XXXII INTRODUCTION
Mais la vie elle-même n’est chose sacrée et inviolable que parce qu’elle est pour l'individu le moyen indispensable à la réalisation de sa fin. Cette fin, 1l doit l’atteindre par l’usage continu des facultés qu'il a reçues dans ce but. Par suite, tout obstacle qui entraverait le libre exercice de sa volonté en vue de sa fin serait un sacrilège. Aucune loi humaine ne peut l’empêcher de servir le Dieu pour lequel il est créé, et de le servir de la manière dont Dieu lui-même veut être servi. Le chrétien doit être absolument libre de faire tout ce que Dieu lui commande, et d'éviter tout ce qu’il lui défend. Et comme les lois divines, tant prohi1bitives qu’impératives, embrassent tout le domaine de la vie morale de l’homme, il en résulte que ce domaine entier se voit soustrait au caprice de la loi temporelle, et que la conscience de l’homme est rendue aussi inviolable que sa vie.
Ce n’est pas tout. L'homme est par excellence un être social, car la vie de société est un des principaux moyens qui l’aident à parvenir à sa fin, par l’accomplissement des devoirs de charité qui lui sont imposés vis-à-vis de ses semblables. C’est pour cette raison que la jouissance de la vie sociale est un des droits qu'on ne peut lui arracher. Mais cette vie sociale se manifeste de diverses manières, et chaque être humain fait partie de plusieurs sociétés concentriques s’élargissant avec le but qu’elles poursuivent. La famille, l'État, l’Église, ce sont là les trois milieux dans lesquels s’exerce naturellement l’activité morale de l'individu. C’est parce qu'ils sont indispensables que le christianisme les a rendus sacrés.
La société primordiale groupée autour du foyer domestique est, de tous les organismes sociaux, le plus