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«seront examinées et abrégées autant que faire se (pourra; on tiendra compte (sic) de celles qui émanent «certainement de Notre Père Ignace, si elles sont jugées
«convenables au temps et utiles au bien général; mais
«surtout les règles des offices, celles du Provincial, du
1 Regulæ communes Societalis Jesu commentariis ascelicis
illustratæ à Julio Negronico; editio tertia, Coloniæ Agrippinæ, 4617, in, p. 21, 22.
RENTE NRC à
«Recteur et des autres officiers, seront examinées et «abrégées.» Voilà ce que décidait la seconde Congréga- «tion, neuf ans après la mort du B. Ignace; dans un «Lemps où était encore récent le souvenir de celles que ” «le B. Père avait données. Notre Père Éverard Mercu- «rian, quatrième Général, qui, ayant assisté à la seconde «Congrégation !, en avait bien saisi la pensée plus «qu'aucun de ses prédécesseurs, s'appliqua à l'exécution «de cette affaire, et, après avoir examiné toutes les. «règles d’après l'esprit du B. Ignace, les rédigea en un «corps et les envoya à toute la Société pour qu'on éta= «blit enfin une édition aussi parfaite que possible. Le P. «Claude Aquaviva, qui lui succéda, y mit la dernière
(main, par l'autorité de la quatrième Congrégation, et. «publia cette dernière {?) édition, que l’on peut dire «approuvée par l'Ordre entier. En quoi il se servit du. «P. Jacques Miron, qui, lui aussi, avait été présent à la «seconde Congrégation et avait tout observé avec. «beaucoup de soin, reportant sur des mémoriaux (codi-
cillos) tout ce qui regardait les Règles, la discipline
1 Mercurian, aussi bien que Miron, dont il est question ensuite, n'avaient pas seulement assisté à la deuxième Congrégatiom générale présidée par Fr. de Borgia, mais ils étaient l’un et l’autre présents à la première, présidée par Lainez et exclusivement composée des disciples et des contemporains de Loyola. L silence que garde Négroni sur les travaux de celle-ci, tandis qu'il M insiste sur la fidélité de celle-là à s'inspirer de la pensée du fondateur, ne semble-t-il pas dès lors indiquer qu'une fraction au. moins de la Compagnie avait conçu des doutes sur la portée de l'œuvre inspirée par Lainez? “0 Ce À
Dar UE TAINBA ET PAULOIV) 207
« domestique et la manière de gouverner d’Ignace, sous «lequel il avait longtemps vécu. Z7 faut donc penser que «ces Règles ont été si bien abrégées et examinées qu’il
«n'y a de retenues que les seules, où à peu près les € seules (eæ vel solæ, vel ferè solæ regulæ sint retentæ) «qui ont eu le B. Père pour auteur et pour promul- «gateur.»
Mes lecteurs me pardonneront de n’avoir pas à mon tour abrégé la citation : J'aurais craint d’en affaiblir ou | d'en dénaturer la portée. Mais ces Règles et Constitu-
tions qui émanent toutes d'Ignace, (quoiqu'il y en ait eu
d’ajoutées après sa mort », quoique Lainez après Ignace,
Mercurian après Lainez, Aquaviva après Mercurian, Miron après Aquaviva les aient retouchées, abrégées,
limées, émondées à tour de rôle et à leur gré, ce sont. ces mêmes Règles et Constitutions auxquelles «Ignace. «seul a mis la main!» «Œuvre exclusive et inspirée du | fondateur», écrit Bartoli dans son Histoire d'Ignace de Loyola, et avec quel luxe de preuves de détails et td’ affirmations !..... Ce sont celles que Crétineau-Joly * assure avoir confrontées lui-même sur le manuscrit autographe de Loyola, conservé dans les archives du | Gésu 41, et dont il nous garantit l’exactitude et l’authen-
1 L’afirmation de Crétineau-Joly est assez difficile à concilier * avec le décret 61° de la cinquième Congrégation générale, lequel | déclare que l'autographe des Constitutions de la main d’Ignace étant usé, presque lacéré, obsolelum atque lacerum, il est urgent . d’en faire une nouvelle copie, qui sera collationnée sur l'original, et sur la copie de Polanco, déclarée authentique par la première - Congrégation générale,
ps
ücité absolues. € Ce sont les seules, où à peu pres les
seules, qui ont eu le B. Père pour auteur.» En vérité,
ils l'ont affirmé . haut et si souvent qu'ils ont fini eux-
on, Paul 4 qui, en es Lainez et lé membres de la Congrégation générale, le, 6 juillet, n'avait pas manqué de les engager «paternellement » à
recourir à lui en toute confiance et sincérité, les croyait
1 Si les preuves sont parfois difficiles à réunir pour les historiens qui écrivent en dehors de la Compagnie, elles ne manquent
cependant pas; et il suffirait aux Jésuites de peser le témoignage
qui ressort de l’ensemble des décrets rendus par leurs Congrégations générales pour savoir à quoi s’en tenir sur l'authenticité de leurs Constitutions, en tant qu'œuvre exclusive d'Ignace de: Loyola. Les réticences et les aveux du Jésuite Négroni nous ont seulement laissé entrevoir les divers remaniements qu'avait déjà
subis le texte du fondateur, ou réputé du fondateur, un demi-siècle
après sa mort. Mais l'édition, (aussi parfaite que possible», que
Négroni, dont la préface fut écrite peu après la réunion de la qua-
trième Congrégation, regardait comme définitive, n'eut pas meil-
leure fortune que les précédentes et souleva les mêmes objections:
et les mêmes défiances. On peut en retrouver l'écho, — très atténué il est vrai, — dans les actes des cinq Congrégations générales suivantes, jusqu'à ce qu'enfin la 9° Congrégation, tenue en 1652, un siècle après la mort de Loyola, ayant renouvelé les pénalités sévères édictées par les 5° et 6° Congrégations contre «les perturbateurs de la Société» et décidé que soûs ce nom de.
«perturbateurs» il fallait entendre «tous ceux qui parlent sourde- 4
ment ou à découvert de l’Institut» et «qui tombent en tentation de .
doute touchant certaines règles », les Jésuites semblèrent renoncer : à poursuivre une chimère d'authenticité devenue périlleuse pour à les plus sincères, et la légende des Constitutions révélées et intan- M gibles, telle qu'on la trouve formulée par Bartoli, «l'historien M
officiel de la Compagnie», s’imposa d’une manière définitive.
s'attendait chaque jour à ce qu'ils vinssent lui en soumettre le résultat, lorsque, tout à coup, après la miaoût, il apprenait indirectement que l’Assemblée des Jésuites regardant ses travaux comme achevés, était sur Ele point de se dissoudre. |
. La colère du vieux Pontife fut vive: il se voyait joué, et joué par Lainez, un Espagnol ! ! Mais les choses ne
se passeraient pas ainsi, et, puisqu'on abusait de ses,
des ordres, un véritable wltimatum, que le cardinal de
Ge: Ah nes
Trani va porter au Gésu. Le Pape n’a jamais compté
approuver en bloc les Constitutions, ainsi qu'on pré-
tend le lui imposer; mais il permettra encore moins qu'on se passe de son approbation... Que l'assemblée se réunisse donc et qu'elle délibère sur ces deux points . qu'il a résolu de modifier: 1° La suppression du chœur, - dont les hérétiques se font une arme contre l'Église catholique, et qui d’ailleurs peut amener insensiblement l'affaiblissement de Îa piété; 29 Le Généralat à vie,
Outrole.
Les Jésuites ne dissimulent pas la stupeur que ce
4 message Causa, sinon à l'unanimité, du moins à la maJo-
Ér 1 Paul IV, on le sait, maitre pas Philippe Il et tenait en défiance tous les Espagnols.
encore plongés dans l'examen de leurs Constitutions et
> bontés, il ferait sentir le poids de son autorité! Ce sont
‘qui entraîne la suppression des assemblées régulières + et revêt le Général d'une autorité absolue et. sans
Bo de l’assemblée; et pour l'expliquer, ils accusent :
Paul IV de €manquer à sa parole» ; accusation étrange, «
qu'ils ne parviennent à étayer qu’en prêtant au cardinal
Pacheco une déclaration plus étrange encore. Selon |
Sacchini, — reproduit en ce seul détail par tous les his-
toriens de la Compagnie, — le 3 juillet 1558, Paul IN ”
aurait chargé son mandataire d'assurer les Jésuites qu'il
les laissait libres d’élire leur général (à perpétuité ou
pour trois ans», lui, le Pape, préférant d’ailleurs la perpétuité.
Par malheur, affirmer et prouver sont deux choses
différentes ; et si les Jésuites affirment la duplicité de.
Paul IV, je dois avouer qu'ils ne la prouvent nullement,
et que tout, au contraire, contredit ici leurs assertionst, .
1 L'accusation de duplicité n’est pas la seule en effet que les Jésuites portent contre Paul IV. Selon eux, le Pontife, qui cédait «à des suggestions étrangères au Saint-Siège», aurait voulu compenser, par ses sévérités imméritées envers les Jésuites, ses fai-
blesses à l'égard de ses neveux, Voici comment Crétineau-Joly :
expose sur ce point la thèse de la Compagnie: «Le Souverain «Pontife, écrit-il, a chassé de Rome et puni en prince irrité ses «neveux dont les crimes passaient toute mesure. Cette sévérité «prouvait les bonnes intentions de ce vieillard toujours impé- «tueux; mais elle ne réparait qu’à demi les désordres qui s'étaient
«glissés dans l'administration ecclésiastique. Le Pape sentait que «pour faire respecter son autorité compromise, il importait de
«donner de grands exemples. Les vices pullulaient dans le clergé «séculier et régulier; la préoccupation de Paul IV était d'en «triompher. Pour réussir dans son dessein, il prend à partie la
«Compagnie de Jésus, innocente de ses désespoirs de famille et M «plus encore des malheurs de l'Église, La Société de Jésus accep- E «tait les Constitutions de Loyola, le Pontife désire mettre des . «entraves à cette acceptation, Le cardinal de Trani le signifie en «
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Didi taneitn ee, Voies.
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* Paul IV, du vivant même d'Ignace, n’a laissé échapper
‘aucune occasion de protester contre le système de gou= vernement qu'il voyait s'établir dans la Compagnie ; au
2 u- cé x ea
lendemain de la nomination de Lainez comme vicaire général, aussi bien qu'avant et après son élection au | généralat, le langage du Pape indique, — les témoins : Jésuites et non Jésuites sont unanimes à le constater,
. — et maintient toujours sa ferme résolution de modifier
«son nom aux Jésuites assemblés.» (Hist, de la Compagnie de
Jésus, t.T, p.)
Je n’objecterai pas que pour blanchir Lainez cette explication * n’est pas sans noircir Paul IV; la vérité seule importe ici: mais les Jésuites jouent décidément de malheur avec les dates, A la mi-
RE
août 1558, en effet, époque précise de la mission du cardinal de ; Trani, Paul IV n'avait nullement chassé ses neveux et ne songeait à même pas à les chasser. Ce fut dans le courant de septembre de cette même année, un mois après ses démélés avec Lainez et les . Jésuites, que le Pontife, étant entré à l’improviste dans l’appartement du cardinal Carlo Carafa, acquit la certitude que les dénonciations qu’il venait de recevoir contre son neveu, et qu'il . considérait comme calomnieuses, reposaient sur des faits trop réels. Ce fut seulement au mois de janvier suivant, — alors que le È Pontife, se croyant obéi, témoignait à Lainez, le P. Boero le
| | îr À F À à constate, une confiance excessive et lui demandait l’aide de ses : conseils, — au Consistoire du 29 janvier 1559 que le Pontife ayant | poussé son cri habituel : «Réforme ! Réforme! » s’attira la réplique » de Pacheco: «Oui, Saint-Père, mais c’est par vous qu'il convient Dee commencer,» Réplique qui, frappant la conscience du Pape, Jui fit résoudre l'éloignement des coupables: Garlo Carafa et le à duc de Riaro, lesquels quittèrent Rome au mois de février.
. [n'est donc pas possible d'admettre que des faits postérieurs de six mois à la clôture de la Congrégation générale des Jésuites
aient pu influer d’une facon quelconque sur les résolutions prises
par Paul IV à l'égard de la Compagnie de Jésus,
sur ce point les Constitutions. Et non seulement il affirme sa volonté, mais il proteste de son droit de vouloir et d'imposer ce qu'il a résolu. Un seul jour, et à au témoignage des seuls Jésuites, Paul IV sé serait donc « contredit lui-même sur ce seul point, ou plutôt, avec
une ferveur de néophyte, ferveur qui n'aura pas de len- … demain, 1l aurait chargé le cardinal Pacheco de le con. : tredire, de brüler en son nom ce qu'il avait adoré, et. d'adorer de sa part ce qu’il avait brülé! Mais en admet- ; tant que les Jésuites, qui sont ici juges et parties, doi- 7 vent être crus sur paroles et contre toute vraisem= 4 blance, pourquoi cette déclaration ? Paul IV n'avait. j qu'à ne rien dire s'il préférait le généralat à vie, et à. | laisser les Jésuites élire leur Général selon leurs consti-. tutions ! Je sais bien que les Jésuites se prévalent ici # d’une «pièce de premier ordre», qu'ils apportent 4 comme preuve; et cette pièce est une protestation … rédigée par la première Congrégation générale, et. signée par tous et par chacun de ses membres, le seul Lainez excepté; mais on va voir quelle est la valeur * historique et testimoniale de ce document! LE
En recevant les ordres de Paul IV par l'intermédiaire du cardinal de Frani, les Jésuites s ‘étaient, en vertu même de ces ordres, mis à délibérer. Il est probable \ que la question du chœur ne les tint pas longtemps, S
1 Cette pièce, conservée dans les archives du Gésu, a été publiée \ pour la première fois par Sacchini en 1620, c'est-à-dire plus de soixante ans après la mort de Paul IV (1559). Crétineau-Joly el Boero en donnent deux versions un peu différentes,
En:
toutéfois elle fut examinée. Bien qu'ils se souciassent médiocrement d'être astreints à chanter Matines, ils
sentaient tous, que la difficulté gisait ailleurs, dans cette perpétuité du généralat que le successeur d’'Ignace avait à cœur d'établir. Quant à celui-ci, peu lui importait d’avoir devant lui trois ans, voire six ans de règne si,
au bout de ces délais, il devait rendre compte à d’autres
qu'à Dieu de son administration. Or le généralat
triennal ou bi-triennal, c'était de plus l'assemblée f
convoquée à échéances fixes, l'assemblée discutant,
examinant ses actes, S’associant dans une mesure à son gouvernement. Et Lainez, c'est Sacchini qui le révèle, Lainez savait (combien nuisibles sont les assemblées ! »
La Congrégation employa deux jours entiers, les 23 et 24 août, à examiner la proposition de Paul EV. A Mais, quand vint le moment de prendre les voix, tous, «sans une seule exception, furent d'avis que ce serait un acte fort regrettable que de prendre des mesures «contraires aux Constitutions déjà approuvées par les « Bulles des Souverains Pontifes Paul ITT et Jules ET! «Et d'accord pour la perpétuité du généralat, ils rédi- «gèrent un acte, en forme de lettre, à Paul IV, pour lui
U Il y a ici une erreur formelle, sinon volontaire, Si Paul II et Jules ITT, en effet, renvoient dans leurs bulles aux Constitutions de la Compagnie, c'est aux Constitutions auxquelles travaille Ignace et qui seront promulguées dans la suite, et la mention qui en est faite ne peut passer à aucun titre pour une approbation, les Constitutions inachevées n'ayant pu d’ailleurs ètre soumises aux Pontifes. Ajoutons qu'ainsi que je l’ai constaté, ni Paul INT ni Jules IIT ne se prononcent sur la durée du généralat.
€ faire connaître Re oi RL le
«cardinal de Trani. C'était un exposé simple et net des : « faits, avec une humble protestation d’obéissance À » É Mais cet acte, le grand cheval de bataille de la Com- ‘4 pagnie contre Paul IV, cet acte dont elle fait maintenant 4 une pièce décisive, est-il bien ce qu'il paraît être, ou ce pour quoi on le donne : un mémoire qui prouve contre le Pape, parce qu'il l'oppose à lui-même, et lui remet sous les veux le désir exprimé en son nom, le 2 juillet, que le Général fût nommé à vie, et encore, et en plus, la confirmation de l'élection faite sur cette base, le: 8 juillet?
Je remarque : 1° Que nous n'avons pour garants de
son authenticité, que le seul témoignage des Jésuites, — w
la pièce est, en effet, tirée des archives du Gésu, archives ouvertes aux seuls membres de la Compagnie, — et mes ce mot d'authenticité n'ayant pas, sur leurs lèvres ou sous leur plume, la signification qu'il a d'ordinaire pour les historiens, rien ne nous empêche de nous demander si le texte en question n'a pas été reconnu authentique après retouches, et s'il est mot à mot le texte adopté : par la première Congrégation générale, ou simplement un texte Çémané de son esprit?» 20 Que des historiens, bien renseignés quoique non Jésuites, affirment que la pièce en question est post-datée; au lieu d’être du . 30 août 1558, c'est-à-dire postérieure à Lultimatum du Pape et à sa signification par le cardinal de Trani, elle |
4 Bocro, Vie du P. J. Laines, p. 111.
ÉAINBZU EN PAUL) IV à + 00
aurait été souscrite le 13 août 1558, dix jours par conë séquent avant l’ultimatum. Ceci:en changerait tout à fait le sens et la portée; ceci même prouverait que, loin d'avoir reçu de Paul IV les assurances dont ils se targuent et de s’y être fiés, les Jésuites connaissaient parfaitement les intentions du Pape et prenaient à l'avance leurs précautions contre elles. 3° Enfin, et en admettant + que ces deux premières objections puissent être résolues victorieusement, 1l reste que, de l’aveu des Jésuites, cette lettre, ce mémoire, cette note diplomatique adressée
à Paul IV ne Lui a jamais été remise ! Selon eux, Lainez
… et Salmeron, députés pour la présenter au Pape, jugèrent pour de bonnes raisons € honestas ob causas», que la prudence ne permettait pas de la remettre, ni de la faire remettre à destination; et ils se contentèrent de la déposer dans les archives du Gésu pour l'édification