Cf. Brochure IlacUctlc, p
exige de lui qu'il expose aux yeux du monde et déclare les motifs qui le forcent à cette séparation.
Nous regardons comme incontestables et évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : que tous les hommes ont été créés égaux ; qu'ils ont été doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; que parmi ces droits on doit placer au premier rang la vie, la liberté et la recherche du bonheur; que pour s'as surer la puissance de ces droits, les hommes ont établi parmi eux des gouvernements dont lajuste autorité émane du consentement des gouvernés; que toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ces fins pour lesquelles elle a été établie, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'instituer nn nouveau gouvernement, en établissant ses fondements sur les principes et en organisant ses pouvoirs dans la forme qui lui paraîtra la plus propre à lui procurer la sûreté et le bonheur. \ la vérité, la prudence dira que l'on ne doit pas changer, pour des motifs légers et des causes passagères, des gou vernements établis depuis longtemps ; et aussi l'expérience de tous les temps a montré que les hommes .sont plus disposés à souffrir, tant que les maux sont supportables, qu'à se faire droit à eux-mêmes en détruisant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations,
tendant invariablement au naême but, montre évidemment le dessein de réduire un peuple sous le joug d'un despotisme absolu, il a le droit, il est de son devoir de renverser un pareil gouvernement et de pourvoir par de nouvelles mesures à sa sûreté pour l'avenir. Telle a été la patience de ces colonies dans leurs maux et telle est aujourd'hui la nécessité qui les force à changer leur ancien système de gouvernement. L'histoire du roi actuel delà Grande Bretagne est un tissus d'injustices et d'usurpations répétées, tendant toutes directement à établir une tyrannie absolue sur ces Etals. Pour le prouver, exposons les faits au monde impartial.
Suit un exposé des actes du roi Georges III et du Parlement britannique après quoi la Déclaration se termine ainsi :
A chaque époque d'oppression nous avons demandé justice dans les termes les plus humbles, nos pétitions réitérées n'ont eu pour réponse que des insultes et des injures répétées. Un prince dont le caractère est aussi marque par toutes les actions qui peuvent désigner un tyran est incapable de gouverner un peujile libre.
Kt nous n'avons pas manque d'égards envers nos frères les Bretons. Nous les avons avertis, dans toutes les occasions, des tentatives que faisait leui- L'gisla-
ture pour étendre sur nous une juridiction que rien ne pouvait justifier; nous avons rappelé à leur mémoire les circonstances de notre émigration et de notre établissement dans ces contrées. Nous en avons appelé à leur justice et à leur grandeur d'âme naturelles et nous les avons conjurés par les liens du sang qui nous unissaient de désavouer ces usurpations qui rompraient inévitablement nos liaisons et notre commerce mutuel. Ils ont aussi été sourds à la voix de la justice et de la parenté. Nous devons donc céder et consentir à la nécessité qui ordonne notre séparation et les regarder, ainsi que nous regardons le reste du genre humain, comme ennemis pendant la guerre et comme amis pendant la paix.
En conséquence, Nous, représentants des Etats-Unis d'Amérique, assemblés en Congrès général, en appelant au Juge Suprême de l'univers qui connaît la droiture de nos intentions, nous publions et déclarons solennellement, au nom et de l'autorité du bon peuple de ces colonies, que ces colonies sont et ont droit d'être des Etats libres et indépendants ; qu'elles sont dégagées de toute obéissance envers la couronne de la Grande-Bretagne ; que toute union politique entre elles et l'Etat de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement rompue; et que comme Etats libres et indépendants, elles ont pleine autorité de
faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, d'établir le commerce et de faire tous les autres actes ou choses que les Etats indépendants peuvent faire et ont le droit de faire. Et pleins d'une ferme confiance dans les desseins de la divine Providence nous engageons naturellement au soutien de cette Déclaration notre vie, nos biens et notre honneur qui nous est sacré.
Déclaration du Parlement de Paris du 3 mai 19^9 K
Considérant que le système de la seule volonté clairement exprimé dans les différentes réponses surprises au Seigneur-Roi annonce de la part des ministres le funeste projet d'anéantir les principes de la monarchie et ne laisse à la nation d'autres ressources qu'une déclaration précise par la Cour, des maximes qu'elle est chargée de maintenir et des sentiments qu'elle ne cessera de professer, la Cour