or. Laboultiyc, op. cil., t. If, p. 8C et s
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cela n'établirait pas le droit de la tyrannie. Lorsque les dépositaires de la puissance législative et executive penchent vers la tyrannie, leur résister est un devoir, s'ils sont incorrigibles il faut les déposer. »
Ce|mouvement avait créé dans les colonies un état d'esprit qui, de prime abord tout au moins, ne semble pas dénué de quelque analogie avec l'état d'esprit français de 1789. Les Américains pas plus que les autres ne pouvaient échapper à l'influence des philosophes et leurs Déclarations s'en sont ressenties : par la généralité de leurs termes, par l'universalité de leurs affirmations, certaines paraissent comme la Déclaration [française impreignées des théories du droit naturel, mais si l'on va au fond des choses on ne tarde pas à constater que les américains ont volontiers confondu le droit naturel avec le droit anglais.
Pourquoi l'ouvrage de Locke eut-il un si grand succès en Amérique : c'est que, sous des allures générales et impersonnelles, l'Essai sur le gouvernement .cioil n'est qu'une apologie de la Restauration Orangiste en Angleterre; les droits représentés par Locke comme essentiels et inhérents à l'individu sont ceuxlà mêmes dont jouissaient les Anglais : droits naturels et droits anglais deviennent deux expressions synonymes. L'idée latente chez Locke apparaît nette-
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ment chez Hlackslone qui nous dit ' en parlant des droits reconnus par la (îrande Charte, la Pétition et le Hiil des droits : « Les droits ainsi définis par ces divers- statuts consistent dans un nombre d'immunités privées qui, d'après ce qui a été dit, ne sont réellement autre chose que ce r(^sicliiuni de la liberlé naturelle dont les lois de la société n'ont pas exigé le sacrifice en faveur de l'intérêt général ; ou autrement, ce ne sont que ces privilèges civils que la société s'est engagée à donner en échange des libertés naturelles abandonnées par les individus. Ces privilèges étaient anciennement, soit par héritage, soit par acquisition, les droits de tout le genre humain, mais dans la plupart des régions de la terre ils sont plus ou moins avilis et détruits, et l'on peut dire aujourd'hui que ces droits sont restés particulièrement et par excellence les droits du peuple anglais. On peut les réduire à trois articles principaux ; le droit de la sûreté personnelle ; le droit de la liberté personnelle; le droit de la propriété privée. »
Cette confusion du droit naturel et du droit anglais s'est répandue en Amérique grâce à Blackstone et elle peut se relever dans tous les documents officiels : tous invoquent les chartes en même temps que le droit na-