‹ Les origines de la Déclaration des droits de l'homme de 1789Chapitre 11 sur 157 · Buikc, Rôflexion sur la Rôvululion de France · texte numérisé non relu

Buikc, Rôflexion sur la Rôvululion de France

L'ORir.lNE AMÉRICAINE 17

d'Kdouard III, nulle personne ne peut être arrêtée ou jetée en prison sans avoir été admise à se défendre en droit ; il se plaint qu'on ait à maintes reprises violé .es textes et demande des garanties pour l'avenir. « Toutes lesquelles choses, disent les députés, nous 'lemandons humblement à Votre Majesté comme étant nos droits et nos libertés, selon les lois et les statuts de ce royaume. » Le roi promit et la Pétition des droits n*est que la constatation de cet accord.

Plus tard, c'est encore au nom des droits anciens méconnus qu'on arrache à Jacques I" le Bill of rights : les lords spirituels et temporels déclarent, avoir cherché, comme leurs ancêtres l'ont habituellement fait, les meilleurs moyens pour revendiquer ' t affirmer de nouveau leurs anciens droits et leurs anciennes libertés. Ils demandent en conséquence au roi et obtiennent de lui la reconnaissance « que tous et chacun des droits et libertés affirmés et réclamés sont les véritables, anciens et incontestables droits du peuple de ce royaume. »

La Grande Charte elle-même « a des origines lointaines puisqu'elle reproduit avec plus de détails une charte d'Henri I®', comme celle-ci prétendait se rattacher elle-même aux lois d'Edouard, renouant ainsi la chaîne qui rattache les institutions de l'Angleterre

ang'o-noriuaiicle à celles de l'époque anglo-saxonne ' ».

Nous sommes [loin de l'ôlat d'espiit qui régnait en Fiance en 1789 : chez nous on veut rompre complètement avec les siècles passés ; c'est en vain qu'on parle de ce qui a été praliqué par les ancêtres, des lois fondamentales du pays, des formes établies de la constilulion, et cela révolte profondément les Anglais. « Je n'ai rien à lépondie^ s'éciie Burke ^ en parlant de nous, aux grossières suhlililés de leur politique métaphysique : qu'ils s'en amusent dans les écoles, mais ne s )uflVons jias qu'ils brisent leurs prisons pourFourner comme le vent d'est, ravager la terre par leurs ouragans et déchaîner les flots de rOcéan pour nous inonder. » Pour les Anglais, la tradition est tout.

(.'(St aussi, quoi qu'un en ait dit, le sentiment américain ; il ne faut pns oublier, en elTet, que les différents Etats de l'Amérique du Nord avaient été fondés par des hommes dont la grande majorité était de race anglaise et qui avaient conservé la langue et les usages de la mère-patrie. Quoi d'étonnant qu'ils aient apporté avec eux le souvenir des institutions politiques et aussi dans une mesure considérable la loi anglaise elle-même ?

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