‹ Les origines de la Déclaration des droits de l'homme de 1789Chapitre 47 sur 157 · Labitte, op. cit., p. XLII · texte numérisé non relu

Labitte, op. cit., p. XLII

n'a rien changé aux institutions : ses conquêtes ont été purement intellectuelles. Sans doute on peut admettre que l'indépendance de conscience et le droit d'examen ont préparé l'avènement de la philosophie du xviii« siècle laquelle a préparé à son tour l'émancipation de 89, en sorte que parengendrement, par contre-coup, c'est la Réforme qui a causé la Révolution : Voltaire a servi d'intermc'diaire entre Luther et Mirabeau. Cette généalogie est acceptable sans doute, mais pas dans le sens direct, dans le sens

absolu , sinon rien ne s'expliquerait en histoire

qu'en remontant d'effet en effet jusqu'à la cause première, jusqu'à la création : il n'y aurait plus d'histoire possible que l'histoire universelle ».

11 nous faut donc chercher plus près de nous et en France même la cause déterminante du mouvement qui aboutit à la Révolution.

GHAPITUE IV

LES ETATS-GENEllAUX ET LES PARLEMENTS

Deux institutions se sont levées sous l'Ancien Régime devant l'arbitraire royal pour essayer de lui marquer ses limites : les Etats-Généraux et les Rarlements. Ces derniers par l'agitation qu'ils créèrent dans la seconde moitié du xvm® siècle, par l'immense littérature de pamphlets et de brochures à laquelle leur attitude donne naissance, contribuèrent d'une façon directe à préparer la Révolution. Ils se servirent pour cela de leur droit d'enregistrement et de remontrances qui, appliqué suivant leurs vues, aurait eu pour résultat de désarmer d'une façon absolue le pouvoir royal et de réduire son rôle à celui de proposer les lois.

L'importance des Parlements s'était accrue du fait que depuis bien longtemps les Etats-Généraux avaient cessé d'être convoqués. Personne n'était donc plus là

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