‹ Les origines de la civilisation moderne 1923Chapitre 9 sur 44 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

gieuse qui a le mot de l'énigme sociale. Ici est le lien indestructible de la politique et de la religion : on ne le rompra jamais, à moins de mutiler l’homme.

Et qu'enseigne-t-elle, cette science, représentée par celle de toutes les religions qui parle incontestablement avec le plus d'autorité? L'homme, dit la doctrine chrétienne, esé créé pour connaître, aimer et servir Dieu, el ainsi parvenir à la vie éternelle. Cette définition est de celles qui s'imposent d'emblée à l'esprit par leur caractère d’évidence et de nécessité. Elle fait partie de la raison dès le moment où la raison apprend à la connaître. Éclairée désormais par une lumière qu’elle n'avait pas trouvée en elle-même, elle redit avec une assurance inébranlable qu'à moins qu'il n’y ait pas de Dieu, c’est lui qui est la fin dernière de toutes choses, et qu’à moins que Dieu n'ait pas assigné de but à l’homme, 1l ne peut lui en avoir assigné d'autre que son salut éternel.

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S'il est vrai que la mission de la société soit de faciliter à l’homme la poursuite de sa fin dernière, et que cette fin dernière soit le salut éternel, c’est en vain que nous 1rions chercher dans l’antiquité les traces d’une civilisation définitive.

Certes Athènes et Rome ont pris une place glorieuse dans l’histoire de l'humanité. L'une a réalisé un idéal de culture esthétique dont les imaginations resteront éprises à jamais; l’autre a réalisé l’idée du droit et a légué au monde un monument de jurisprudence dont les indestructibles assises semblent défier le temps. Toutes les deux ont enfanté des types de

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