LA
-de signaler ici la première énonciation d’une thèse que les Jésuites
une autre voie... qu'il ne fallait pas se fier tellement aux
décrets des derniers Papes (Paul IIT et Jules I) que
l’on crût leurs successeurs privés du pouvoir d établir autre chose, S1l$ le jugent bon 5 ".
Au sortir de cette entrevue, dont il affecta de se mon trer satisfait et d'attribuer le bon résultat aux prières d'Ignace, le siège de Lainez était fait; mais, pour le mener à bien, il fallait gagner du temps. L'embargo. mis par Philippe IT sur les Jésuites d'Espagne, aussi. longtemps que durerait sa querelle avec le Pape, four- . mnissait un prétexte plausible. Laïinez, se hâtant de lé 1 saisir, ajJourna au printemps suivant la Congrégation
convoquée pour le mois de novembre, et, selon le mot
de Sacchini, se mit à préparer la matière qu'on y devait traiter. Aidé de Polanco, qui les traduisait au fur et à.
.. mesure d'espagnol en latin, il revisait les Constitutions ;.
eten même temps il extrayait des notes laissées par
1 (Sacchini, Hist. S.J.). On devine aisément quel avait été l'argument de Laynez auquel répondait Paul IV; mais il importe
n’ont depuis lors jamais cessé de soutenir, et d’opposer comme une fin de non-recevoir à tous les Papes qui ont voulu les rélormen ; savoir que leurs privilèges et leurs constitutions sont intangibles, même pour le Siège Apostolique, lequel ne peut rien leur retirer de ce qu'il leur a une fois concédé, — fût-ce par surprise et en dehors des formes et des règles canoniques. — En revanche, 4 jamais une décision pontificale rendue contre eux n’a force de loi, | Brefs ou Bulles, les Jésuites ne se contentent pas de les éluder, | en fait, ils en soutiennent doctrinalement l’invalidité. Nous aurons plus d’une fois l’occasion de vérifier l exactitude de cette assertion, | dont il faut déjà prenEe note,
Ionace, — ou de ses propres notes, — les Déclarations
qui, sous couleur de l'expliquer, so/licitent doucement le
Fe
texte du fondateur et le ramènent du sens d’Ignace au En un mot, il mettait les choses au
sens de Lainez.
a soumettre aux Pères de son conseil un Debtes qui
pas à
réunissait le double avantage de lui assurer de nouveaux
LE one s'en trouvant informé, fit. nee aux
| Jésuites qu ‘ils eussent à se réunir à Rome, et non leurs.
temps, et avec la semaine sainte arrivaient, un à UN, les rares profès des diverses provinces, d'autant plus rares” que ceux d'Espagne, les plus no mbreux, continuaient à être retenus Join de l Italie par la volonté du roi. Était-ce seulement la volonté du roi? On se prend à en douter en Fopant Lainez saisir la balle au bond, et, sans s'arrêter à à la récente injonction de Paul IV, proser aux Jésuites de tenir l'assemblée en Espagne,
qu'il avait dessein d'y annexer : commentaires discrets,
. On touchait cependant aux | premiers jours du prin= re
230 LES ORIGINES DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS ps sous la protection de Philippe IF. A la vérité, ce projet | n'agréerait pas tout d'abord au Souverain Pontife; mais, sans lui désobéir formellement, on pouvait le contraindre * à capituler; et quant au roi catholique, il s'y montrait d'autant plus favorable que les Jésuites étaient un atout dans la partie que lui-même avait engagée contre Paul IV. Aussi bien, Lainez avait tout intérêt à se transporter en Espagne, où il comptait de nombreux par- | tisans ; tandis qu'à Rome, sa situation craquait de toutes à parts. Mais le temps, son auxiliaire fidèle, allait, pour une fois, lui faire défaut. |
Des dix Jésuites nommés dans la première bulle de Paul III, cinq survivaient à Ignace. Or, sur ces cinq dont Lainez était le premier, un seul, Salmeron, son ami d'enfance et de toute la vie, marchait avec lui. Les trois autres : Bobadilla, Pasquier-Brouet et Rodriguez, s’en séparaient hautement, entraînant dans l’opposition une fraction de la Compagnie. Les profès Viole, Adriani, 4 et un Jésuite des trois vœux, Ponce de Gogordan, investi de de missions de confiance par le fondateur, comptaient « parmi les membres importants de ce groupe. Bobadilla, : ; que Sacchini nous représente en cette affaire comme