‹ Les origines de la Déclaration des droits de l'homme de 1789Chapitre 25 sur 157 · Cf. ci-di-ssoiis, ch. v · texte numérisé non relu

Cf. ci-di-ssoiis, ch. v

4. l'aijitcl, « A Shorl Ircutisc of polilical poower » (1L58).

LA DKCLARATION ET LE CONTKVT SOCIAL 47

luan, I.anguet reprirent successivement le même thème el « toutes ces théories suhversives allumaient les imaginations, fermentaient en beaucoup d'esprits. On en trouve la preuve, dit .M. Labitte ', dans les nombreux volumes colligés en 1578 par quel(}ues calvinistes et publiés, sous la rubrique de Meidelbourg, sûus le titre de Mémoires de lEtat de France sous Charles IX. Outre la traduction du Franco- Gallia d'Hotnian par Simon Goulard, ce recueil contenait plusieurs traités politiques: ici c'était une collection de centons, d'adages de citHlions, de lieux communs, un amas de sentences contre le> rois félons ;là un récit déclamatoire, une énumération, une sorte de catalogue des vengeances exercées par le ciel contre les tyrans. »

Ce mouvement dura chez les protestants jusqu'à la mort du duc d'Alençon : à ce moment l'avènement possible au tr<"»ne de leur coreligionnaire Henri de Navarre leur donna à réfléchir; les théories de Buchanan, Ilolman, Languet sur l'élection des rois fournissaient aux catholiques des arguments très forts pour l'exclusion de celui qui devait être Henri IV; les publicisles protestants passèrent immédiatement

1. LaùitL', Les iirodicjlourî de lu ligiir, hilroduclion, % III,

à l'absolulisme, tandis que les calholiqaes s'emparaient à leur tour du principe de l'élection.

Un des polémistes les plus vigoureux qui aient défendu le parti ligueur, Louis Dorléans, publia en 138G r « Avertissement des catholiques anglais aux catholiques français », qui devint l'ouvrage des partisans de rUnion ; l'auteur y disait, entre autres choses, que, puisque l'on était menacé d'un roi calviniste, il fallait emprunter leurs arguments aux calvinistes et puisque le Franco-G allia donnait le droit d'élection aux sujets, il fallait repousser le prince qu'on proposait '. Les chaires devinrent alors « une tribune politique, une arène pour les passions » -. Les sermons catholiques furent plus violents si possible que ne l'avaient été les libelles protestants et, comme le remarque M. Labitte ^ « on ne peut objecter que les historiens exagèrent, que les contemporains prêtent aux orateurs un langage plus violent que celui qu'ils ont véritablement parlé », car ces harangues approuvées par la Faculté de théologie furent imprimées avec le plus grand soin et répandues à profusion. Le thème est partout identique : on recherche les

1. Cf. Wicil, Théories sur le pouvoir rojal au xvi° siOclc, llièse Paris 1891, p. 199 et s,

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