‹ Les origines de la civilisation moderne 1923Chapitre 26 sur 44 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

prend la flétrissure que l’Église inflige à la révolte, cette violation des lois pacifiques de la société civile. Au même titre que l’homicide et que le divorce, mais dans des proportions plus redoutables, la révolte est un attentat criminel à l’une des institutions les plus indispensables à l’homme pour la réalisation de sa fin dernière.

Ainsi, tout en cherchant avant tout le ciel, et en traversant ce monde comme une étrangère, l’Église lui trace pourtant des lois qu’il ne peut enfreindre et dont l’observance est pour lui le gage de la prospérité. Elle embrasse dans sa bienfaisante unité tous les États et toutes les familles, pour les unir de plus en plus, et les fondre en une seule famille, en un seul État. Elle coule son âme immortelle dans les formes fragiles des institutions humaines, elle les élève audessus de leur nature, et elle leur communique quelque chose de sa propre éternité.

L’'inviolabilité des droits de l'individu, de la famille et de l'État n’est que le minimum des conquêtes réalisées par le principe civilisateur sur la barbarie invétérée de la nature déchue. C’est, si l’on veut, la base inébranlable de la société chrétienne, mais la charité édifie sur cette base et dresse vers le ciel le superbe palais d'une civilisation impérissable. Sans elle, cette civilisation ne serait que la charpente aride et nue d'un bâtiment inhabité. La charité vivifie le droit et le fait fleurir, la charité le rajeunit, la charité le préserve contre la décrépitude qui atteint, à la longue, toute chose humaine.

C’est donc faire œuvre de barbare que de combattre l’action sociale de l’Église, et c’est entraver le courant vital de la civilisation que de mettre obstacle à l’in-

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