‹ Les origines de la Déclaration des droits de l'homme de 1789Chapitre 132 sur 157 · Mounier, op. cit., .\P, VI · texte numérisé non relu

Mounier, op. cit., .\P, VI

â02 LES ORIGINES DE LA DÉCLARATION

manifeste que l'Assemblée Constituante, si elle a voulu rompre avec le passé, avait cependant les yeux tournés vers lui, « les grands souvenirs de la vie publique en France, toute l'histoire des Etats-Généraux, ses aines, lui revenaient à l'esprit » ^ Le journal de Barrère aimait à rappeler les efforts ininterrompus de la nation pour la défense des libertés individuelles et l'abolition des lettres de cachet. « En vain, disait le « Point du jour » -, les Etats-Généraux de 1560 secondés par le génie tutélaire de l'IIospital avaient rappelé ces ordres, aussi bizarres qu'inconséquents, pour les proscrire. Plus inutilement encore tous les tribunaux de la nation, seule force publique pendant deux siècles, cherchaient à garantir les particuliers des abus arbitraires du pouvoir. Tous les gardiens des libertés privées étaient sans force et ne pouvaient se garantir eux-mêmes des coups d'autorité ». Mais maintenant tout était changé et « la nation pouvait revendiquer ses franchises publiques, en rappelant à tous les hommes leurs droits inaliénables ».

Les Constituants no regardaient donc pas la Déclaration comme le libellé d'un contrat social selon les idées de Itousseau: c'est une preuve directe ajoutée

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