INTRODUCTION XXXV
fluence de ses principes. Ces principes, en effet, sont ceux dont nous vivons, et qui sont l’âme de notre société. [ls n'ont leur justification théorique que dans les enseignements de l’Église, et ils disparaîtraient bientôt le jour où ils ne seraient plus enseignés par elle. Croit-on sérieusement, par exemple, que l’idée de la fraternité humaine resterait dans le patrimoine de l'esprit moderne, si elle ne nous était plus enseignée comme un dogme révélé, et peut-on se figurer ce que deviendraient nos mœurs publiques, le jour où elles ne reposeraient plus sur la base immuable d’une doctrine religieuse? Comment s’y prendraient-ils, ceux qui travaillent à exterminer le christianisme, pour renouveler, au sein de la société, les fruits d’un arbre qu'ils auraient abattu? Cette question n’a jamais reçu de réponse : il ne faut cependant pas se lasser de la poser, parce qu’elle met dans une éclatante lumière l'impuissance et la stérilité des démolisseurs.
Veut-on se convaincre jusqu'à quel point est intime la solidarité entre l’Église et la civilisation? Qu'on cherche de quel côté se rencontrent les champions des erreurs et des iniquités qui sont la négation de la culture morale et intellectuelle. Ils se trouvent tous, sans exception, parmi les ennemis de l’Église. C’est exclusivement chez eux que tous les attentats à l’inviolabilité de la vie humaine sont justifiés. C’est là que l’on conseille l'avortement, que l’on pratique l'exposition des enfants, que l’on absout le suicide, que l’on glorifie le duel. C’est parmi eux que s'élèvent les voix menteuses qui nient la liberté de la conscience, soit théoriquement, lorsqu'elles protestent contre le libre arbitre de l’homme, soit politiquement, lors-