INTRODUCTION XXV
la société temporelle, ramenée à elle-même et à ses limites, cessa de s’arroger les attributs divins. Elle ne vit plus dans ses membres des captifs ou des esclaves privés de tout droit et abandonnés à ses caprices, mais elle apprit à respecter en eux des êtres libres et responsables, qui étaient faits pour Dieu et non pour elle. Instruite sur le but de leur voyage ici-bas, au lieu de dégrader ces pèlerins sublimes à l'exemple de Circé, en les enivrant de voluptés et en les enfermant dans ses étables, elle les traita avec des égards respectueux, comme des hôtes d’un jour qui ne faisaient que traverser ses palais, et qui avaient le droit de compter sur une hospitalité désintéressée.
Mais, bien que réduite aux proportions d’un fait temporel, la société ne fut point pour cela dépouillée de son prestige. Elle retrouva sa dignité dans la vérité, et elle se vit éclairée d’un reflet de la Majesté divine. Dieu, en effet, la proclamait voulue par lui, et lui assignait son rôle dans l’accomplissement du plan éternel. Collaboratrice intelligente de la Providence, elle avait à ce titre des droits inviolables, et l'Évangile les prenait sous sa protection. Il ne se bornait pas à conseiller au chrétien d’obéir à César, il le lui ordonnait en termes exprès. Et l’Église, à la suite de son fondateur, n’a jamais cessé de reconnaître hautement le caractère sacré du pouvoir : Tout pouvoir vient de Dieu, dit l’Apôtre, ef c’est Dieu qui a institué l'autorité. Lui résister, c'est donc résister à Dieu et S'exboser à une juste condamnation. Le prince est là pour la terreur des coupables et non pour celle des innocents. Voulezvous n'avoir vien à craindre de lui? Faites le bien, el il vous louera, car il est le ministre de Dieu pour votre