‹ Les origines de la Compagnie de JésusChapitre 7 sur 49 · DS RTE ENT EN CR PTE ME TO · texte numérisé non relu

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et les congrégations musulmanes ; ressemblances trop - nombreuses pour être fortuites, et qui ne s'expliquent

que par des emprunts. À moins donc que les Jésuites

nen viennent à établir que « Dieu le Père», ou «la

- Vierge Marie», sous la dictée desquels Ignace écrivit.

«les points fondamentaux de son Institut», se servirent

pe cet effet des livres des Chadelya, des Madanya ou des Quadrya?, je persiste à croire que le-fondateur de la

. Compagnie de Jésus en reçut tout bonnement commu-

1 La bulle de canonisation d’un saint se borne à reconnaitre

* l'héroïcité de ses vertus et l’authenticité d’un certain nombre de miracles obtenus après sa mort par son intercession (il en faut au moins deux de premier ordre) ; mais elle n’affirme et ne garantit

. nullement l'authenticité, ni des révélations, ni des prophéties, ni rèmne des miracles dont ledit saint a été favorisé de son vivant.

2 Les Quadrya ne sont pas comme les Madanya une congréation dérivée des Chadelya : ils constituent un ordre à part, antérieur par sa fondation à celui de Sid-Abou-Médian, et le IX° en date des grands ordres musulmans, Fondé en Asie-Mineure par Sid-Abd-el-Quader (1078-1166), il fut établi en Espagne par les descendants du «saint», dont deux fils (il en avait dix) s’étaient fixés à Fez. Les Quadrya se propagèrent rapidement parmi les. Mores d'Espagne, et surtout en Andalousie. Après la prise de renade, ils se retirèrent. pour la plupart au Maroc, Néanmoins ne fut que lors de l’édit de 1524 que leur congrégation cessa l'exister dans la péninsule, Ignace eut-il l'occasion d’en connaitre quelques membres ? Certains traits des Exercices semblent empruntés à leur rituel. Toutefois, c'est encore des Chadelya que le fondateur de Ja Compagnie de Jésus semble s'être surtout inspiré:

nication du ou des Sarrazins dont il rêvait à Manrèze la

conversion.

Bien que ces ressemblances ou ces emprunts aient

été signalés à diverses reprises, et par presque tous les

écrivains non jésuites qui ont sérieusement étudié l'or-

ganisation de la Compagnie, la question n’a jamais été

l'objet d’un débat spécial et approfondi. Peut-être même reste-t-il exact de dire qu’elle n’a jamais été historiquement posée, J'entends bien posée. Les adversaires des Jésuites, qui la brandissaient dès l’origine comme une arme de combat, ne tardèrent pas à s'engager sur une fausse piste, où il devenait trop facile de se dérober à leurs coups en criant à la calomnie. Le XVIT siècle et même le XVIII, ne l’oublions pas, ignoraient à peu près tout des congrégations musulmanes et de leur rôle dans l'Islam ; seul, le Vieux de la montagne, et ses Ismaéliens, sous leur nom vulgaire d'assassins ([Haschischins), personnifiaient, füt-ce pour les gens instruits et cultivés, ce que nous appelons aujourd'hui le soufisme,

c'est-à-dire l’ascétisme musulman. Ce fut donc au Fteux

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de la montagne et à ses séides que les pamphlétaires et

les historiens eux-mêmes assimilèrent le Général et les profes de la Compagnie de Jésus. Or, les Ismaéliens, schismatiques et hétérodoxes aux yeux des vrais croyants, tout en présentant dans leur organisation certains points communs à toutes les associations mu-

sulmanes, en différaient totalement par leur doctrine de

meurtre et de brigandage; ajoutons que leur secte, .

détruite près de deux siècles avant l'avènement des

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