‹ Les origines de la Compagnie de JésusChapitre 24 sur 49 · RAT · texte numérisé non relu

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béni Dieu de ces succès? et comment le Pate ne s’en fût-il pas déclaré satisfait ? Quant à l’empereur et aux. autres princes allemands ou italiens, ils trouvaient dans les Jésuites de précieux auxiliaires, habiles à prècher aux petits la soumission envers les princes orthodoxes, et attentifs à ménager la faveur des grands, selon la recommandation expresse de leurs Constitutions!. Aussi dès 1543 Ignace avait-il obtenu de Paul HE, une seconde Bulle abrogeant la clause restrictive insérée dans la première. Le chiffre de sofxante cessait d'être obligatoire, et il était promptement dépassé. Personnellement, le fondateur se montrait sévère pour l'admission des novices : ses historiens rapportent qu en un seul jour ilen congédia douze, et que «jamais ilne se montra plus satisfait» qu'après cette exécution sommaire. Mais ceux de ses fils auxquels il communiquait en Allemagne, en Espagne et aux Indes le pouvoir d'admettre dans l’Institut, réservé en droit au Général, n'imitaient pas sa réserve.Voulant être partout, et comme on ne tardera pas à le constater, cles seuls à agir dans tout ce qu'il y. a de bien », ils ne songeaient qu'à faire des recrues, à : gagner du terrain, à gouverner à la fois les empires et. les âmes. Cette extension trop rapide qu'Ignace lui-

même se reprochera à la fin de sa vie d’avoir favorisée?

T'Const, 109P 311. D:6: 7

2 Au lendemain de la mort d'Ignace, Paul IV blämera devant Lainez la facilité excessive avec laquelle la Compagnie de Jésus admet dans son sein toutes sortes de jeunes gens de toutes nations. Un mot d'Ignace rapporté par Bartoli indique que le fondateur

n'avait pas seulement pour résultat d'introduire dans la

Compagnie des éléments hétérogènes, elle ouvrait la

porte à des dissensions que la vénération inspirée par

Ignace, et plus tard' l'autorité absolue de Lainez pour-

ront seules empêcher d'éclater au dehors !. Les qualités brillantes qui donnaient du renom à la Compagnie se voyaient préférées, quant au choix des sujets, aux vertus

solides et religieuses*; l'esprit évangélique baissait

dans l’Institut en proportion de ce que ledit Institut

gagnait en nombre et en étendue. Au XIII siècle,

quelque chose d'analogue s'était passé chez les Frères Mineurs. Plus populaires que les Jésuites, qui s’adressent de préférence aux classes dirigeantes, les disciples de François d'Assise s'étaient multipliés avec une rapi-

dité incroyable : le premier chapitre général tenu à

n’était pas sans se faire, à cet égard, quelques reproches. «Si j avais à désirer de vivre plus longtemps, disait-il sur la fin de sa vie, ce serait pour me montrer plus difficile et réservé dans l’admission des sujets. »

{Ilen transpira néanmoins quelque chose, et malgré le soin jaloux que les Jésuites ont mis de tout temps à en effacer partout les traces, et à maintenir la légende de leur premier siècle telle que l’a consacrée l’Imago primi sæculi, il existe encore, à cet égard, un certain nombre de documents fort suggestifs. Ces documents, que ne reproduit aucun historien Jésuite, semblent avoir été ignorés, pour la plupart, des adversaires de la Compagnie.

[est d'autant plus à désirer qu'ils rencontrent enfin un éditeur résolu et consciencieux, que leur publication est appelée à jeter plus de jour sur les points obscurs de l’histoire des Jésuites.

2 C’est le reproche que leur adressera quelques années plus. 7 tard S: Charles Borromée,

Assise, du vivant même du tondete en réunit cinq mille ! Mais tandis que Frère Élie et ses compagnons se. gloriliaient d'un tel nombre, François pleurait et s’afiligeait, prévoyant pour ses trop nombreux enfants une prompte décadence. Les troubles qui éclatèrent sous. son gouvernement et surtout à sa mort lui donnèrent trop tôt raison. La première réforme franciscaine date de quelques années seulement après la fondation: Ignace, au dire de ses historiens, versait fréquemment d'abondantes larmes; en répandit-1l, lui aussi, sur l'avenir de son institut? Ses fils ont négligé de nous l’apprendre. Quoi qu'il en soit, il s'inquiétait certainement, — ses lettres en font foi, — des tendances de ceux quil appelait les Jeunes. Mais le mal, à sa naissance, devait être facile à déraciner; les Constitutions, auxquelles il travaillait assidümenñt, y sufiraient sans doute :

Frère Elie, qui, auprès d’Ignace de Loyola, se nommait

1 À l’encontre des Jésuites qui déclarent n'avoir jamais eu besoin de réforme, les Frères Mineurs n’ont point cessé de se réformer, et l’histoire de leur Ordre, — telle qu'ils l’écrivent loyalement eux-mêmes, — n'est guère, leurs missions et les mono: graphies de leurs saints mises à part, que l’histoire de leurs réformes successives. Les noms mêmes de Capucins, Observantins, Récollets, Franciscains, qui désignent les diverses branches de la famille de saint François, marquent en même temps les étapes de ces divers retours à la sainteté et à la régularité religieuses. C'est d’ailleurs une loi à laquelle n'échappe aucune association humaine, que cette nécessité de se transformer et de se réformer sans cesse, sous peine d’une irrémédiable déchéance ; ; et l’histoire de l'Église catholique elle-même n’ést pas moins probante et in- .structive à cet égard, que celle des Frères Mineurs,

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nee l'entretenait Le te) pensée. Affichant lui- Mmérne cette soumission et cette humilité un peu théà-

à. lui, il persuadait aisément au fondateur qu'il remédierait à tout en fondant solidement le principe d'autorité. Une LP passive dompterait les esprits turbulents..……. 3 Et Ignace, naturellement enclin au despotisme, — nous verrons Paul III le constater, — écrivait de la même plume que les Constitutions la fameuse Lettre sur l'obéts- sance adressée aux Jésuites Portugais. Lettre d'un mys- | tique plutôt que d'un docteur, mais d'un mystique qui a . puisé à des sources étrangères. Toujours annexée aux

Constitutions et révêtue de la même autorité, la Zettre

1 Le rôle de Frère Elie, non moins contesté que celui de Lainez, l'a été surtout, — et je note ici la différence, — par les siens, c'est-à-dire par les Frères Mineurs et leurs historiens. En résumé, les accusations portées contre lui de son vivant, et qui obscur- eissent encore sa mémoire, nous montrent dans le successeur de saint Francois un religieux doublé d’un politique, d’une ambition intense, au service de laquelle il déploie un savoir faire que le mystique poète d’Assise qualifie de « prudence charnelle », mais dont il subit néanmoins l’ascendant au point de le nommer son vicaire général. Resté seul à la tête de l'Ordre après la mort de

saint François, Frère Élie, qu'on appelait aussi Élie de Cortone,

= contribua pour une large part à la canonisation du fondateur et à . l'extension rapide de la famille franciscaine. Bien vu des Princes, Du avait su se ménager des appuis en cour de Rome. Néanmoins, … un parti puissant, à la tête duquel se trouvait saint Antoine de - Padoue, se forma contre lui, On l’accusait d’avoir altéré l'esprit Let sacrifié la pauvreté de Francois d'Assise à son amour de la domination et des richesses. Le chapitre général le déposa, et il mourut obscurément,

DS

sur l'obéissance dont Sixte-Quint jugeait la doctrine.

excessive, et que Bellarmin même ne réussit pas à jus-

üfier!, n'a rien perdu de son prestige au regard de EUR.

Compagnie, et tout Jésuite est tenu Fe la relire au moins as une fois par mois. SEE

La rédaction des Consütutions, qu ‘Ignace était loin

de considérer comme achevée et définitive, et qui ne.

sera ni définitive ni achevée au moment de sa mort, SE

entourée de la même légende que fa: composition ‘du 2 à

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