‹ Les origines de la Confédération suisse: histoire et légendeChapitre 16 sur 41 · DE NASSAU · texte numérisé non relu

DE NASSAU

Le gouvernement sévère du roi Rodolphe, les efforts de ce prince pour transformer peu à peu une grande partie de la Suisse en un apanage de la maison d'Autriche, les accroissements de puissance et de territoire que, dans ce but, il s'y était déjà procurés, devaient immédiatement après sa mort et pendant que le trône impérial restait encore vide, provoquer une réaction défensive de la part de tous ceux que menaçaient la réussite de ses projets d'agrandissement et les succès de son ambition dynastique. L'alliance formée par les Waldstatten est l'un des plus frappants symptômes de cette résistance spontanée; mais elle est bien loin d'être le seul. Les usurpations des Habsbourg étaient trop récentes, elles avaient été trop souvent contestées, les relations politiques étaient trop incertaines encore et trop mal définies, le temps, dont la durée donne à la possession les apparences du droit, avait été trop court, pour que les prétentions envahissantes de la maison d'Autriche ne suscitassent pas un soulèvement général.

Ce fut un des membres même de la famille de Habsbom'g qui en donna le signal. L'évêque de Constance, Rodolphe de Habsbourg-Laufenbourg, fils de Rodolphe le Taciturne et cousin germain du feu roi, s'empressa, dès qu'il eut reçu la nouvelle de la mort de celui-ci, de se mettre à la tête d'une ligue contre le chef de la maison d'Autriche, le duc Albert, fils du défunt monarque. L'abbé et la ville de St-Gall, les comtes de Montfort et celui de Nellenbourg, la^ comtesse de Rapperschwyl, le baron de Regensberg, les villes de Luceme et de Zurich, s'unirent à lui, et c'est avec les Zurichois, devenus les ennemis de l'Autriche, quIJri et Schwyz, peu de temps après avoir signé leur pacte perpétuel, conclurent pour trois ans une alliance offensive et défensive, le 16 octobre 1291 *.

Le pays d'Untérwalden, qui prit alors part à la lutte contre le- duc Albert, n'intervient cependant pas dans le traité, ce qui s'explique par ce que nous savons de son organisation intérieure encore imparfaite, tandis que les communautés d'Uri et de Schwyz, ayant chacune leur landammann à leur tête, traitent sur un pied de parfaite égalité avec le Conseil et la bourgeoisie de Zurich. Cette alliance entre deux communautés rurales et l'une des villes les plus importantes de la haute Allemagne montre combien, dans leurs progrès vers ^émancipation politique, les Waldstâtten s'étaient rapprochés du point auquel étaient déjà parvenues les populations urbaines les plus favorisées. Quand on se rappelle, en outre, avec quel sentiment d'orgueil et de dédain, les villes envisageaient alors les habitants des campagnes, l'accord conclu entre Zurich et les gens d'Uri et de Schwyz atteste, d'une façon encore plus évidente, que le développement intérieur des deux vallées les avait peu à peu

ËMANGIP. POLIT. DES WALDSTiETTEN.^ 1292-1 298. 105

élevées (en fait, sinon en droit) au rang de communautés indépendantes, qui agissaient comme telles, dès que les circonstances leur en laissaient la possibilité.

Il est dit dans leur accord avec Zurich que, sans tenir compte de ce qui est advenu jusqu'à ce moment, chacun est tenu d'obéir à son supérieur (herre), < selon les coutumes qui existaient avant le temps du roi (Rodolphe) et selon le droit > (imd nach recMe), et les alliés s'engagent à protéger et à défendre ceux desquels on < exigerait davantage > (furbas nœten). Mais, d'un autre côté, l'alliance est conclue, sans restriction ni réserve à l'égard de qui que ce soit (gegen mmUchem)^ et, comme c'est de la seule maison d'Autriche ou de ses partisans, que les alhés peuvent avoir quelque chose à craindre, ce traité, de même que le pacte de 1291 auquel il sert de corollaire, ne saurait avoir en vue que cet adversaire commun. On prévoit donc le cas où le territoire de l'un^ des membres de l'alliance serait l'objet d'une attaque violente, et l'on stipule qu'on devra, dans ce cas, user de représailles en portant la guerre chez l'ennemi, pour lui faire, par le pillage, l'incendie et tous les moyens agressifs, autant de mal qu'il sera possible. Six arbitres, que chacune des parties choisit dans l'autre, doivent présider à l'exécution fidèle du traité^ et suppléer même, s'il le faut, à ses lacunes. On voit dans le nombre, du côté d'Uri, Wemer d'Attinghausen, Burchart, l'ancien ammann, Conrad, intendant d'Ertsfeld ; du côté de Schwyz, le landammann Conrad Ab Iberg, Rodolphe Stauffach et Conrad Hunnen ^

n n'est pas improbable que, si les hommes qui ont pris part à la rédaction du pacte fédéral du 1®' août 1291 y avaient apposés leurs noms, ces noms seraient précisément ceux que nous venons de citer, et qu'on y pourrait joindre

celui d'Arnold, chevalier et intendant de Silenen, landammann d'Uri, qui est nommé, comme représentant sa vallée, à côté de Conrad Ab Iberg représentant de Schwyz, en tête du même traité d'alliance avec Zurich. Le titre honorifique de seigneur (her), qui, dans ce traité, leur est à tous donné et qui désigne en général les chevaliers (RUùer), semble indiquer qu'ils occupaient les uns et les autres, dans la hiérarchie sociale, un rang supérieur au simple peuple; Wemer d'Attinghausen, qui était incontestablement noble (Freie, nobUisJy n'est pas ici autrement qualifié qu'eux '. Mais ce qui est plus intéressant à constater, c'est le rôle \ personnellement joué par ces fondateurs de la Uberté suisse, à laquelle, comme dans toutes les entreprises de ce genre, il a fallu, pour que la pensée commune pût se réaliser, des représentants qui s'en fissent les organes et les exécuteurs. Pour s'étonner que cette revendication d'indépendance ait eu comme promoteurs des hommes sortis de la partie supérieure de la nation, il faudrait oublier ce que nous apprend l'histoire, où nous voyons les Gracques, Guillaume d'Orange, Washington, La Fayette, se faire, avec des succès divers, les champions des plus célèbres tentatives d'affranchissement politique.

Mais, qu'il y faille ou non des patriciens, des grands seigneurs, des gentilshommes, ou des nobles, ce qui est sûr, c'est que jamais, sans l'action prépondérante de quelques individus, ne se serait accomplie l'émancipation d'aucun peuple. Ce fait d'expérience, qui a souvent inspiré les personnifications fabuleuses, où la légende veut retrouver les auteurs inconnus de telle ou telle grande révolution sociale, ce fait se vérifie historiquement pour les origines de la Confédération suisse. Le pacte du 1*' août 1291, le traité

ÉMANCIP. POLIT. DES WALDSTiETTEN.— 1292-1298. 107

d'alliance du 16 octobre de la même amiée, portent tous les caractères d'actes mûrement réfléchis, qui, s'ils sont Pœuvre personnelle d'un petit nombre d'hommes, expriment en même temps la volonté générale d'une population éprise de liberté, et qui sont nés de circonstances auxquelles ne se mêlait aucun élément romanesque ou extraordinaire. Tout s'y trouve d'accord, au contraire, avec l'ordre naturel des choses, tel qu'il existait alors dans la haute Allemagne.

Pendant que, dans ce pays, s'organisait la résistance contre l'Autriche, le duc Albert, qui désirait et espérait remplacer son père comme roi des Romains, était retenu dans ses États de l'Est par d'autres adversaires, et il laissait à ses partisans le ^oin de défendre sa cause en Suisse. n triompha assez promptement des ennemis qu'il avait personnellement à combattre, et il se rapprocha de Francfort pour influer sur le vote des électeurs. Ce fut là qu'il apprit la nouvelle du succès remporté sur les Zurichois par un de ses officiers (13 avril 1292), ce qui brisait la ligue qu'As avaient formée contre lui ; mais ce fut là aussi qu'il apprit que la couronne d'Allemagne avait été donnée à son compétiteur, le comte Adolphe de Nassau (5-10 mai 1592), ce qiH détruisait ses espérances monarchiques. Toutefois cet échec, qu'il devait réparer plus tard, ne lui inspira que plus d'empressement à mettre partout ses affaires sur un bon pied. Il se rendit aussitôt dans la haute Allemagne, où, pour en finir avec Zurich qui, malgré sa première défaite, continuait sa résistance, il mit le siège devant cette ville, et la força de conclure avec lui, le 26 août 1292, une paix qui la plaça pour longtemps dans la dépendance de l'Autriche et qui rompit de fait son alliance avec les gens de

Schwyz et d'Uri*. Le duc Albert amena bientôt ses autres adversaires, par persuasion ou par force, à cesser toute résistance ; en sorte que cette levée de boucliers eut, comme un feu de paille, plus d'éclat que de durée.

■ Toutefois, Topposition qui s'était manifestée dans les Waldstatten ne parait pas avoir été aussi promptement éteinte. On voit, en effet, Tannée suivante, que les habitants d'Unterwalden ( WaMeuùe) et ceux d'Uri sont toujours en guerre (wrlige) avec les officiers du duc Albert, dont ils ne veulent pas reconnaître l'autorité (mars-avril 1293), et qu'une partie des bourgeois de Luceme, quoique, depuis la fin de mai 1292, cette ville soit rentrée sous la domination d'Albert et ait reçu de lui toutes sortes de faveurs, continuent cependant à leur prêter indirectement aide et secours *. Il est probable que les confédérés (car Schwyz devait être de la partie) auraient réussi dans leur résistance, s'ils avaiçnt pu compter sur l'appui du nouveau roi d'Allemagne, qui, ayant eu pour rival le duc d'Autriche, semblait devoir le conserver pour ennemi, et qui leur aurait fourni, par cette hostilité même, comme il le fit ensuite et trop tard, une occasion précieuse de consolider leur émancipation. Mais, pour le moment, l'antagonisme des deux princes s'était assoupi, et le roi avait reconnu et confirmé tous les droits du duc (décembre 1292). Dans cette circonstance, comme dans toute la suite de leur histoire, c'est, en grande partie, des événements pohtiques qui s'accomplissent hors de chez eux, que dépendent, pour les Waldstatten, les progrès ou les retards de leur indépendance.

L'assistance de l'Empire leur manquant, il devenait difficile aux États forestiers de prolonger longtemps leur op-

ÉMANCIP. POLIT. DES WALDST-fiTTEN.— 1292-1298. 109

position, car ils étaient enfermés, comme dans un cercle de fer, par la maison d'Autriche, qui, sous un titre ou sous un autre, commandait à Luceme, à Interlaken, à Urseren, à Glaris, à Einsiedeln, à Zug, à Art, à Kussnacht, de manière qu'elle bloquait étroitement pour les Waldstâtten toutes les issues de leurs vallées et tous les abords des marchés voisins. H suffisait d'un investissement rigoureux pour les réduire sans les combattre. Il leur fallut donc céder, afin d'obtenir que les communications fussent rouvertes et les relations de \oisinage rétablies, car à ces conditions seulement ils pouvaient vivre. Le retour des bons rapports entre le duc et les confédérés replaçait ceux-ci dans une situation qui, se trouvant semblable à celle qu'ils avaient occupée avant le règne de Rodolphe, était, par conséquent, diverse pour chacun d'eux. L'Autriche demeurait sans droits sur Uri, mais elle reprenait ceux qu'elle avait exercés dans l'Unterwalden et à Schwyz.

Les stipulations du pacte fédéral de 1291 restaient probablement suspendues dans leurs effets, sans cesser de subsister en droit dans l'intention de ceux qui les avaient jurées. Mais le silence des documents ne permet point de se prononcer sur les relations qui continuèrent alors à exister entre les confédérés. On ne connaît, non plus, aucun acte de juridiction accompli dans les Waldstâtten, sous le règne d'Adolphe, par les agents de l'Autriche ou par ceux du roi. En revanche, on peut constater certains faits qui témoignent que l'indépendance communale des trois vallées était en progrès plutôt qu'en déclin. A Uri la présence, à la tête de la communauté, en 1294, de Wemer d'Attinghausen devenu landammann, suffit à attester qu'aucune atteinte n'avait été portée aux franchises impériales de la vallée,

car rhomme qui avait pris part au pacte de 1291 et servi de garant au traité contre TAutriche ne pouvait devenir le représentant de libertés amoindries *.

On peut en dire autant de Schwyz, où c'est toujours Conrad Ab Iberg qui remplit les fonctions de landammann, et où la communauté exerce son autonomie avec plus d'énergie que jamais. Nous faisons ici allusion à un décret rendu, en 1294, par les Schwyzois réunis dans une assemblée générale, qui est la première landsgemeinâe dont la mention se soit conservée. Cette institution est déjà un indice du développement intérieur de la communauté des hommes libres de Schwyz, et une preuve que, dès l'origine, c'est sur l'application la plus complète du principe démocratique, que cette rustique peuplade a cherché à régler sa constitution. Mais le contenu même du décret a plus d'importance encore. Son but est d'assurer, par des mesures plus efficaces sans doute que libérales , l'existence homogène de la communauté et la parfaite égalité de ses membres. Il est dirigé, d'une part, contre les couvents, de l'autre, contre les étrangers, qu'un sentiment très -vif faisait envisager aux Schwyzois comme étant, les uns et les autres, les adversaires naturels de leur pleine indépendance républicaina

En conséquence, il est interdit de vendre ou de donner, soit aux monastères situés dans la vallée, soit à des pei(;sonnes étrangères, aucun fonds de terre, sous peine d'une amende dont la cinquième partie reviendra au juge Qandammann) et le reste au pays. Toute propriété aliénée de cette manière doit être rachetée pour faire retour à celui qui s'en est défait ou à ses héritiers, sinon elle sera confisquée au profit de la communauté (sci es sindes Ion-

ÉMANdP. POLIT. DES WALDSTiETTEN. 1292-1298. 111

des). Les couvents* doivent payer, pour les biens-fonds qu'ils possèdent dans la vallée, les mêmes impôts et supporter les mêmes charges que tous les autres membres de la communauté, et ils seront privés, s'ils s'y refusent, de leur part de jouissance des propriétés communales. Les étrangers possesseurs de fonds de terre sont, de même, obligés d'en acquitter les taxes, sans qu'ils puissent ni exiger aucun dédommagement de ceux auxquels ils ont donné en fief les dits fonds, ni leur en enlever la possession; quiconque consentirait à se laisser inféoder un bien ainsi repris sera passible d'une forte amende et tenu de restituer le fief au précédent détenteur. Enfin, il est défendu de payer, en acquittant les impôts, aucune gratification (pfenning) aux fonctionnaires qui les perçoivent '.

Cet édit de réformation est remarquable à un double titre : il caractérise avec une évidence incontestable l'esprit d'indépendance jalouse et exclusive qui animait les hommes libres de Schwyz, et il témoigne en même temps des pas qu'a déjà faits vers son affranchissement intérieur une commimauté qui peut prendre de telles résolutions. Pour décréter une loi de cette nature ; pour se mettre en garde contre les envahissements des religieux et des nobles, ces deux classes privilégiées et toutes puissantes de la société d'alors ; pour les placer sur un pied de parfaite éga- Kté, dans l'intérieur du pays, avec les simples paysans de Schwyz ; pour s'attribuer à eux-mêmes le droit de punir la désobéissance à leurs injonctions ; pour régler ce qui doit, dans les amendes, revenir au juge (riehter) et ce qu'on doit refuser au percepteur d'impôt (ammann) ; il fallait qu'ils se sentissent en possession d'une juridiction presque sans entraves. Ss se rapprochaient toujours davantage, sur ce

point, des communes bourgeoises dotées de Fautonomie municipale, et l'on trouve, en effet (analogie curieuse), les villes d'Augsbourg, d'Ulm, et d'autres encore, autorisées plus tard par le roi Albert d'Autriche à prendre, envers les couvents de leur ressort, des mesures toutes semblables à celles qu'avaient décrétées les gens de Schwyz *. Mais, du libre exercice de cette autonomie, il ne résultait pas nécessairement pour eux, non plus que pour les villes qui en jouissaient, que leur communauté ne Mt plus soumise à aucune supré- ' matie politique ; il n'en résultait pas, en particulier, qu'ils fussent affranchis, à l'égard des ducs d'Autriche, de la dépendance où ils s'étaient trouvés envers les comtes de Habsbourg. On peut seulement conclure que, tout en acceptant derechef les conséquences de cette dépendance, ils n'en avaient pas moins poursuivi, dans leurs propres af-

Éaires, leur œuvre d'affranchissement, et qu'ils aspiraient, plus que jamais, à être les maîtres chez eux. Dès que l'occasion se présenta de faire, à cet égard, un nouveau pas, ils la saisirent avec empressement.

Ce fut la rupture entre le roi Adolphe et le duc Albert qui la leur fournit. Tandis que les vallées d'Unterwalden, qui pendant cette époque continuent à demeurer dans l'ombre, ne songent point à tirer parti, au profit de leur liberté, de l'occasion favorable qui leur était ainsi offerte, leurs confédérés d'Uri et de Schwyz n'hésitent pas, dès qu'en 1297 le chef de l'Empire et celui de la maison d'Autriche se furent de nouveau brouillés, à solliciter du premier de ces princes la confirmation et le renouvellement de la franchise impériale, qui était, on le sait, l'équivalent de l'émancipation politique. Il est infiniment probable que ce furent les Schwyzois, toujours actife et toujours à l'affftt

ÉMAJSGIP. POUT. DES WALDSTiETTEN.— 1292-1298. 113

des conjonctures propices, qui s'empressèrent, dans le cas actuel, de revendiquer les premiers, auprès d'Adolphe de Nassau, la mise en vigueur du diplôme de Frédéric H, par lequel ce souverain les avait placés sous l'autorité immédiate de l'Empire et que Rodolphe de Habsbourg avait refusé de reconnaître et de confirmer.

Le roi Adolphe, qui vit dans l'octroi de cette requête un moyen de se concilier des partisans et d'aflfaibUr son adversaire, se hâta d'y faire droit. Sans prendre la peine de rédiger un nouveau rescrit, et ne voulant pas d'ailleurs viser l'acte d'un prince excommunié, la chancellerie royale se contenta, ainsi qu'elle l'avait fait dans d'autres occasions, de reproduire textuellement le diplôme de Frédéric, comme s'il eût été délivré pour la première fois par le roi Adolphe, et celui-ci y apposa sa signature le 30 novembre 1297 ®

Une expédition semblable en fut faite pour les gens d'tJri, quoique ce diplôme ne leur eût point été originairement destiné. Laissèrent-ils, en cette circonstance, agir à leur place leurs confédérés de Schwyz, sans trop s'inquiéter de la forme de la lettre royale, pourvu que leur mouvance de l'Empire reçut une consécration nouvelle ? Préférèrent-ils eux-mêmes au rescrit d'Henri (VIT), qui rappelait leur précédente dépendance des Habsbourg, celui de Frédéric qui, en les assimilant aux gens de Schwyz, faisait d'eux des < hommes libres ? > On ne sait, mais il n'y a pas grand intérêt à le rechercher, car sept mois s'étaient à peine écoulés, que le roi Adoljrfie, déposé par les Électeurs qui lui donnaient pour successeur le duc Albert d'Autriche, perdait la vie dans la bataille de Gollheim (2 juillet 1298) et laissait à son rival la possession incontestée du trône d'Allemagne.

LES WALDSTiETTEN PENDANT LE RÈGNE D'ALBERT

Page 1