors inférieures aux nôtres. Ils ajoutent que les

sauvages actuels ne sont que les descendants dégénérés d’ancêtres civilisés. Le feu archevèque de Du- 8 du blin se trouvait au nombre des défenseurs les plus #4 fa éminents de cette théorie. La Le docteur Whately exprime son opinion en ces SN d'ai | termes (1) : | faci « Nous n’avons aucune raison pour croire qu’une JS qu « tribu, quelle qu’elle soit, ait jamais pu passer, sans Je «vil « aide extérieure, d’un état de barbarie absolue à ce &N ndi « qu'on peut appeler la civilisation. L’homme n'a diate « pas commencé par l’état sauvage ; dans toute tribu, tait « la civilisation n’a pu progresser qu’à condition que bour' « le point de départ ait été fort éloigné de la barbarie ÆS que « complète, car les hommes ne paraissent pas pou- Æ uv:

« voir s'élever au-dessus de cet état quand ils y sout dant

| « plongés. » Loti dé Ainsi, ajoute-t-il, « on ne peut guère appeler sau-8 « :

« vages, dans toute l’acception du mot, les anciens « dar

« Germains, qui cultivaient Le blé, bien que leur agri-ÆS «sin « |

« culture fût probablement très-grossière; qui, non- ç « seulement avaient de nombreux troupeaux, mais « employaient des animaux domestiques et se ser- « vaient même de cavalerie dans leurs guerres; 0 « bien, si on les appelle sauvages (car il est inutile « de se quereller pour un mot), je suis alors prêt à « admettre que, partis de ce point, de tels sauvages « peuvent passer, sans assistance extérieure, de l'état

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(1) Whately, Political economy, p. 68, En

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«sauvage à l’état civilisé. » Cette limitation du terme «sauvage » aux représentants les plus infimes de l'espèce humaine rend, sans aucun doute, la théorie du docteur Whately plus facile à soutenir, car la diffculté de soulever contre elle des arguments décisifs

D sen trouve de beaucoup augmentée. L’archevèque,

d'ailleurs, poursuit son argumentation comme s’il était hcile de produire les preuves contraires, en supposant qu'une race sauvage se soit jamais élevée à l’état de divilisation. Mais la façon dont il parle des Mandans, Indiens de l'Amérique septentrionale, détruit immédiatement cette hypothèse. Ce malheureux peuple (tait, dit-on, bien plus civilisé que tous ceux qui l’enbouraient. N'ayant donc pas de voisins plus avancés que lui, on a cité les Mandans comme un exemple de sauvages qui se sont civilisés d’une façon indépendante. L’archevèque Whately, en réponse à cette aswrtion, fait Les questions suivantes :

« 1° Comment pouvons-nous savoir que ces Man- «dans appartenaient à la même race que leurs voi- «sins ?

« 20 Leur état de civilisation n’est-il pas le niveau «de civilisation primitive d’où sont tombées les autres ctribus ?

« 3° Et enfin, en supposant que les Mandans soient “partis de l’état sauvage, ne se peut-il pas que ce «soit à l’aide des conseils de quelques étrangers venus «au milieu d’eux, comme le Manco-Capac du Pérou, «de quelque pays civilisé longtemps, peut-être, avant (l'époque de Colomb ? »

En supposant pour un instant, et pour les besoins de

k72 ORIGINES DE LA CIVILISATION.

la discussion, que les Mandans, ou toute autre race originairement sauvage, se soit civilisée, il est absolument impossible, d’après la nature même du cas, de répondre d’une façon probante aux questions du docteur Whately. Sans aucun doute, il peut affirmer «qu'il n’y a pas d'exemple écrit qu’une tribu sau- « vage, dans toute l’acception du mot, soit parvenue « à l’état civilisé sans avoir reçu instruction et assi- « stance d’un peuple déjà civilisé. » Déclarant tout

d’abord qu’un peuple vraiment sauvage ignore l’em-

ploi des lettres, imposant comme condition qu'aucun rapport avec un peuple civilisé ue lui soit permis, l'existence d’un document écrit est une impossibilité:

sa présence même en détruirait la valeur. Dans un

autre passage, l’archevèque Whately dit : «Si l’homme « en général, ou quelque race en particulier, est ca- « pable de se civiliser par soi-même, on peut satten- « dre, dans les deux cas, à ce qu’un événement si im=

« portant ait laissé des traces soit dans des documents 4

« écrits, soit dans la tradition, soit dans un monu- « mentquelconque.» Mais, bien au contraire, une trace semblable, d’après l'hypothèse même, est impossible. Les traditions sont de courte durée et ne sont guère dignes de foi. J'avoue que je ne puis concevoir quel «monument » pourrait indiquer le fait d’une race capable de se civiliser par elle-même. Quelle sorte de monument l'archevêque accepterait-il comme preuve que

le peuple qui l'a élevé était originairement sauvage, et qu’il s’est civilisé de lui-même sans avoir été in-$

fluencé par le contact d’une race supérieure ? Mais, dit l’archevèque Whately, « nous connais-

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«sons, dans différentes parties du globe, bien des «sauvages qu'on a visités à de longs intervalles, «mais qui n’ont pas eu de rapports constants avec «les peuples civilisés, et qui paraissent, autant qu’on «en peut juger, rester absolument dans le même état «de barbarie; » et il cite comme exemple les indi- ‘nes de la Nouvelle-Zélande, qui « paraissaient être

«dans un état tout aussi avancé quand Tasman a dé- «couvert le paysen 1642, qu'ils l’étaient quand Cook des a visités cent vingt-sept ans plus tard. » Nous sommes si habitués à voir autour de nous des progrès npides, que nous oublions trop facilement quelle wurte période est un siècle dans l’histoire de l’humanité. En admettant même la chronologie ordinaire, est évident que si, en six mille ans, une race donnée,

Brutie de la barbarie absolue, n’en est arrivée qu’à

létat où se trouvent les Australiens, on ne peut s’at-

tendre à trouver de grands changementsen un siècle,

Bien des villages de pêcheurs, sur nos propres côtes, se

touvent encore dans la condition où ils étaient il y

icent vingt-sept ans. Je pourrais, en outre, me trouver

on droit de répondre que, d’après la délinition même le l'état sauvage faite par l'archevêque Whately, il hut certainement exclure les Nouveaux-Zélandais. Il ultivaient le sol, ils avaient des animaux domestiques, ils construisaient de magnifiques fortifications, t faisaient d'excellents canots et n'étaient certaine-

nent pas dans un état de barbarie absolu. Je pour-

nis soutenir enfin que Tasman, dans un séjour si

peu prolongé, n’a pu juger sainement de la condition

taie de ce peupie. Mais je suis d'autant moins dis-

: ne RE ae à 2 x Se

474 ORIGINES l'E LA CIVITISATION.

posé à discuter le dire de l'archevêque Whately, que le fait que beaucoup de races sont actuellement dans un état stationnaire, est en réalité un argument contre la théorie de la dégradation et non pas contre celle du progrès. Les races civilisées sont, je le crois, les descendants d’ancètres autrefois à l’état de barbarie. Nos adversaires soutiennent, au contraire, que les sauvages sont les descendants de peuples civilisés, tombés de dégradation en dégradation jusqu’à leur état actuel, Mais l'archevêque Whately admet que les reces civilisées font encore des progrès, tandis que les races sau-

vages sont stationnaires; et il semble, ce qui est d’ail- |

leurs assez singulier, regarder ce fait comme une

preuve de la proposition insoutenable que la différence {

provient, non pas du progrès des unes, progrès que chacun reconnait, mais de la dégradation de celles qu'il indique lui-même comme stationnaires. L'illusion est naturelle et ressemble à celle que nous éprouvons quand nous sommes en chemin de fer, alors que les arbres et les champs semblent fuir derrière nous, tandis que nous savons parfaitement qu’ils sont stationnaires et que nous avançons.

Mais, dit-on, « si l’homme, après la création, a été « abandonné comme la brute, ne pouvant compter, « pour se nourrir et pour progresser, que sur son « corps et sur son intelligence, dons communs à l'Eu-

« ropéen et au Nouveau-Hollandais, comment se!

«fait-il que l’Européen ne se trouve pas aujourd'hui « dans la même position que le Nouveau-IHlollan- « dais? » On pourrait, je crois, répondre comme suit à cette question : en premier lieu, l'Australie ne

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création, à été ivant compter, , que sur s0n mmuns à l'Eu-

comment s2 as aujourd'hui uveau-Hollansondre comme .J'Australie ne

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possède ni céréales ni animaux que l’on puisse réduire

facilement à l’état domestique ; et en second lieu, nous trouvons, dans la même famille, chez les enfants des mêmes parents, les caractères les plus opposés ; dans la même nation, il y a des familles dont Le caracire est noble et généreux, d’autres dont tous les mem-

bres sont plus ou moins criminels. Mais, dans ce cas

comme dans le dernier, l'argument de l’archevèque,

sil est soutenable, se retourne contre lui. Il ressemble au boomerang australien qui, jeté en avant, rebondit

vers celui qui l'a lancé, L'archevèque croit à l’unité

de la race humaine et soutient que l’homme était ori-

ginairement civilisé (dans un certain sens). « Com-

«ment se fait-il donc, pourrais-je lui demander à mon

«tour, que le Nouveau-flollandais ne soit pas aujour- «d'hui dans le mème état de civilisation que l’'Euro- «péen? » Dans un autre passage, l'archevêque Whathely cite, en l’approuvant, un extrait de l’ouvrage du résident Smith, du collége de New-Jersey, qui dit

que l’homme « jeté dans la forêt sauvage, nu et inca-

«pable comme un orphelin de la nature, aurait cer-

«tainement péri, avant d’avoir pu apprendre à sub-

«venir à ses besoins les plus pressants. Supposons

«qu'il ait été créé ou appelé à l'existence, personne

«ne sait comment, avec toute sa force corporelle,

«combien de temps ne se serait pas écoulé avant qu’il

Ceût appris à se servir de ses membres, avant de pou-

«voir grimper sur un arbre, par exemple, » etc., etc.

On pourrait, cependant, dire exactement la même

chose du gorille ou du chimpanzé, quine sont certainc-

uent pas les descendants dégénérés d’ancêtres civilisés.

Après cette revue rapide des arguments de l’archevèque Whately, je vais indiquer en quelques mots les faits qui prouvent, je crois, la théorie que je défends.

J'essayerai d’abord de prouver qu’on trouve des signes de progrès chez les sauvages.

Et, en second lieu, qu'on retrouve des traces de barbarie chez les peuples civilisés.

L'archevèque suppose que, dans le principe, les hommes étaient pasteurs et agriculteurs. Nous savons cependant que les Australiens, les indigènes des deux Amériques et plusieurs autres peuples, plus ou moins sauvages, habitant des pays convenant parfaitement à nos animaux domestiques et à la culture des céréales, ne connaissent ni les uns ni les autres. IL est, je crois, fort improbable qu'aucune race d'hommes autrefois pasteurs ou agriculteurs aient entièrement abandonné une occupation si facile et si avantageuse; et il est encore plus improbable, si nous admettons la chronologie d’Usher, que toute tradition d’un tel changement ait disparu. En outre, si, dans le cours des temps, les descendants des habitants actuels de l’Amérique ou de l'Australie, par exemple, tombaient dans

l'état de barbarie, des troupeaux de bestiaux sauvages, 4

descendant de ceux qui ont été importés dans ces pays, continueraient à y vivre ; si même ces troupeaux ve-

naient à disparaitre, leurs squelettes prouveraient leur existence antérieure ; or, nous savons qu’on n’a re- | trouvé, ni en Australie, ni en Amérique, un seul osse- f

ment du bœuf ou du mouton domestique. Le mème raisonnement s'applique au cheval, car le cheval fos-

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APPENDICE. — I. a

même espèce que notre race domestique. Il en est de mème des plantes. Nous ne savons pas si nos céréales cultivées survivraient à l’état sauvage, bien que cela soit fort probable, peut-être sous une forme modifiée. Mais beaucoup d’autres plantes, qui suivent l’homme, ont modifié aussi profondément la flore de l’Amérique méridionale, de l'Australie et de la Nouvelle- Zélande, que l’ethnologie de ces pays l’a été par l’arrivée de l’homme. Les Maoris disent mélancoliquement que les Maoris disparaissent devant l’homme blanc, de même que le rat indigène disparait devant le rat européen, que la mouche maori fuit devant la mouche européenne et que le foin tue la fougère de la Nouvelle-Zélande,

Le docteur Hooker, dont personne ne contestera la grande autorité, a publié, sur ce sujet, un mémoire fort intéressaut dans la Vatural History Review de 1864 : « En Australie et à la Nouvelle-Zélande, par «exemple, dit-il, l’émigration ne joue pas plus «sûrement son rôle que la marée toujours montante «des plantes anglaises, qui s'emparent du sol vierge «ou cultivé, augmentant chaque année en genres, en “espèces et en individus. A ce propos, M. W. E. Locke (Travers, F. L.S., botaniste éminent établi à la Nou- «velle-Zélande, nous écrit de Canterbury : « Vous ‘seriez surpris des progrès rapides que font dans ce ‘pays les plantes européennes et étrangères. Le long ‘des routes, à travers les plaines, un Polygonum (ave ‘culare) appelé herbe à vache, pousse avec abon=

dance, les racines atteignent une profondeur de ‘ deux pieds, et al plante couvre une surface de quatre

fi

« ou cinq pieds de diamètre. Le Zume.r obtusifolius où «le À. crispus se trouve dans le lit de chaque rivière «ets’avance jusque dans les torrents des montagnes, «Le chardon se répand dans tout le pays jusqu'à «une hauteur de près de 6000 pieds. Le cresson en- « vahit toutes nos rivières au point deles barrer. » Le cardon de la république Argentine présente un exemple analogue. Nous pouvons donc affirmer que si une race de peuples pasteurs ou agriculteurs avait jamais habité l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou l’Amérique méridionale, la faune et la flore de ces pays en auraient gardé la trace évidente et auraient beaucoup différé de l’état dans lequel on les a trouvées. Nous pouvons affirmer aussi, en thèse générale, qu'on n'à jamais trouvé dans les pays habités par des sauvages ignorant la métallurgie, ui armes, ni instruments en métal. La poterie nous fournit une preuve plus décisive encore. On peut dire que la poterie est indestructible; dès qu’elle est connue, son usage devient général, et elle possède deux qualités qui la rendent pricieuse au point de vue archéologique, celle de se casser facilement et cependant de ne disparaitre que fort difficilement. Elle se retrouve, en outre, presque toujours dans les tombeaux. Ilest done fort significatif

qu’on n’ait jamais retrouvé aucun fragment de poteric À

en Australie, à la Nouvelle-Zélande et dans lesiles de la Polynésie. Il me semble fort improbable qu'aucune race d'hommes ait jamais pu perdre un art si facile et si utile. Cet argument s'applique, en outre, à beaucoup d’autres arts, à beaucoup d’autres instruments: je me

contenterai de citer deux éxemples. Bien des races à

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APPENDICE, — I. u19

sauvages ignorent l’art de filer et l'emploi de l’arc. Qui pourrait prétendre, cependant, que l’un ou l’autre de ces arts füt tombé en oubli s'ils avaient été invents? L'absence de tout monument architectural dans cs pays constitue une autre preuve. L'archevèque Wately pense, il est vrai, qu’elle est en sa faveur, mais l'absence de monuments, dans un pays, indique certinement la barbarie et non pas la civilisation. L'état intellectuel des sauvages me semble aussi ténoigner fortement contre la théorie de la dégradation. \on-seulement les religions des races inférieures panaissent être indigènes, mais, comme nous l'avons déjà prouvé, nombre de négociants, de philosophes, de mans, de missionnaires, s'accordent à dire que beaucoup le peuples n’ont aucune religion. Les exemples sont

Mout-être moins nombreux qu’on ne le dit, mais le fait But absolument prouvé dans bien des cas. Or, il me

mble difficile de croire qu’un peuple, après avoir eu

Buc religion, en perde tout souvenir. La religion

“adresse si complétement à l'espoir et aux craintes ks hommes ; elle laisse une telle empreinte sur les «prits; dans ses formes élevées, elle constitue une si “ande consolation au temps du chagrin et de la ma ädie, que je ne puis croire qu’un peuple ait jamais rnoncé à la religion. En outre, elle produit une classe ntéressée à la conserver. Aussi, quand je trouve aupurd'hui une race «qui n’a aucune religion, je suis à ju près certain d’être dans le vrai, en affirmant elle n’en à jamais eu.

Je vais actucllement citer quelques exemples de Mogrès, bien qu’en règle générale on puisse observer

que le contact de deux races tend plutôt à abaisser

LENS mes | Ho | qu’à élever élever la race inférieure. Selon Mac Gilli- tissu vray, les Australiens de Port Essington qui, comme ple. tous leurs compatriotes, n'avaient anciennement que rune des canots d’écorce, Les ont complétement abandon- une

, : m4 ués pour d’autres creusés dans des troncs d'arbre, EM rex

qu'ils achètent aux Malais. Les habitants des îles Anda- lale man ont récemment adopté les boute-lof. Les Bacha- ment pins, quand Burchell les visita, venaient de commen- lemp cer à travailler le fer. Selon Burton, les nègres Wajiji ne sc ont récemment inventé le cuivre jaune. Quand le peu v capitaine Cook visita Taïti, le plus grand morai, ou mais € tombeau, de l'ile était celui élevé pour la reine ré- l'arche gnant alors, et les Tahitiens avaient tout récemment Buse q

renoncé au cannibalisme. Sha-gwaw-koo-Sink, un Ms le Ottawwaw, qui vivait au commencement de ce Fu se

siècle, introduisit le premier la culture du blé chezles Bptent Ojibbeways(1). Certains faits parlent, en outre, d’eux- ESS: 18: mêmes, Quelques races américaines cultivaient la ines, j porume de terre. Or la pomme de terre est une plante SN 500

américaine, nous avons donc là ie preuve évidente SSaient

d’un progrès fait par ces tribus. Les Péruviens 6 r avaient réduit le lama à l’état domestique. Ceux qui SSihsieu

croient à la multiplicité des espèces d’hommes peuvent Sie?

tiques depuis l’origine. Mais l’archevèque Whately ne ie le à voudrait pas soutenir cette théorie. Il admettrait, j'en St cinq

Fo!

h RE Fhe | dire que les Péruviens possédaient des lamas domes-lu qui, h | | |

suis persuadé, que les premiers habitants du Pérou SSiliant wavaient pas de lamas, ni aucun autre animal dot ijout:

(1) Tanner, Narrative, p. 180. CD | Avec LUBB C

APFENDICE. — I. h81

mestique, à l'exception du chien, probablement. Les tissus d’écorce des Polynésiens sont un autre exem-

à abaisser MacGilliui, comme

ple. Mais la preuve la plus convaincante est le boome-

ement que aug des Australieus. Cette arme n’est connue à au-

t abandon-

ne autre race d'hommes (1). Nous ne pouvons la

“garder comme le reste d’une civilisation primorliale, car elle n'appartiendrait pas à une race seule-

cs d'arbre, ss iles Anda- Les Bachae commen-

ment. Les Australiens, pour la mème raison, n’ont pu

lemprunter à aucun visiteur civilisé. C’est donc là, il

ne semble, lexemple dont nous avons besoin, la euve frappante d'un progrès, fort petit, 1] est vrai,

e, Quand Île

d morai, où la reine ré-

mais enfin d’un progrès accompli par un peuple que

fwehevèque Whately appellerait certainement sau-

& récemment Buse dans toute l’acception du terme. Les Cherokees koo-Sink, un »ment de ce du blé chezles

outre, d’euxcultivaient la est une plante euve évidente

wus fournissent un exemple remarquable de progrès ; ux seuls parmi les peuples chasseurs de l'Amérique vptentrionale sont devenus réellement agriculteurs. En 1825 déjà, alors que leur tribu comptait 14000 imes, ils possédaient 2923 charrues, 7683 chevaux, 2500 bœufs, 46 700 pores et 2566 moutons. Ils raient 49 moulins, 69 forges, 762 métiers à tisser et

es Péruviens BS0 rouets. Ils avaient des esclaves, ayant capturé lusieurs certaines de nègres dans la Caroline. Que

i-je? L'un d'eux, nommé Sequoyah, inventa un alpha-

que. Ceux qui

mmes peuvent lamas domesje Whately ne dmettrait, jen} ants du Pérou re animal du}

kt qui, relativement à la langue cherokee, est meilleur

le le nôtre. Le cherokee contient douze consonnes t cinq voyelles, plus un son nasal « ung ». Mulhliant done les douze consonnes par les six voyelles ‘ajoutant les voyelles qui se présentent seules, mais

| Avec une exception douteuse.

Luesick, Orig. de la civil.

en omettant un signe pour « mung», car ce son ne se rencontre pas dans le cherokee, il avait besoin de

soixante-dix-sept caractères, auxquels ilen ajouta huit, \ représentant les sons s, ka, hna, nah, ta, te, ti, tla, p faisant en tout quatre-vingt-cinq caractères. Cet al- sl phabet, comme nous venons de le dire, est supérieur pa au nôtre. Les caractères sont plus nombreux, mais, dès le qu’il les connait, un élève peut lire immédiatement. On inf d'? qu'un gamin peut apprendre à lire le cherokee en pre quelques semaines, quand ce langage est représenté par SN at ces caractères, alors qu’il faut au moins deux ans s'il tt cstreprésenté par notre alphabet. Il va sans dire que cet tre alphabet ne peut s'appliquer à d’autres langues. Les Æirer grossiers substituts à l'écriture trouvés chez d’autres Sur. tribus, le wampum des Indiens de l'Amérique septen- Bic

lrionale, les hiéroglyphes et le quippu de l'Amérique

tom p) pu] | centrale, sont certainement des inventions indigènes. | |

\ faci léjà f

Le co

Mohammed Doalu, nègre du pays de Vei, Afrique

occidentale, inventa aussi un alphabet, mais dans ce

| cas on peut dire que l’idée première appartient aux missionnaires, bien qu’il l’ait composé en dehors de tout concours étranger. Mais il reste bien des cas où

“uvad

Dan

lon es ent

on ne peut même supposer l'intervention d’étraugers. Prenons les Mexicains, par exemple. En supposantuple mème qu’ils aient été les descendants d’un peuple pri-Muts, mitivement civilisé, et qu'ils aient, par degrés, complé-tuit, d brie,

tement perdu l’usage et jusqu’à la tradition d’un al-

Q . Q ] , phabet, ce que je n’admets pas comme possible, il n'enfpuis est pas moins évident que leur système d’hiéroglyphe les n

| est d'origine américaine. Si un système d'écriture peut 10m

se perdre et, je le répète, pour moi c’est impossible Ru. les

ce son ne se t besoin de a ajouta huit, , te, ti, la, res. Cet alest supérieur eux, mais, dès diatement. On e cherokee en représenté par

; deux ans s'il |

uns dire que cet s langues. Les ; chez d’autres nérique septen- 1 de l'Amérique tions indigènes.

de Vei, Afrique t, mais dans ce appartient aux & en dehors de

bien des cas où} jon d'étrangers.

e. En supposant ; d’un peuple pridegrés, complédition d'un alpossible, iluen

e d'hiéroglyphts Le d'écriture pe c'est impossibles

eu

APPENDICE. — I. 483 on ne l’ab on andonnera pas pour des hiéroglyph à tous les poinis d te sa s de vue, sont moins commodes. Si les Mexicains devaient leur civilisation, n à progrès personnel is à li Re ne | o à onnel, mais à l'influence de quelque vi steur Européen jeté .

; dis en jeté sur leurs côtes par la tempête, ou ar le g s avt | | e goût des aventures, nous retrouverions dar eur SV A 4 x1 L ‘a g ystème d'écriture des preuves certaines de cette ufluence. Ainsi done, bien que nous n’ayons pas de reuves histori ivilisati preux : historiques que la civilisation de l'Amérique + à mA à = af stindigène, nous trouvons, dans le caractère même de

utte civilisati s pr ivilisation des preuves plus satisfaisantes peut-

à 1 a] à 3 Q A] H ÿ 1 tre que ne le serait un document historique On peu S

in n i] A , an ter le même argument des mots qu’emploient let

*uvages pour énoncer les nombres, Il me sembl

ifficile OI ? i A

Gi a qu'un peuple qui aurait appris à

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wmpter jusqu’à dix, ait jamais pu oublier une scien

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| à fait remarquer, bien peu, pourne pas dire aucun Ale CEUX C are -À T 4 GS que l’archevèque Whately appellerait des wvages, savent compter jusque-là |

Dans bien des endroi Ù ans bien des endroits où le système de ruméra € mn

pn est à présent plus avancé, ce système porte l’

inte d’une origine indigène et Ro ch ra juples civilisés, le temps a produit : : les wts, surtout dans ceux dont on se sévt En :

a, et principalement avant l'invention de li * rie, des modifications naturelles, qui ont a

kpuis longtemps les dérivati gtemps les dérivations des noms de nombre

les 1 \ 70S nots employés per les sauvages pour énoncer

“Nuombres “aie À \1Q ‘nc 1»

| bres étaient des restes d’une ancienne civilisa ”] ) D Ie Li

lil. les « \ ‘ nav , quelques épaves sauvées d’un naufrage gé di es

néral, ils auraient, sans aucun doute, tant souffert par

, . . 0 . , . 4 + on l'usage qu'il serait impossible de déconvrir leurs dérija vations ; au lieu de cela, ils sont pour la plupart par- P . : aa Dr a es faitement clairs et significatifs, surtout chez les peu- F | Ne .

ples les moins avancés en arithmétique. Ces noms de Re ; ; on (on nombre sont donc d’origine récente, puisqu'ils ne sont à de US ‘ > ion Me pas corrompus ; et d'origine indigène, puisqu'ils ont ét PR ER es Fe - : S EL une signification évidente dans le langage des tribus ; on, qui les emploient (1).

: VAE Tiens pa age Comme je l'ai déjà aussi fait remarquer, beaucoup à | om de peuples sauvages manquent de mots pour expri- { DA sant mer « couleur, ton, arbre », ete., alors qu'ils ont des . . ÿ adm € mots pour indiquer chaque sorte de couleur, chaque £ RE en cn espèce d'arbre; ils n’ont pas de mots, en somme, pour | tue Sn re ibjee exprimer l'idée abstraite. Or j'ai peine à croi nette

qu'un peuple qui a su des mots semblables puisse ja

Je

mais arriver à les oublier absolument. M 0 DIN

On pourrait tirer de la langue des sauvages bicr

out ét d’autres preuves analogues, et les arguments de cet | emen

fi ne | {| nature ont plus de poids que les récits des voyageurgi

ten «

quant aux objets qu'emploient les sauvages. Suppol

É de la

sons, par exXernple, qu'un ancien voyageur ait constat ; D dans 1

a pouc lagm a nous ]

| chez un peuple, qu'il a visité, l'absence de quelque ai

ou de quelque connaissance, et qu'un voyageur pl

récent trouve les indigènes en possession de cet ar

ft | | (nu hésiterait certainement à voir dans ec fait ui noter

usuel.

ki preuve de progrès, et on serait plutôt disposé à croit

que les derniers voyageurs, mieux placés peut-êtr

ose

, , . t , n Fer Ile cn (1) Voir chapitre IX, Cet argument serait concluant si on n'invra [Ie ce pas de nouveaux mots de temps en temps, et cela dans loutes

Hingues,

Le

ont pu eyplie

souffert par SL de EE LES ir leurs déri- {5 plupart parchez les peu- Ces noms de #

ont vu ce qui avait é d MS :

[ ait échappé aux premiers. Et ce n’est

as là une pure è pas à pure hypothèse. Les premiers voyageurs

espagnols aflirment que les habitants des îles Ladrone

i ne 1 ’ inoraient l'usage du feu. Des voyageurs plus ré . ü Le J “ . au contraire, les ont vus se servir du feu. On a done presque unanimement décidé que les Espagnols ‘étaient trompés; et je n’ai ie t pés; et je n'ai pas cité cet exemple en ré-

squ'ils ue sont

puisqu'ils ont

age des tribus onse à Li | an \ WI 6 { ] n à à ) P J aux assel 1OI D e ilLe 14 C Ÿ P al ce q LE J o par 1 ù ( € l € € x

A PEAR ut age cet avis; mais je le rapporte ici pour prouver

puer, beaucoup oil Fe tes) , wmbien il est difficile d'obtenir des preuves satisfai-

{s pour expri=

Mantes d'un progrès matériel c s qu'ils ont des progrès matériel chez les sauvages, en

aimettan Ù ù Î ant même que ces preuves existent. Les argu-— L D

ouleur, chaque en ments tirés du langage ne sont pas sujets aux mêmes

‘n somme, pou Ë . ti .

ob CI10 S ta a 2 .

peine à croir

Jables puisse ja

mettent de tirer des conclusions

Je vais actuellement citer quelques faits qui sem-

A À LU lent prouver que les races les plus civilisées mêmes

s sauvages bitl ben € tt \

ont été à l’étas de barbarie. On a découvert, non-sei è A) -SeU-

ments de cett@ nat à e n . F En ent dans toute l'Europe, non-seulement en Italie

s des VOYAGES Gr See 106 4e A .

en Grèce, mais même dans les soi-disant berceaux

auvagus. SUPPOSÉ

Dla civilisation, en Palesti eur ail constat ; , en Palestine, en Syrie, en Égypte et

lns l’Inde, des traces d’un âge de la pierre, On peut

LC de quelque ul tip 1 .

On il est vrai, € pondre, il est v al, qu'on n'a découvert que des

in voyageur pl

fagments de ce son de cet ar le 6 Ces couteaux de pierre, ete., lesquels Le)

CRE aient {l 1X QC » l'€ S ù

ans ee {ait ul

bng 'È ‘tal étai temps après que Le métal était devenu d’un emploi

t disposé à croi Fe IN à n 1 ñ : « ; es el. Ceci ressemble à cet essai d'expliquer la présence

lacés peut-êlr { )SS H Fa + 14 4 : j Riosements d'éléphants en Angleterre en supposant

que ce sont les res 116 | ont les restes des éléphants que les Romains

Juant si on n'invou 4 cela dans toutes

ütyu amener di l | . amener dans ce pays, Mais pourquoi Les prètres sypliens, pourquoi les prètres juifs, se servaient-ils

de couteaux de pierre? Évidemment parce qu'il fut BA Pia un temps où ils étaient communément employés, et vagt que, par respect, les prêtres ne voulurent pas intro- BR M duire une nouvelle substance dans les cérémonies re. M4 lhal ligieuses. D chos … Il y a bien d’autres considérations : l'amélioration prou graduelle, par exemple, des rapports entre les sexes, M ; pre le développement des idées correctes de parentés: BA ct fo tout me semble tendre à la même conclusion. hsre

On trouve dans les publications de l’Institut des DA Kurd Sciences naturelles de la Nouvelle-Écosse, un inté-8Mi Or

ressant mémoire de M. Haliburton sur «l'Unité de la par € « race humaine prouvée par l’uviversalité de certaines Bi anvs «superstitionsliées à l’éternument. «Qu'il soit bien éta-8f tout « « bli, dit-il, qu’un grand nombre de coutumes arbitrai- Or « res, telles qu’elles n’auraient pas pu se présenter na-l% ah « turellement à tous les hommes, dans tous Les temps, Bien «se retrouvent partout; on en arrive à la conclusion cas de « aue ce sont des coutumes primitives, que tous les peu- « ples ont puisé à une même source, et, s’il en est ainsi fi « qu’elles remontent à une ère antéricure à la disper-fs « sion de la race humaine. » Pour justifier une sembla-fil ble conclusion, il faut démontrer que la coutume est évidemment arbitraire, La croyance que deux et deux font quatre, le système décima: de numération et les coincidences analogues ne prouvent rien; mais je nel

1e su alfect sorcie

chasse tinct

croier meurt D hit p:

crois guère à l'existence universelle, ou même géné bouve rale, d'une coutume ayant un caractère clairement ar4 d'espr bitraire. Le fait est que bien des choses nous paraissent hat arbitraires et étranges parce que nous vivons dans Un on voi milieu tout diférent de celui où elles ont pris naissance à pres

Bien des choses, qui paraissent naturelles à un sauvage, nous semblent absurdes et inexplicables.

M. Haliburton cite, comme preuve la plus frappante, 1 l'habitude de dire « Dieu vous bénisse! » ou quelque M1 chose d’analogue, à une personne qui éternue. Il prouve que cette coutume qui, je l’admets, nous paraït ipremière vue étrange etarbitraire, est fort ancienne et fort répandue. Homère, Aristote, Apulée, Pline et lsrabbins juifs en parlent, et on l’a retrouvée dansle Kurdistan, dansla Floride, à Otahiti etaux îles Tonga.

Or cette coutume n’est pas arbitraire et ne rentre, par conséquent, pas dans la règle qu’il a tracée. Les «uvages croient généralement aux êtres invisibles et, bout en pensant qu’il n’est pas nécessaire de s’inquiéter d'où viennent les bienfaits, ils attribuent tous les malheurs au mauvais vouloir de ces êtres mystérieux. Bien des sauvages regardent la maladie comme un as de possession du démon. En cas de maladie, ils ie supposent pas que les organes eux-mêmes soient ifectés, ils pensent qu’un dieu les dévore ; aussi leurs wrciers ne cherchent-ils pas à guérir le mal, mais à chasser le démon. Quelques tribus «nt un dieu disinct pour chaque maladie. Les Australiens ne oient pas à la mort naturelle. Quand un homme meurt, c’est qu’il est la victime d’un sortilége, cela ne hit pas de doute pour eux, leur seul embarras est de touver le coupable. Or, chez un peuple dans cet état l'esprit, et nous savons que presque toutes les races limaines passent, ou ont passé, par cette phase, quand où voit quelqu'un éternuer, on suppose naturellement ‘presque inévitablement qu’il est attaqué par quel-

wee qu'il fut employés, et nt pas introérémonies re-

D gra

l'amélioration tre les sexes, fn de parentés: 5 usion.

l’Institut des En osse, un int l'Unité de la té de certaines il soit bien cta-$ tumes arbitraie présenter na-ÿ tous les temps, à la conclusions ue tous les peu-l s’il en est ainsi, ire à la disper-8 er une sembla-f la coutume css e deux et deux mération et les jen; mais je 10 bu même géné clairement ar nous paraissent vivons dans ui pris naissance

que être invisible ; et la pensée d'appeler à son aide quelque autre être invisible, plus puissant que le pre mier, se présente naturellement à l'esprit.

M. Haliburton admet qu'un éternument est un « présage de malheur; » pour le sauvage, c’est bien davantage, c’est la preuve évidente que la 2ersonne qui éternue est possédée par quelque esprit malfai-

sant. Évidemment donc cetexemple, sur lequel M. Ha-

l'burton compte tant, n’est en aucune facon une coutume arbitraire et ne remplit, par couséquent, pas les conditions qu’il a indiquées lui-même. Il a cité quelques autres exemples qui ont le tort de prouver trop. Ainsi il cite l’existence d’une fête en l’honneur des morts « vers le commencement de novembre. » Ces lètes sont très-répandues et, comme il y a bien plus de races qui les observent qu'il n’y a de mois dans l'année, il est évident que quelques-unes doivent avoir lieu à la même époque. Mais M. Haliburton ajoute: « Les Espagnols furent naturellement très-surpris de « voir que, tandis qu’ils célébraient une messe solen-

« nelle pour les morts le 22 novembre, les Péruviens

« célébraient aussi une fête pour Ja commémoration

« des morts. » Cette curieuse coïncidence prouverait

alors, non-seulement l’existence d’une semblable cérémonie «avant la dispersion » (que M. Haliburton

semble considérer comme un fait défini plutôt quels

comme un développement graduel), mais encore que les ancêtres des Péruviens étaient, à cette époque, assez civilisés pour avoir un calendrier et que leurs descendants le conservèrent sans changement jusqu’à l'é-

roque de la conquète espagnole. Or nous savons

qu’

(CSI « l' (Cm « b:

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que eXCI des de l’ (ère mais

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Source

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re à son aide : que le preke nent est un »e, c’est bien la 2ersonne sprit malfailequel M. Haçon UNE COU— quent, pas les [L a cité quelprouver {rop.

l'honneur des vembre, » Ces y a bien plus de mois dans !

s doivent avoir urton ajoute:

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, les Péruviens ÿ

ymmémoration nce prouverait semblable cé- M. Haliburton fini plutôt que ais encore que e époque, asst7 Le leurs descennt jusqu'à lt-

jr nous Savons

APPENDICE. — I. 489 qu'il n'en est rien. M. Haliburton dit encore : « On

«trouve en Ecosse et dans l'Afrique équatoriale des

«superstitions presque identiques sur les fantômes de

A 2 A A «personnes mêmes vivantes, fantômes extrêmement

«méchants et qu’on peut tuer quelquefois avec une

«balle d'argent. » Voici certainement une croyance qui, à première vue, peut paraître arbitraire. Mais s’il est ainsi prouvé qu'avant la dispersion on croyait à

des fantômes de personnes vivantes, il est prouvé aussi

que les balles d'argent étaient alors en usage. Cet

exemple est, je crois, fort intéressant, car il prouve que des idées analogues, dans des pays fort distants l’un de l’autre, prennent leur source non pas dans une

«ère qui a précédé la dispersion de la race humaine, »

mais dans la similitude fondamentale de l'esprit hu-

main. Tout en ne croyant pas que des coutumes ana-

bgues chez différents peuples « descendent d’une

durce commune » ou sont nécessairement primitives,

jy vois nécessairement un argument en faveur de

l'unité de la race humaine, ce qui, il faut bien le re-

marquer, n'implique pas nécessairement ia descenlance d’un couple unique.

D'un autre côté, j'ai essayé de prouver que des ilées qui, au premier abord, paraissent arbitraires tt inexplicables, se présentent naturellement chez des peuples fort distincts, quand ils arrivent à un même

at de développement ; il est donc nécessaire de se

mr dans une grande réserve, si on veut, au moyen

le ces coutumes ou de ces idées, essayer d'établir un len spécial entre différentes races d'hommes.

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