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«le jouet malheureux du démon», avait été un des fils
chéris d’Ignace, lequel l’appelait en souriant l’hypocrite,
sait en lui de vertu et de sainteté n'était rien auprès de
ce que son humilité dissimulait. € C'était, dit le P. Boero,
toutes autres circonstances [que celle de sa querelle
avec Lainez) une profonde humilité, un mépris absolu
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se trompa peut-être, — il n’en agissait pas moins sui-
vant sa conscience. Au demeurant, Bobadilla était un
naïf qui, bien qu'employé tour à tour par le Pape et par
Ignace en des négociations diplomatiques, manquait d’'habileté et de souplesse ; sur ce point, et sur d'autres, = : Er Le , ; la partie n’était pas égale.
Paul IV, qui, s’il faut en croire Sacchini, aurait été + sur le point d’acquiescer au transfert de l'élection en Espagne*, reçut donc en même temps, ou presque en
1 Le P, Boero, avant de publier sa biographie de nue en à publié une de Bobadilla. ;
2 En dépit de l'affirmation de Sen j'ai quelque peine à croire à cet acquiescement de Paul IV. Le vieux Pontife, ainsi que Vavoue Crétineau-J oly, était en défiance contre Lainez'et les siens, - etil rédoutait trop particulièrement-leur entente avec Philippe II, - pour avoir été tenté, même un instant, de la favoriser en donnant aux Jésuites l'autorisation de tenir leur première Congrégation » sous les auspices du roi catholique son adversaire déclaré. Mais . Sacchini, ayant avoué que le projet de passer en Espagne venait 7 de Laïnez, cherche à sauver la situation en le représentant
- donnant ainsi à entendre, dit Bartoli, que ce qui parais-
c'était un homme vraiment apostolique, qui montra en.
de lui-même, un zèle ardent, en un mot, toutes sortes
de vertus.» Un tel homme pouvait se tromper, — et il
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même temps, deux avertissements ou deux suppliques qui Cchangèrent ses dispositions». Le premier, sous forme de mémoire, lui était présenté par Bobadilla et les siens : ils demandaient au Pontife de vouloir bien.
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juger entre eux et le Vicaire Général, c'est-à-dire Lainez, lequel, concentrant toute l'autorité en ses
mains, prétendait la détenir contrairement aux Constitutions, en retardant indéfiniment la réunion de l'as< semblée et l'élection régulière du Général. Il y avait là comme une sorte de confiscation des droits de tous au profit d'un seul; les protestataires proposaient de. mettre fin à cet abus en confiant le gouvernement par intérim au Conseil de la Compagnie, composé des cinq à
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survivants de la fondation et des premiers profes : conseil qu'Ignace de Loyola avait toujours affecté de
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consulter, et que Lainez lui-même avait réuni réguliè- .
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rement en ses premiers temps, mais qu'il tenait maintenant à l'écart, sous le prétexte que ces assemblées fréquentés étaient plus nuisibles qu'utiles. |
Le second avertissement, que Sacchini qualifie un peu durement de libelle, fut remis par l’auteur, Ponce 1 de Gogordan, à deux cardinaux de sa connaissance. Le
Pape y était avisé que le Vicaire Général etles:Pères: 4 qui demandaient à se réndre en Espagne prétendaient y créer un Général selon leur bon plaisir, et y dresser NE
d'accord sur ce point avec le Pape, tandis que Crétineau-Joly, qui M nie l’acquiescement de Lainez, se trouve par cela même dispensé M de parler de celui beaucoup plus problématique de Paul IV...
CES litre en à dehors 4 ar Siège, ainsi qu ‘ils le trouveraient expédient.
L'alarme de Paul IV paraît avoir été assez vive. Dès
le début de sa querelle avec Philippe Il, et du vivant même d'Ignace, le vieux Pontife avait singulièrement
redouté l'entente possible entre les Jésuites et Le roi - à l catholique. Il avait deviné chez lo fs de Charles-Quint
| cette ambition intense qui prétendait asser vir l'Église 12 {, Sous prétexte d'être en terre son lieutenant, la
réduire à l’état de vassale. Que son accord avec Lainez
int étouffer ses derniers scrupules, triompher de ses”
ernières hésitations, et c'était le schisme consommé,
‘était une Église occidentale se constituant, comme
Église d' re en face de l Église romaine. Libre à
Crétineau et. à d’autres de railler ici les craintes de
ustère Fo mais qui oserait affirmer, après un examen rigoureux de la situation, qu’elles ne fussent as raisonnables ? Il avait suffi de la révolte d'un moine pour enléver au catholicisme la moitié de lEurope ; sainez aurait-il donc moins de prestige, lui que tant de ne
rinces en Italie et en Allemagne, sans parler des Espagnes, regardaient comme leur conseiller ? Lainez
e pourrait-il pas ce qu ’avait pu cet Augustin, i inconnu a veille, dont la parole venait d’ébranler la chrétienté ?
À quand à Lainez pouvait se joindre Philippe IT prêt à défendre au besoin l'Église contre le Pape lui-
ême », suivant ses propres paroles, n’y avait-il donc T7 le € d 3 ” =
ucune appréhension à concevoir au sujet d'une telle
Paul IV se fait remettre la liste de tous les membres de la Compagnie actuellement présents à Rome et signifie au gouverneur de Rome qu'aucun Jésuite n'ait F à franchir les portes de la ville sans une permission expresse du Pape. Sur ces entrefaites, «le bon Lainez!, w qui ne se doutait de rien», se rend au Vatican. Il trouve È
Paul IV qui sortait de table, et constate du premier » coup €qu'il n’est pas regardé du même œil qu'à l'ordi- « naire ». Confus, inquiet, il voit les heures s'écouler sans 4 que le Pape, qui ne lui a pas adressé la parole en se retirant dans son appartement, donne ordre de l'y intro-
1 L’appellation est du P. Boero. Il est assez curieux de constater à quoi se réduisent sous la plume du Révérend Père les démélés de Lainez et de Bobadilla. En citant in exlenso son récit, je mettrai le lecteur à même de constater la vérité de mon assertion, savoir que Lainez n’a pas encore rencontré dans sa Compagnie 1 un véritable historien, «Le Pape inclinait à l’afirmative (touchant : «la question d'Espagne), quand la discussion soulevée par le «P. Nicolas Bobadilla vint encore indisposer le Pontife déjà « mécontent, J'ai raconté ce fait dans la vie de cet homme vrai- «ment apostolique, qui montra en toute autre circonstance une « profonde humilité, un mépris absolu de lui-même, un zèle ardent, «en un mot toutes sortes de vertus. Le bon Lainez, point de mire «de ces regrettables manœuvres, supporta tout avec une humilité «et une patience inaltérables; bien loin de se montrer irrité, il «redoubla de bienveillance et d'attention pour celui qui, aveuglé «par de regrettables préjugés, cherchait à le rabaisser et le con: «trarier, Il réussit ainsi à regagner son cœur et à rompre la … «trame de cette querelle domestique dont les débuts étaient si «fâcheux.» Et l'incident ainsi vidé ou plutôt esquivé, le P. Boero 1 passe au récit de l'élection de Lainez. (Vie du P. Jacques Lainez, p. 201-202).
. duire. Il s'adresse au cardinal de Trani et le prie de | rappeler au Pape qu'il est là et attend son bon plaisir. L La réponse est un coup de foudre : « L'heure n’est pas aux audiences.» Mais en même temps le Pontife
fait sommer Lainez de lui apporter, sous trois jours, les À: bulles des Papes concernant la Compagnie, les Constitutions et les règles de la Société : injonction que com- | plète et souligne la défense de quitter Rome. 7 Lainez cependant ne s’abandonne pas. Son art suprême consiste à savoir tirer parti de ses fautes et à transformer ainsi ses défaites en victoires : il a eu la - main trop lourde, il la rendra légère ; d’inflexible et d’autoritaire il se fait souple, insinuant, Caressant même. Son premier acte a été de convoquer son con- À seil, et de « protester contre l'emploi des moyens humains.» Ce sont «des messes, des communion, des ; Jeûnes, des disciplines», qu'il prescrit, ou fait prescrire, «pour le salut de l’Institut», identifié du coup à sa / propre cause. Mais au fond, s’il prétend mettre le ciel dans ses intérêts, il ne les néglige point lui-même. Sa
tactique consistera, d’une part, à désarmer Paul IV par . les apparences d’une soumission qui, tout én réservant tout ce qu'elle semblait concéder, doit empêcher le | Pontife de frapper un coup décisif; de l’autre, à rompre l'union de ses adversaires et à lés gagner en s'adressant - séparément à eux. Pour commencer, il envoie à Paul IV les bulles et Constitutions jusque-là vainement récla- - mées par le Pontife ; mais en constatant qu’en ce qui 4 concerne les Constitutions, la dernière main n’y a point
tique de Lainez se révèle dans les moindres détails.
par un secret dessein de Dieu (sic), venaient tous entre
été mise encore et ne le sera que dans la prochaine
assemblée: 6 Constitutionibus necdum supremam manu:
adjectam, sed in primo patrum conventu addendam ». C'était une sorte de fin de non-recevoir opposée, au nom de la liberté des Pères, aux RÉDE PARTS de Paut EN k ; : ae ee Pape cependant 1 n'a point oublié la uno ba de Bobadilla, et c’est au cardinal Carpi, protecteur attitré de la Compagnie, qu'il a remis l'instruction de l'affaire et sa décision. Or c’est ici que la supériorité diploma-
«Tandis que le Vicaire Général, en homme avisé, à soin «de ne rien confier au papier sur cette affaire, si ce «n'est la réfutation des raisons alléguées par Bobadilla, «celui-ci et son confrère, Ponce de Gogordan, ne fai- «saient qu'écrire et entasser libelles sur libelles, qui,
« les mains de Lainez. Car les uns tombaient en chemin , «et étaient ramassés par leurs compagnons ; les autres. « en ICS Li fre ques, re not les