XXXVI INTRODUCTION
qu’elles livrent les consciences des sujets à l’État par l’odieuse formule protestante : Cujus regio eus religio ! C’est là aussi que se recrutent les violateurs des saintes lois de la famille, ceux qui préconisent le divorce, ceux qui excusent l’adultère, ceux qui ne craignent pas de tolérer la bigamie et même la polygamie, ceux qui vont jusqu'à rêver la suppression totale de la société domestique, et son remplacement par une honteuse promiscuité. C’est là encore que la dernière idole des peuples en décadence, la patrie, reçoit à son tour les insultes de ses blasphémateurs, et que des rhéteurs échauffés proposent de planter le drapeau national dans le fumier. C’est là toujours que la majesté de la société civile trouve ses plus irréconciliables ennemis dans les hommes qui proclament l'insurrection le plus sacré des devoirs, et dans les théoriciens qui livrent pour mot d’ordre à la postérité cette parole sauvage : Anarchie! Enfin, comme s’il était avéré qu'on ne parviendra pas à dire le dernier mot de la folie humaine, c’est là que dogmatisent à la fois, avec les philosophes qui veulent diviniser l'Humanité et substituer son culte à celui de Dieu, ceux qui lui proposent de se supprimer ellemême par un suicide en masse, et les politiciens qui travaillent à réaliser ce rêve monstrueux, en inscrivant sur leur bannière le nom sinistre du Néant!
Tous ces champions de l'erreur, qui se réclament de la civilisation et qui ramènent la barbarie, ont des traits de famille qui trahissent d’une manière irrécusable leur secrète parenté. D'ailleurs, rien qu’à voir l’unanimité avec laquelle ils s’acharnent à détruire l'union vivifiante de l’Église et de la société temporelle, on comprend qu'ils exécutent, peut-être sans le savoir,