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un discours beaucoup plus agressif que le mémoire luimême !, — elle ne porta point de fruits; car Paul IV le
1 (Crétineau-Joly, Hist, de la Compagnie de Jésus, t. I, p. 280).
se vante d'avoir tiré tous ses documents des archives du Gésu, a. puisé ce discours de Lainez, Sacchini, qu’il prétend suivre, non seulement n’en dit rien, mais il assure, à l’encontre de Crétineau, que Paul IV parla le premier, que Lainez ne lui répondit qu'après en avoir «humblement demandé la permission», et les paroles E* qu’il lui prête, ses protestations d’ obéissance sont d’un ton bien É différent ji Ver inventé par Sent J'ajoute que ce dernier
à qui les Jésuites prêtent encore #:
di ignore à quelles sources le moderne historien des Jésuites, qui …
reçut fort mal, lui et son compagnon. (En présence du
«cardinal de Naples, son neveu, il leur témoigna son «mécontentement par des paroles irritantes. Laïinez et « Salmeron lui expliquèrent les motifs de leur persis- (tance. « Vous êtes des insoumis, des entêtés qui frisez. 4 « l’'hérésie », s'écria le Pontife, et laissant échapper le secret de ses inquiétudes : «Je crains fort, ajouta-t-il, «de voir sortir de la Compagnie quelque sectaire,.….., «Au reste, nous sommes bien déterminé à ne plus «tolérer pareil désordre ». « La position de Lainez était À <embarrassante», écrit Crétineau-Joly, «il s'en tira «avec une respectueuse franchise (sic) sans offrir le «mémorial au Pape», «Je n'ai Jamais recherché ni «désiré le généralat, déclara-t-il, et, à ne considérer «que mon inclination personnelle, non seulement je «n'éprouverais aucune peine à le déposer au bout de (trois ans, mais Je regarderais comme une faveur si « Votre Sainteté m'en déchargeait aujourd’hui même...» 4 Après quoi, il s’efforça de réfuter, un à un, les arguments du Pape, et de répondre aux griefs qu'il avait nettement formulés. Le P. Boero nous affirme que son M discours produisit la plus profonde impression sur Paul IV, lequel, non seulement Çchangea de ton», mais voulut remettre de sa main au Général «des chapelets et des médailles pour les distribuer en son nom aux.
est d'accord avec Sacchini et avec Boero, pour constater que. Lainez ne remit pas le mémoire au Pape, ce qui ne les empêche pas de lui attribuer toute l’autorité qu’il eût pu avoir si le Pape. l'avait recu,
Pères de la Congrégation». Il est fort possible que Paul IV, jugeant la leçon suffisante, et son mécontentement exprimé, se soit radouci à la fin de l'entrevue. En tout cas, les arguments de Lainez n’ébranlèrent pas sa résolution; et, le 8 septembre 1558, le cardinal de Naples signifiait aux Jésuites «les deux dispositions »
auxquelles Sa Sainteté entendait qu'il fût obéi : «la
durée du Généralat réduite à trois ans, et l’établissement
du chœur». «Lainez répondit au nom de tous, protestant d’une pleine obéissance de volonté et d'exécution, telle” que la professe spécialement la Compagnie à l'égard du Vicaire de Jésus-Christ! ». Mais, en secret, il consultait «les cardinaux les plus doctes », c’est-à-dire les mécontents, — et ils étaient nombreux sous Carafa, — pour trouver le moyen d’éluder les ordres du Pape. Paul IV, en effet, exigeait que les modifications résolues par lui fussent inscrites aux Constitutions, on lui laissa croire qu'il en était ainsi; mais on se garda soigneusement de rien écrire : Ç Un simple commandement du Pape ne devant pas être confondu avec une décision du Saint- Siège», et n'ayant aucune force pour Qaltérer l'essence de l'Institut ?.»
1 Boero, Vie du P. Jacques Lainez, p. 114.
2 Boero, Vie du P. J. Lainez, p. 130, Il est vraiment curieux de voir les Jésuites arguer de ce que la décision du Pape'a été «purement orale», pour s’en affranchir et la déclarer de «nulle valeur», alors qu'ils s'appuient constamment sur de prétendus oracles de vive voix pour éluder les brefs et les bulles pontificales, et s’assurer des privilèges exorbitants.
Rae IN : 22 C ts x de LT ALN] ù A cs 268 : DE JÉSUS PR
cation du Pape, fut la dissolution de l'assemblée qui se
canonial ; il se contenta d'y procéder dans les deux. 6
du Pape; mais, selon le mot de Crétineau-Joly qui
. dirent,. »
Paul IV, miné par le chagrin autant que par la vo lesse, rendait son âme
TER FR se déchaînèrent avec une violence : inouïe ; mais
Le premier acte 'n pos ‘en | réponse. à 1 signifie
sépara le 10 septembre. La Congrégation dispersée, le Général restait seul juge et maître de la situation, et ce. pouvoir dictatorial, utile parfois en temps de guerre, n’était pas pour effrayer Lainez. Les termes de la décision pontificale s’en remettaient à lui pour o organiser 1e chœur, c'est-à-dire la récitation publique de l'office .
maisons professes de Rome et de Lisbonne. Quant aux 5 cent autres maisons ou collèges que possédait la Com=. pagnie, on devait se borner à y chanter vépres..….. les
jours de fête. C'était se moquer agréablement des ordres
résume, avec un cynisme inconscient, la situation :
«Paul [IV était de qu octogénaire : les Jésuites atten=
Dieu : il était âgé de quatre- | a vingt-quatre ans : son règne avait duré un peu plus de 2 quatre années. S Te ATEN ES
Toutes les haines die par la sévérité du «3
nee que des scènes tumultueuses échtaient dans Rome, que la réaction s’accusait jusque dans le Sacréne Collège, on délibérait au Gésu. L'assemblée n'était pas
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graves sur lesquelles Ignace conseillait d'appeler les profès à se prononcer : Lainez n'avait réuni que ses
nombreuse, bien qu'il s’agît d’une de ces questions
| quatre assistants. Convenait-il de s'affranchir ostensi=
4 “blement du joug imposé par le Pape défunt? ou-fallait-il x a
d’en être déchargés ? Ce second parti était le plus res . pectueux, mais était-il le plus sûr ? Au premier moment, et dans la chaleur de la réaction, les Jésuites auraient pour eux l'opinion publique qui ne manquerait pas d’applaudir à leur initiative. Plus tard, l'élu du conclave,
. maintenir des dispositions plus favorables en réalité à
‘tout de suite, le placer en face du fait accompli ? » C'était évidemment l'avis de Lainez; mais toujours prudent il ‘4 déclara né pas vouloir opiner dans sa propre cause, et : | s’en rapporter à la décision des plus doctes du Sacré-
Be Collège.
Puteo, doyen de la Rote, consulté Fannée précédente,
# s'était prononcé sur le caractère transitoire des mesures te
rises par Paul IV; ce fut à lui qu’on recourut, en lui donnant pour assesseurs «quatre autres prélats des lus habiles dans les lois canoniques». La réponse de n «ces cinq hommes éminents » fut telle que la souhaitaient
attendre l'élection de son successeur pour lui demander
Roel qu'il pût être d'ailleurs, ne serait-il pas tenté de Do
L. autorité pontificale ? ? Ne valait-il pas mieux, en agissant 0
Le tout était de bien choisir ses juges. Le care re
les Jésuites : La Compagnie n’était point liée par une décision purement orale, dont la valeur était suspensive, mais seulement durant la vie du Pontife qui l'avait
portée. Les juges ajoutaient, nous assure-t-on, qu'il fallait sur le champ faire une protestation légale, afin de
ne pas donner force au décret par une acceptation
volontaire ».
Évidemment, et quelque soin qu'il eût pris de bien exposer l'affaire, Lainez ne s'était pas cru tenu de faire mention de l’ordre exprès donné par Paul IV : d'insérer … aux Constitutions les modifications imposées, et de la promesse que lui, Lainez, avait prêtée au nom «des enfants d'obéissancey», c'est-à-dire des Jésuites; pro- : messe après laquelle le Pontife s'était cru obéi. Ces faits. eussent peut-être modifié l'opinion de «ces cinq hommes ‘ éminents» sur la portée de la « simple décision orale». Mais en reconnaissant que Lainez les passa sous silence, je n’entends pas l’accuser, avec le P. Boero, d'avoir, affirmé que les deux décrets de Paul IV « contrevenaient " aux décisions formelles des bulles de Paul II et de Jules ITT», portées «avec tant de solennité » ! Ileût été, en effet, trop facile à «des prélats habiles dans le droit canonique» de recourir au texte même des bulles, et. de s'assurer qu'elles ne fixaient nullement la durée du. Généralat ; et les mêmes prélats étaient trop experts en … la matière pour prendre au sérieux. la prétendue exceptionnelle solennité de ces bulles, semblables
rence:
Lainez, d’ailleurs, quelque soumis qu'il füt d'avance à la décision du tribunal de son choix, «continua plusieurs pion à réfléchir et à demander avec ferveur les lumières
témoins, en présence desquels Gil protesta qu'il ne «consentait à rien de préjudiciable à la Compagnie;
çmentionnant expressément les deux ordres donnés de
«que ses assistants et les témoins, et ordonna de cesser «l'assistance au chœur » !.
. Le Conclave qui s’ouvrit le 5 devait aboutir, le 26 décembre seulement, à l’élection de Pie IV, fut un de ceux où les ambitions, les compé- . titions de toutes sortes se donnèrent la plus libre carrière. Je n'aurais pas à en parler, si les Jésuites n'y . eussent eux-mêmes mêlé le nom de Lainez?
Philippe IT avait essayé ses forces au Conclave pré-
cédent sans réussir à empêcher la nomination de Carafa, grandi comme sa puissance, et il pèse de tout le poids
1 Boéro, Vie du P. J. Lainez, p. 130.
… . ? Ribadeneyra, le premier, raconte, dans sa Vie de Lainez le … toire de sa candidature à la papauté, Son récit a été adopté et D amplifié par les historiens de la Compagnie. Je dois dire, dès maintenant, qu'en dehors d'eux il m'a été impossible d'en retrouver aucune trace, Le conclave de 1559 commence cependant à être bien connu. J'engage ceux de mes lecteurs qui tiénnent à se aire une 44 exacte de la question à voir, aux pièces justificatives,
du ciel». Enfin, et se sentant suffisamment éclairé ou
soutenu par l'opinion, il fit venir un notaire et des.
Qoive voix par Paul IV. Puis, il souscrivit l'acte, ainsi
septembre 1559, et qui.
son ennemi personnel. En 1559, ses prétentions ont
n'entend pas que les cardinaux choisissent. La pré=
. fût entreprenant; pas de prince italien, parce qu’il ne serait pa:
assez dépendant et déférent : pas d'espagnol né, pour n'avoir pas
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de l'Espagne sur la liberté des électeurs. 11e a nn. une liste de ses créatures, en dehors de laquelle il |
tention est insoutenable, mais la volonté du roi catholique est tenace !. Néanmoins, le parti français inspiré par la reine Catherine, qui n’est pas en vain nièce des Papes, dirigé par les cardinaux d’Este, de Tournon et de Guise, tient tête à l'Espagnol. Entre ces deux factions qui comptent chacune de 15 à 20 membres, évolue l’escadron volant de Farnèse et de Carafa, dE compte au plus une douzaine de cardinaux. ps
Ces trois groupes ont chacun leurs Pan mais . aucun d'eux ne peut à lui seul faire le pape, c ’est-à- dire atteindre le chiffre de trente-deux voix, — la majorité des deux tiers des suffrages émis, — nécessaire à la validité de l’élection *?. Le
1 Philippe II excluait tous les Français et ennemis de l'Espagne (voir aux pièces justificatives: Lainex ef le Conclare, quels étaient les candidats du roi catholique, et les procédés de\sa diplomatie). D’après les ambassadeurs Vénitiens, toujours en observation, il ne voulait pas d’un Pape jeune, de peur qu'il ne
d’embarras intérieurs avec les parents du Pape; pas d'esprit trop U zélé, Li méticuleux Ronenare Li droits de l'Église et du “ed
papismé de S, M. Catholique, L'idéal de Philippe était un vie lard malléable, de basse extraction, dont on pourrait à peu.
frais obliger la famille, et es Lui Ja PRISES à mens
l'Espagne,
Au milieu des intrigues, des négociations, des combinazioni qui S'ébauchent, se croisent et s’entrecroisent, les cardinaux en prennent à leur aise âvec les vieilles bulles de Grégoire X, de Clément V et de Clément VI ; des fissures se produisent dans la clôture conclavaire;
la faction éspagnole se montre hautaine, entreprenante ;
elle a fait percer le mur de clôture, et par cette ouverture Ë , subreptice, — «le trou», comme l'appellent les relations | contemporaines, — s’entretient chaque jour, quand ce . n'est pas chaque nuit, avec l'ambassadeur de Philippe IT,
. Don Francesco de Vargas.
Celui-ci met un intérêt passionné à faire triompher
n les volontés de son maître, Après trois mois de scrutins
inutiles, la France a failli l'emporter par l'élection du cardinal d'Este; mais Vargas averti a couru au «trou », etil y a passé toute la nuit du 30 novembre au 1° décembre!, pressant, négociant, ranimant le courage de
“ et Panvinius prétend que parmi les cardinaux les plus anciens il
n'y en avait presque aucun qui ne posât sa candidature. En
* admettant un peu d’exagération dans ces dires, il n’en reste pas moins que la longueur du Conclave tint justement au grand
nombre des candidats, mais qu’étant donné ce nombre, une candi-
$ dature ES en dehors qu nt en ne ct La aucune
ad
ses partisans, et gagnant Carafa par un argument décisif, la promesse d’une pension du roi d'Espagne.
Aussi le scrutin du 1% décembre qui devait consacrer : sa victoire, consomme-t-il la défaite de Ferrare (d'Este),
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auquel la mort et la maladie enlèvent ce jour même deux … suffrages {. Le Conclave est plus houleux encore que de
coutume. Au dehors, le peuple et la municipalité de . Rome, les ambassadeurs étrangers, tout frémit et. : s’agite : il serait temps d'en finir? ; is
C'est ici que les Jésuites introduisent l'épisode de la candidature de Lainez : timidement d’abord, selon leur # manière habituelle ; puis, enflant la voix, grossissant.
les détails, précisant les affirmations, à mesure qu'ils 3 s’éloignent de l'époque et des faits. |
Ribadeneira, le premier en date, rapporte tout au à cardinal d'Augsbourg, Othon Truchsess®. Au lendemain
1 Panvinius compte 48 bulletins au scrutin du vendredi qe à décembre, et 46 seulement le samedi 2. C'est que le cardinal Dandini avait dû demander sa sortie du Conclave pour cause d maladie, — il mourut le surlendemain, — et que, la nuit même d 1er au 2, le cardinal San A mourait en conclave, sue les” deux étaient partisans de Ferrare 4
2 Les désordres et l'agitation croissaient en ville d’une facon inquiétante, Le 27 novembre, une députation de la municipalité des Rome était venue se plaindre, au guichet du Conclave, de la len teur de l'élection, et prévenir les cardinaux que les vivres com mencçaient à manquer. Le lendemain, le Conclave nommait deux Rte es pour aviser à Die des US