‹ Les origines de la civilisation moderne 1923Chapitre 25 sur 44 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

simple et le plus antique. Sans la famille, l’homme ne serait qu'un sauvage. Première oasis de la civilisation dans le désert de la barbarie, la famille est l’asile béni où la personnalité humaine s’épanouit au souffle de la tendresse et de l’affection. IL ne se pouvait que les lois qui règlent cette institution providentielle fussent à la merci de la volonté perverse des forts ou de l’erreur irréparable des législateurs. C’est pourquoi l'Église les a définies elle-même avec l'autorité souveraine qu'elle tient de Dieu. Elle a transformé le glaive de l’autorité paternelle en houlette pacifique, elle a rétabli les droits de l’épouse et ceux de l’enfant, elle a soustrait les liens sacrés de l’union conjugale aux atteintes de la mobilité humaine, flétrissant avec la même énergie le divorce qui la rompt et l’adultère qui la souille. A l’inviolabilité de la vie et de la conscience, elle a ajouté celle de la famille.

Une forme plus vaste de la vie en commun, c’est la société civile, qui, se superposant aux sociétés domestiques, est pour les familles ce que la famille elle-même est pour les individus. Sans la société civile, 11 serait impossible à la famille de remplir sa mission civilisatrice, entravée qu’elle serait par l’anarchie universelle. La famille est, en effet, un trop petit centre pour que l’affection qui unit ses membres soit autre chose, si elle règne seule, qu’un égoïsme en commun. Il faut, pour conjurer ce danger, que l’homme fasse partie d’une société plus compréhensive, qui rapproche les familles l’une de l’autre, et qui maintienne l’harmonie entre elles. Tel est le rôle de l’État, et c’est parce qu'il est investi d’une mission providentielle que la loi chrétienne l'entoure de cette incomparable majesté que lui attribuent les Livres Saints. On com-

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