Laboulayc, op. cit., l. M, p
i'i LES ORIGINES DE LA DÉCLARATION
tard en France, formuler des droits communs à tous les habitants du globe : « Déclaration des Droits qui nous appartiennent à nous et à nos descendants et qui doivent être considérés comme la base de notre gouvernement », voilà l'intitulé de l'acte voté par les habitants de Virginie et la même idée parliculariste se retrouve dans les actes des autres Etats : déclaration des droits des habitants de l'Etat de Pensylvanie, déclaration des droits de la république de Massachusetts, déclaration des droits de l'Etat de Delaware, etc. etc., nulle part nous ne trouvons de déclaration des droits de l'homme en général : partout aux limites de l'Etat s'arrête, on le reconnaît, la force des principes proclamés. Ce n'est ni l'esprit ni le but de la Déclaration de 1789.
Nous avions donc raison de dire que l'analogie était plus apparente que réelle : en Amérique le droit naturel n'est qu'un titre complémentaire ajouté par les colons à la tradition pour la sauvegarde de leurs anciens droits anglais méconnus ; en France le droit naturel est le titre unique invoqué par les constituants au nom du genre humain tout entier, pour la justification des droits nouveaux reconnus à l'indi- •vidu. Sa force a été trop grande chez nous pour qu'elle lui soit venue d'Amérique ; cherchons ailleurs!
CIIAPITUE 11
li s eiji uuuvé des auteurs considérables pour soutenir que la Déclaration de 1789 venait en droite ligne de Rousseau. « Sans doute, dit l'un des plus érainenls d'entre eux \ Rousseau n'a pas fait une table des droits naturels de l'homme et cette table les Constituants l'ont formée avec les idées de Voltaire et de Montesquieu tout autant que de Jean-Jacques Rousseau ; mais l'acte même de la Déclaration est-il autre chose que le contrat passé entre tous les membres de la communauté selon les idées de Rousseau. N'est-ce pas renonciation des clauses et conditions de ce contrat. »
Voj'ons ce qu'il faut penser de cette théorie si ingénieuse et si séduisante tout au moins en apparence.
L'hypothèse de l'état de nature et du contrat qui
i.Janef, ilistuirede lu Science politique, t. U, p. 458. Cf. Huitlmy, Annales des sciences politiques, juillet 1902, p. ilT et s.