‹ Les origines de la Compagnie de JésusChapitre 18 sur 49 · LEP NC TE IE · texte numérisé non relu

LEP NC TE IE

simples degrés d'initiation. Le Général y appelle, ou en

fait descendre qui il veut et quand il veut. Il peut,

comme le lui reprocheront les Jésuites d'Espagne,

1 Conférences aux novices Jésuites, par le R, P. de Pontlevoy. (Vie du R. P. de Pontlevoy, de la Compagnie de Jésus, par le P. de Gabriac, de la même Compagnie),

2 Les lois spéciales à la Compagnie ne sont pas mieux observées , que les lois canoniques, c'est Mariana qui en fait l'aveu, « Encore. A que les loïs que nous avons soient excessives en nombre, écrit-1l, Le P. Général toutefois ne se gouverne par aucune.» (Des grands … défauts qui sont en la forme du gouvernement des désuites, ch. X,

retenir éternellement dans les rangs inférieurs les plus. 5 méritants et élever à la profession les plus indignes ; nul n’a droit d'y voir, sauf, en théorie, le Souverain Pontife. En fait, nul n'y verra; car l'appel au Pape,. ù seule et unique ressource du jésiites en l'absence du Chapitre général, ne doit être transmis que par le * Général, c'est-à-dire par celui qui a tout intérêt à ie | rendre illusoire.

Quels sont d’ailleurs au juste ces degrés d'initiation ?

à quoi correspondent-ils ? quels privilèges, — toujours révocables, —— confèrent-ils à l'initié? ne s’en dissimu-

Jlent-ils point d'autres derrière ou sous ceux-là ? Autant de questions auxquelles il ne faut répondre qu'avec une . extrème réserve. Le résumé suivant, que j'emprunte à 1 un adversaire de la Compagnie, mais à un adversaire qui J'avait sérieusement et sincèrement étudié et aux arguments duquel on n’a jamais répondu !, peut donner un aperçu des obscurités et des difficultés que rencontre | l'historien, lorsqu'il veut s'assurer de la réalité des choses. sous l’apparente clarté des mots. + en «Tout est incertain dans cet ordre, — s’écrie Ripert «de Monclar? après avoir résumé les conditions spé.

1 J'entends bien répondu : des affirmations ou des dénégations sans preuves à l'appui, des arguments qui ne portent pas ou qui. ; portent à faux, une discussion lâchée qui se perd dans les détails secondaires et néglige les points importants, nec onstituant ni une réponse, ni une réfutation sérieuse et de bon aloi,

2 Compte rendu des Constitutions des Jésuites, par M. Jean- Pierre-François de Ripert de Monclar, procureur si du Roy au parlement de Provence, le 28 mai, 3 et # juin 1762.

ER . fais du novice late —— a se onrée le

ps à à » . r 9? TA « «temps, la qualité des épreuves, l’âge des vœux, la

… «lois immuables est ici dans un mystère impénétrable!»

Ripert de Monclar rappelle que les novices Jésuites

à-dire des le temps du noviciat, à faire des vœux qui les lient définitivement à la Compagnie (ce qui est absolument contraire à l'esprit et à la lettre des prescriptions | canoniques); que d’ailleurs ces mêmes novices, contrai- ; rement encore aux Constitutions apostoliques et en par- . ticulier au Règlement de Clément VIIT, ne reçoivent -qu une communication incomplète des règles et Constitutions de la Compagnie ; en sorte «qu'ils s'engagent. % pas à pas sans connaître la nature des liens qu als se donnent. » Et arrivant aux premiers vœux publics pro- L. noncés par le Jésuite, c'est-à-dire à ce que les Consti- tutions appellent la première probation, il ajoute :

” «Le novice ne devient pas profès par l'émission de à «ses vœux, et il devient religieux ; il n’est point profès . «dans son ordre, il est ‘semblable aux profès des autres ne ordres ! quant aux obligations qu'il a contractées. Le « vœu n'est point. solennel pour assurer son état ?; il

eut C'est du moins ee de Suarez (c'est-à-dire des Jésuites) qui élève bien au dessus des profès des autres Ordres les profès de la Compagnie, à peine inférieurs quant à la dignité, et très supérieurs quant à l'utilité aux Évêques eux-mêmes,

2 Il ne faut pas perdre de vue les effets civils qu'entrainait

«est, pour ainsi dire, à sa charge. S'il quitte, il est «apostat; la Société qui n'a pot reçu ses vœux ! peut *1 «en prendre le droit et le réclamer; s'il se marie, le «mariage est nul; mais si le Général le veut, tous ces «vœux sont anéantis, l'empêchement dirimant disparaît, «le religieux rentre dans le siècle et s'engage légitime «ment dans les liens du mariage... |

« Qu'est-ce donc que le novice acquiert dans son ordre

«par l'émission de ses vœux, en récompense de toutes

«les obligations qu'il contracte? Le titre d’écolier

«approuvé, et le droit de commencer de bien plus

«longues épreuves, après lesquelles le Général dispo-

«sera de lui comme il lui plaira, ou pour le renvoyer, «ou pour le placer dans telle classe de Jésuites quil = «jugera convenable. Certainement, il n’y a point d'éga-

«lité et de réciprocité dans cet engagement. Suivant la

«formule rapportée par les Consttutions, l'aspirant «Jésuite ajoute aux trois vœux essentiels de religion, «qu'il promet d'observer dans la Société de Jésus, une

«promesse spéciale d'entrer dans la Société pour. #2

encore au XVIII: siècle la profession religieuse. La situation qui, à de ce chef, existait pour les Jésuites renvoyés, était bien faite pour : attirer l'attention des magistrats, comme elle attirait celle desc &

canonistes, et de Rome elle-même. 1

1 C'est là-dessus que roulait toute la conte erse do saint. 4 Pie V, la Société de Jésus exploitant à son profit des vœux qu ’elle 1 caoait ne pas recevoir, Au regard de la loi eneieure les engagements doivent être réciproques. 54 2 En récompense, pris dans le sens de compensation, est aujour- “ d'hui vieilli, mais s’employait encore au XVIIIe siècle. ee

EAIGE

ne «passer sa vie, le tout entendu suivant les Constitutions. «Cette promesse est elle-même un quatrième vœu «distinct des trois autres. On la rédige par écrit dans ” «un acte séparé. Le novice devient donc religieux par « le même acte dans lequel il fait vœu d'entrer un jour

«dans son Ordre... Il promet de plus la stabilité per-

«pétuelle dans le même Ordre dont il sortira peut-être ;

«le tout doit être entendu suivant les Constitutions !...….

« Lorsque de l’état de novice il a passé dans la classe «des Æcoliers approuvés, il n'est pas aisé de suivre sa

«marche ; il est impossible de prévoir ce qu'il deviendra,

«et très difficile de démêler, après l'événement même,

«ce qu'on a décidé de son sort. Il a fait vœu d'entrer

Page 1