‹ Les origines de la civilisation [microforme]Chapitre 73 sur 108 · II · texte numérisé non relu

II

« Les armes de pierre, d'ailleurs, étaient encore fort en usage pendant l’âge du Bronze et même pendant l’âge du Fer.

De telle sorte que la seule pr<sence de quelques instruments de pierre n’est pas en elle-même une preuve suffisante qu’une trouvaille » donnée appartient à l’âge de la Pierre.

« Afin de prévenir tout malentendu, il vaut mieux constater, une fois pour toutes, que j’applique cette classification à l'Europe seule, quoiqu'en toute probabilité on puisse lappliquer aussi aux parties voisines de l’Asie #t de l'Afrique. Quant aux autres pays civilisés, la Chine et le Japon, par exemple, nous ne savons rien sur leur archéologie antéhistorique. Il est évident aussi que quelques peuples, tels que les habitants de la terre de Feu, ceux des îles Andaman, etc., ne sont encore que dans l'âge de la Pierre, »

dont ces variétés sont sorties. Ainsi Tegetmeier con- « state qu’un «croisement entre deux variétés non Æ « « couveuses (de la poule commune) produit presque « « invariablement ane métis, qui devient pondeuse et ff « « couve avec beaucoup de constance. » M. Darwin 4 « cite plusienrs cas las lesquels de semblables hybride: PE « ou rnéis sont jrucwièrement sauvages et difficiles à 4 «( dompter: :4 mule en est un exemple familier, «1 MM. Boitard ei Cor!" constatent que, quand ils croi- CÉ sent certaines espèces de pigeons, ils obtiennent in- CS variablement des jeunes, colorés comme le ©. livia La

sauvage. M. Daruin a répété ces expériences et à ce confirmé ce fait. «el Il en est de même des poules. La poule domestique 4 va était originairement rougeâtre, mais on peut élever WE po des milliers de poules espagnoles noires, ou de poules 4 dé blanches, sans qu’une seule plume rouge se montre,et 4 pa cependant M. Darwin a constaté qu’en croisant les @ ret deux variétés, on obtient immédiatement desspécimens 4: qu { CO J'a explid lksqu Les m naturalistes. kmm Appliquant ces résultats à l’homme, M. Darwin fait Bien observer que les races métisses sont singulièrement Mpecta sauvages et dégradées. « IL y a bien des années, ditÉ Je & il, j'ai été frappé par ce fait que, dans l’AmériqueÆur Pr: « méridionale, les hommes provenant de croisements

ayant des plumes rouges. On a obtenu des résullats semblables avec les canards, les lapins et les bestiaux. Il est inutile de citer en détail, car l'ouvrage de M. Darwin, Des animaux cet des plantes & l'état (le «domesticité, se trouve dans les mains de tous les

« entre les nègres, les Indiens et les Espagnols, ontrà,,:,

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« rement, quelle que puisse en être la cause, une bonne « phys:onomie. Livinugstone remarque qu’il est inexpli- « cable que les métis soient plus cruels que les Por- « tuga'., mais que le fait existe. Un indigène dit à « Liviugsto:ie : Dieu a créé les blancs et Dieu a créé « les nègres. mais C’esi le diable qui a créé les métis! « Quand deux races, toutes deux placées en bas de « l'échelle sociale, se croisent, le produit semble être céminemment mauvais. Ainsi Hmboldt, qui ne res- «sentait aucun de ces préjugés qui existent aujour- « d'hui en Angleterre, parle en termes fort vifs du «caractère mauvais et sauvage des Zambas, ou métis «entre les Indiens et les nègres, et plusicurs obser- «vateurs en sant arrivés à la même conclusion. Nous « pouvons peut-être déduire de ces faits que l’état de « dégradation de tant de races métisses est due, en « partie, à un retour vers l’état primitif et sauvage, «retour produit par l’acte du croisement, aussi bien «que par les fâcheuses conditions morales qui l’ac- ‘compagnent ordinairement, »

J'avoue, cependant, qu'il me semble qu’on peut expliquer ces faits par les conditions déplorables dans ksquelles les métis se trouvent ordinairement placés. Les métis entre les agents de la baie d'Hudson et les kmmes indigènes, étant bien traités et généralement bien élevés, semblent constituer une population respectable (1).

Je désire aussi appeler particulièrement l'attention tr l’'analogie remarquable qui existe entre lintelli-

des années, dit dans l'Amérique it de croisements spagnols, ont UE (1) Dunn, Oregon Territory, p. 147.

gence des sauvages et celle des enfants. « Quand les

4 « Abipones, dit Dobritzhofter (1), ne peuvent com-

« prendre quelque chose à première vue, ils se lassent

« bientôt de l'examiner et crient « orqueenäm? » Æ «

« Qu'est-ce après tout? » Quelquefois, quand les Gua- «

« ranies sont complétement étonnés, ils froncent le «

| « sourcil ets’écrient : « Tupà oïqua à. » « Dieu saitce À «

L} « que c’est. » Ils possèdent à un si petit degré le pou- « : « voir de raisonner et ont si peu d’inclination à exer-

| « cer le peu qu’ils en ont, qu’il n’y a pas lieu de l'E

| « s'étonner s'ils ne se donnent pas la peine de distin- ax

« guer une chose d’une autre. » Z ch

Richardson dit des Indiens Dogrib : « Quelque con- D. « sidérable que soit la récompense qu’ils s’attendeni à « « à recevoir, en arrivant à destination, on ne peut D «:

« compter sur eux pour porter des lettres. Un léger « obstacle, l'espoir d’un banquet, une idée soudaine DS ca « d'aller visiter un ami, est suffisant pour les dé-Æ ta «tourner pendant un temps indéterminé (2). » Le feu Vaillant (3) observe aussi que, par leur grande cu-À riosité, les Namaquas ressemblent beaucoup aux% fan enfants. eur

M. Bourien (4) dit, en parlant des tribus sauvages exe qui habitent la péninsule de la Malaisie : « Le fond de « leur caractère se compose d’inconstance, de craint ma « de timidité et de défiance; ils semblent toujours Qu d « peuser qu’ils seraient mieux dans {out autre endroit

(1) History of the Abipones, vol. If, p. 59. | (2) Arctic Expedition, vol. IT, p. 23. (2; (3) Voyages en Afrique, 1776, vol. IT, p. 12 (3) (a) Trans, Ethn. Soc. vol. ITE, p. 78. )

« Quand les euvent com- », ils se lassent rqueenàäm ? »

quand les Guails froncent le ‘ » « Dieu sait ce t degré le pouination à exer-

a pas lieu de eine de distin-

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s tribus sauvages ie : « Le fond de auce, de crainte, emblent toujours} out autre endriil

« que celui qu'ils occupent. Comme chez les enfants, « leurs actions semblent rarement le résultat de la ré- | « flexion, et ils agissent presque toujours sur l’impul- « sion du moment. » Les insulaires du Pacifique « sont, comme les enfants, toujours prêts à pleurer « dès que leurs passions sont vivement excitées, et, « comme les enfants aussi, ils oublient leurs larmes « dès qu’elles sont versées (1). »

Le capitaine Cook rapporte qu'à Tahiti Oberea, la reine et Tootahah, un des principaux chefs, jouaient avec deux grandes poupées. D'Urville nous dit qu’un chef de la Nouvelle-Zélande, qui se nommait Tauvarya, « pleura, comme un enfant, parce que les matelots « salirent son manteau favori eu le couvrant de fa- «rine (2). » Williams (3) relate qu’à Viti, hommes ct femmes se mettent souvent à pleurer pour la moindre cause. Burton dit même que chez les Africains orientaux les hommes pleurent plus souvent que les femmes (4).

Les sauvages ne ressemblent pas seulement aux enfants par leur caractère général, mais une analogie curieuse existe encore sur bien des points. Par exemple, la tendance à répéter les syllabes, qui est si caractéristique chez eux, existe aussi d’une façon remarquable chez les säuvages. Les mille premiers mots du dictionnaire anglais de Richardson ne contiennent que trois exemples de répétitions de syllabes adsciti-

(1) Cook, First Vouaye, p. 103.

(2) Vol. Il, p. 398. Voir aussi Yate, New Zealand, p. 101. (3) Fiji and the Fijians. vol. If, p. 121,

(a) Like Regions, p. 332,

tious, adventitious, agitator, et encore la répétition dans ces mots est-elle réduite à un minimum. On ne trouve pas un seul mot comme ahiali, soir; ake ake, éternel; aki aki, oiscau; antwa-niwa, arc-en-ciel; anga anga, agrément; angt angi, à bord; aro aro, en avant; aru aru, épouser; at ati, chasser; awa awa, vallée; ou awanga (wvanga, espoir; sorte de mots qui abondent dans les langues sauvages.

Les mille premiers mots d’un dictionnaire francais ne contiennent que deux exemples de répétition de syllabes, ananas et assassin, empruntés tous deux à une race inférieure et qu’on ne peut strictement regarder comme français.

Mille mots allemands, en prenant les lettres C et D, ne contiennent que six exemples de répétitions : C'acadu (cockatoo), cacao, coco, cocosbaum (cacaoyer), cocosnuss (noix de coco) et dagesen; or tous, sauf le dernier, sont empruntés aux langues étrangères.

Enfin, les mille premiers mots grecs ne contiennent que deux répétitions dont l’un est d6us6xpos.

Pour comparer avec les langues ci-dessus citées, j'ai examiné les vocabulaires des dix-huit tribus suivantes, et je constate les résultats de cet examen dans la table suivante :

AN

à répélition um. On ne ir; ake ake, arc-en-ciel; d; aro aro, asser; awa r; sorte de Des.

ire francais épétition de tous deux à ctement re-

es lettres C s de répéti- , cocosbaum et dagegen; aux langues

contiennent

lessus citées, it tribus sui-

examen dans

Europe.

Anglais .,.,..,.., Français... . ..., Allemand .,.... .

Greg «es 0%:

Afrique.

Beetjuan . ...,..

Bosjesinun . . . ..

Namaqua Hottentot.

Mpongwe. .....

Fulup. ......, Mbofon..,...,.

Amérique.

171 151, SRE RES

Indiens Daricns. . .

Ojibwa. ....., Tupy (Brésil). . ..

Nègres.

Ile Brumer. . . ..

aie de Redscar . Louisiade.

EIRLOOD, +. 5: 00 Ile Lewis Murray. .

Australie.

Kowrarega , , « « « Polynésie.

Tonga. . . .. non

eo) .

a A a Z SEA US

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