XIV INTRODUCTION
dans cette forme de la société qui offre à ses membres le plus de facilités pour atteindre leur fin dernière. Mais quelle est la fin dernière de l’homme? Cette question est la plus urgente que l’homme puisse se poser, et rien n'importe plus à son bonheur que la réponse qu'elle recevra. Et cette réponse, il La lui faut immédiate, parce que sa responsabilité commence à partir du jour où 1l la demande; il la lui faut évidente, parce que la moindre incertitude suffirait pour l’entraîner dans d’irréparables et mortelles erreurs. Elle doit être pour lui la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde, et briller sur son âme dès que celle-ci commence à avoir conscience d’elle-même. C’est assez dire qu'il ne peut pas se contenter de ses seules forces. En proie aux mille causes d’erreur qui égarent l'intelligence, il se consume en recherches fiévreuses, pendant que sa rapide existence s'écoule et que ses actes irrévocables tombent de tout leur poids dans la balance de ses destinées. Comment de pareils efforts pourraïient-ils n’être pas infructueux? Celui qui ne s’est pas fait lui-même ne peut pas dire pourquoi 1l a été fait. C’est au Créateur, et non à la créature, à rendre compte de la création. A ce cri de détresse que l’âme humaine jette dans le silence infini de l'éternité : Pourquoi suis-je mise au monde? une seule voix peut répondre, et c’est la voix de Dieu. C’est donc, en dernière analyse, un problème d’ordre théologique dont la science sociale poursuit la solution, et, pour tout dire, on ne trouvera le secret de la civilisation humaine que dans le secret d’une révélation divine. Voilà ce qu’antérieurement à toute expérience historique nous enseigne la raison ellemême. Qu'on le veuille ou non, c’est la science reli-