‹ Les origines de la Confédération suisse: histoire et légendeChapitre 20 sur 41 · LES RUDIMENTS DE LA LÉGENDE · texte numérisé non relu

LES RUDIMENTS DE LA LÉGENDE

légitime, l'Empire romain, auquel ils appartiennent efifecti- Ymnent, comme Us peuvent bienle prouver avec leurs bonnes lettres royales. £n outre, ceux de Schwyz avaient fort anciennement porté un grand secours à un roi des Romains vers Eligurt et de ce côté-là, et ils s'étaient si vaillamment conduits, que le roi leur avait donné pour leur drapeau rouge le Saint-Empire, c'est-à-dire toutes les armes et les instruments du saint martyre de Notre Seigneur Jésus- Christ.

< Et, comme les seigneurs de Habsbourg avaient si longtemps guerroyé contre les Waldstâtten, ils s'en lassèrent à la fin et cherchèrent du secours et des conseils auprès des seigneurs d'Autriche. Le résultat fut que les seigneurs d'Autriche donnèrent à ceux de Habsbourg une sonune d'argent pour leurs droits. Ainsi les seigneurs d'Autriche acquirent des droits sur les Waldstâtten. Mais qudle était V étendue de ces droits , je ri ai pas pu V apprendre exactement ; aussi je n'en dirai rien. Quand cela eut duré un certain temps, les employés des seigneurs introduisirent de rechef de nouvdles charges et des prétentions inaccoutumées, que les cantons ne voulurent pas souffrir. Ainsi la guerre s'établit entre les seigneurs d'Autriche et les Waldstâtten pendant longtemps, et les trois Waldstâtten résistèrent (seuls) à la puissance des seigneurs, car ils n'avaient personne qui leur portât secours. Luceme, Zug, Glaris, l'Entlibuch, Unterseen et tout le pays voisin appartenaient entièrement aux seigneurs. Et ils résistèrent de la sorte jusqu'à ce que les seigneurs voulurent les envahir et les soumettre par la force. Gela dura jusqu'à l'année 1315, où eut Ueu la victoire du Morgarten par laquelle Schwyz mit fin à la guerre *. >

Si le lecteur a présents à la mémoire les résultats certakis auxquels nous a conduit, dans la précédente portion de ce livre, l'étude de l'histoire, il ne lui sera pas difficile de re- , connaître ce que le récit de Justinger renferme de vrai et ce qu'il contient de hasardé et d'inexact. On se trouve id en présence de cette première période de l'altération des faits historiques dans laquelle, à des souvaûrs en partie fidèles commencent à se mêler des interprétations errofoées ou imaginaires. Dans la narration qu'on vient de lire il y a sans doute bien des allégations qui sont à peu près conformes à la vérité, mais la tradition qui les retient encore a perdu la juste notion de deux éléments de première importance en histoire : les dates et le caractère particulier des événements. Sans parler de l'expédition d' < EMpot i et du < Saint-Empire, qui est représ^té par les instoiments de la passion du Christ, > où l'on voit bien clairement percer l'invention légendaire, la tradition met en présence et en lutte, dès le douzième siècle, les Waldst'àtten et l'ancienne maison de Kybourg qui n'ont jamais été en guerre; elle fait intervenir à la même époque les Habsbourg dont le conflit avec les vallées n'a eu lieu que beaucoup plus tard, et elle amène sur la scène la seconde maison d'Autriche, avant que le roi Rodolphe eût relevé le duché de ce nom au profit de sa &mille. Cette confusion chronologique, et l'absence de toute mdication précise sur les principaux p^-sonnages qui jouaient un rôle dans les événements, prouvent que le souvenir du passé allait s'obscurcissant, parce qu'au lieu d'avoir à se nourrir àe ces détails piquants ou émouvants que retient si volontiers la mémoire populaire, il n'avait derri^e lui quhme histohre toute politique, composée d'éléments plus complexes que

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