Hollam, Europe during thc middle âges, ch. iv
est bien plus exact de dire qu'ils achetèrent ces liberlés avec leur argent. La plupart des bonnes lois ont été obtenues dans le sens littéral du mot par marché à jn-ix d'argent avec la couronne. »
Ajoutons qu'on avait même à une certaine époque une vénération toute particulière pour l'acte écrit contenant les promesses roj^ales ; c'est ainsi qu'avant la jtromulgation de la Grande Charte, dans un Parlement tenu à Saint-Paul de Londres, l'archevêque de Cantorbéry, prenant à part un certain nombre de seigneurs, leur rappelle le serment prêté par le roi à Winchester. « Voici, ajouta-t-il qu'on vient de trouver une charte du roi Henri I'''' grâce à laquelle, si vous le voulez, vous pouv-ez rétablir dans leur ancien Etat les libertés dej*uis longtemps perdues », puis, montrant celle charte, il la fit lire en public, « manœuvre habile, ajoute iM. Bemonl ' à qui nous empruntons ce récit, car maintenant les ennemis du despotisme royal savaient ce qu'ils devaient demander: ils apparaissaient comme les défenseurs des lois du royaume contre le roi lui-même. » La superstition dura longtemps ; c'était en Angleterre l'opinion reçue qu'une charte subsistait tant que la justice ne l'avait pas abrogée si l'original, ou la copie régulière valant ori-