UE
1 L’attitude que Ribadeneyra attribue à l’homme de Philippe Il +
‘est inadmissible, Sans recourir aux instructions recues par lui le k décembre, — et il est difficile de placer auparavant sa visite au Gésu, — Vargas était trop bien instruit des desiderata du Roi
catholique, trop jaloux de s’y conformer, pour s’emballer, comme
le veut Ribadeneyra, sur une candidature qui n'en réalisait aucun.
| «un accueil si froid, une réponse qui témoigne si éner- giquement de l'horreur de Lainez pour cette dignité», qu'il se retire aussi confus de sa démarche qu'édifié de l'humilité du religieux ». Ribadeneyra déclare €avoir su ; personnellement le discours de Vargas et la réponse de 2 Lainez » ; mais comment et par qui les a-t-il sus? — il résidait alors à Palerme. — Et n'est-ce pas le cas de nous souvenir de la réserve du Jésuite Feller, qui, en s’efforçant d'établir qu’en ses biographies d'Ignace, de L Lainez et de Salmeron, Ribadeneyra a «l'autorité d'un
témoin oculaire», reconnaît néanmoins qu'€on ne doit
pas accorder la même créance à certains faits extraordinaires qu'il rapporte par ouïi-dire»!.
Au demeurant, ce qui fait l'intérêt des divers récits
ec édite le 62 dans na dE CA
Lainez espagnol-né, jeune encore relativement à la tiare, Général d’un Ordre aussi entreprenant que celui des Jésuites, passionné pour l'autorité, politique jaloux jusqu’à l’exagération, — sauf en ce qui concernait sa Compagnie, — des droits et des prérogatives . du Siège apostolique ; Lainez, dis-je, était juste l'opposé de ce que ” voulait Philippe IT, et Vargas n’a pu un seul instant le vouloir . faire Pape. Si donc il vint au Gésu et s’il y complimenta Lainez, | —ce que nous devons groire sur la seule autorité de Ribadeneyra, ” lequel l’a cru lui-même sur celle d'autrui, — c’est qu'il voulait en “ obtenir des renseignements sur cet intérieur du Conclave, dont le » «trou» ne suffisait pas à lui révéler tous les secrets. C’est peut-être . encore que, soucieux du moindre incident et connaissant l’habileté “À de Lainez, il redoutait de sa part une surprise, Je constate néan- “ moins que l’une et l’autre de ces hypothèses laissent inexpliqué le . silence gardé par Vargas, dans sa correspondance diplomatique, » touchant la candidature de Lainez, silence qui ne se justifie que si cette candidature n'a pas été sérieusement posée, |
des Jésuites, c'est la préoccupation qu'ils trahissent à ci leur insu : cette hantise de la tiare, qui s’accusera de nouveau sous François de Borgia, ce désir inavoué de à transformer le Pape noir en Pape blanc, ou plutôt de les
SU CETR MAT EUEE
fondre tous deux en un seul. Que telle ait été la suprême ambition de Lainez, j'y vois beaucoup de vraisemblancef. À coup sûr, ce fut celle de la Compagnie. Je n'ai pas à