‹ Les origines de la Déclaration des droits de l'homme de 1789Chapitre 13 sur 157 · Cf. Lahoul'iije, op. cit., t. II, p. 1 Mi · texte numérisé non relu

Cf. Lahoul'iije, op. cit., t. II, p. 1 Mi

Comme les Anglais de 1215 et de 1G88, les habitants de la Virginie se prévalent donc de l'héritage que leur ont laissé leurs aïeux, et cela quelques années à peine avant leur célèbre Déclaration ; ils ne sont pas les seuls d'ailleurs à se placer sur le terrain de la tradition et le même sentiment se retrouve dans une adresse au peuple anglais volée en 1774 par le Congrès de Philadelphie sur la proposition d'un avocat de New- York, du nom de Jay.

« Les Anglais, dit ce document, vos grands et glorieux ancêtres, ont maintenu leur indépendance. Ils vous ont transmis à vous, leur postérité, les droits de l'homme et les bienfaits de la liberté.

« Nous sommes fils des mêmes aïeux : nos pères ont eu leur part de ces droits, de ces libertés, de cette constitution dont vous êtes si justement fiers ; ils nous ont soigneusement transmis ce noble héritage, garanti sous la foi du serment par des contrais solennels avec la royauté ; ne vous étonnez donc pas si nous refusions de rendre notre part d'héritage à des hommes qui ne fondent leurs prétentions sur aucun titre raisonnable et qui ne les poursuivent que dans un seul dessein. Ils ^veulent avoir en leur puissance notre vie, nûlre|propriété pour pouvoir plus facilement nous asservir.

« Sachez que nous nous regardons comme devant être

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aussi libres que nos concitoyens de la Grande-Bretagne : nous le sommes et nous avons le droit de l'Clre. Pourquoi donc les citoyens d'Amérique seraient-ils moins maîtres de leurs biens que vous ne l'êtes des vôtres?... La mer qui nous sépare met-elle une différence dans le droit ? Y a-t-il quelque raison qui nous prouve qu'un Anglais qui vit à mille lieues du palais de ses rois doit jouir de moins de liberté que celui qui n'en est éloigné que de cent lieues ' ».

Les colons demandent donc à jouir de la môme situation que celle faite aux habitants de la métropole : l'Angleterre, affirment-ils, en même temps que son sang leur a donné sa loi, qu'ils se plaignent de voir violer et dont ils réclament le maintien.

Ainsi, à quelque moment qu'on se place dans l'histoire des Colonies, on arrive à la confirmation de cette idée que « les institutions d'Amérique ont une racine des plus profondes, une origine qui se perd dans la nuit des temps. Elles datent non pas de 1776, mais de la Grande Charte du Roi Jean ; ce sont les vieilles libertés de l'Angleterre naturalisées sur un sol vierge M).

Nous sommes loin de la théorie de la table rase dont s'inspirèrent chez nous les hommes de 1789.

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