Cf. Picot, op. cit., t. II, p. 5 à
LES ÉrATS-GÉNÉRALX ET LES l'AULEMENTS 89
qu'il n'eut été formulé à la tiibuiie ou en avait tiré, peut être sans en avoir la conception bien nette, des conséquences particulièrement rigoureuses qu'on n'admettrait plus aujourd'hui, tant elles sont hardies, mais dont certaines furent tout au moins temporairement reprises par la Convention. Ne voyonsnous pas les Etats-Généraux de i3oo après avoir voté l'impôt prétendre. en exercer tout à la fois l'administration et le contentieux ? En 1357 ils allèrent jusqu'à instituer une commission de trente-six députés pris parmi eux, demandant au dauphin que ce conseil fut « souverain de tous les officiers du royaume » et qu'il s'occupât du gouvernement ainsi que de toutes les questions qui seraient soumises par le duc à ses délibérations.
Mais c'étaient là des mesures exceptionnelles dont l'application cessait avec la crise qui les avait provoquées et il faut bien reconnaître qu'en dehors de certaines périodes troublées et malgré certains ellbrts louables, les Etats furent impuissants à faire prévaloir leur volontés sur la volonté du Monarque.
Leurs doléances furent cependant nombreuses à cet égard et on ne trouverait peut-être pas dans toute l'histoire des Etats-Généraux une session où il n'ait été question de la force obligatoire que l'on réclamait pour toute délibération des Etats.
Nous voyons en effet le clergé « auquel les Assemblées et les Conciles donnaient plus d'expérience des assemblées collectives ^ », insister à plusieurs reprises notamment en 1577 et en 1614 « pour la rédaction d'articles généraux sur lesquels les ordres tomberaient d'accord et qui seraient présentés au roi dès le début de la session : pendant toute la durée des Etats on pourrait ainsi exercer une pression sur la Cour et arracher quelque édit en bonne forme » ; il s'agissait, disait i'évêque de Beauvais, de se mettre au-dessus des intérêts particuliers pour ne songer qu'au bien général de l'Etat et des trois ordres. Il fallait faire cela au début car « l'Assemblée finissant, le pouvoir libre cesse et par même considération la crainte que l'on a d'offenser une assemblée qui parle et propose au nom de toute la France ».
Nous trouvons la même idée développée dans une série d'articles rédigés au temps de la Ligue et destinés à modifier profondément les rapports du Roi avec les Etats-Généraux. « A quoi servira cette assemblée d'Etats, y est-il dit -, si les remèdes pour restaurer la France que nous présentons en nos cahiers ne sont publiés ainsi que nous le résoudrons, sans y rien changer?... Il est très nécessaire que les remèdes que