‹ Les origines de la civilisation moderne 1923Chapitre 23 sur 44 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

est la source; c’est elle qui, à force de temps et d'efforts, est parvenue à en conquérir la jouissance pour tout être humain et à les faire respecter par la société civile comme autant de principes élevés au-dessus de toute discussion.

Un coup d'œil jeté sur le spectacle des faits sociaux nous permettra de passer en revue les principales conquêtes du génie chrétien. Le premier des droits dont nous lui devons l’exercice désormais incontesté, c'est le droit à l'existence. L’inviolabilité de la vie humaine est un principe essentiellement nouveau, introduit pour la première fois dans le monde par l'Église. Elle a dû, pour le faire prévaloir, livrer un long combat contre la politique et contre la philosophie, qui, l’une et l’autre, se complaisaient à disposer de la vie humaine comme d’un bien sans valeur, dont l'État était le maître. Elle a montré dans le droit de vivre un droit imprescriptible, auquel nul ne peut attenter sans crime, de quelque manière et sous quelque prétexte que ce soit. Elle a flétri avec la même vigueur toutes les formes de l’homicide, depuis le meurtre pur et simple jusqu'à l'avortement et jusqu'à l'exposition des enfants, les parents n'ayant pas le droit de détruire l’œuvre sacrée dans laquelle ils n’ont été que les collaborateurs de Dieu, et jusqu’au suicide, l'individu n'étant pas libre de s’enlever une existence qu'il ne s’est pas donnée, et qui n’est autre. chose qu'un prêt divin dont il doit rendre compte. Dieu seul est le maître de la vie et de la mort : voilà l’idée sublime qui, appliquée dans les lois et dans les mœurs, y a plus fait pour le progrès du genre humain que tous les rêves des philosophes, et toute la sagesse: des hommes d’État.

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